Tokyo Fashion Week

Junya Watanabe MAN – Automne/Hiver 2022-2023 – Tokyo Fashion Week

Junya Watanabe Man - Automne-Hiver 2022 - Paris Fashion Week

La musique est toujours un univers foisonnant d’inspirations pour tous les créateurs, en particulier pour Junya Watanabe qui puise souvent dans les registres musicaux pour inspirer ses collections.

Cette fois, le créateur est allé encore plus loin, faisant appel au chanteur Jay Kay, fondateur et leader du groupe mythique Jamiroquai pour une collaboration en bonne et due forme.

Jay Kay, qui a fondé le groupe jazz-funk britannique Jamiroquai en 1992 dont le nom est un mot-valise : “jam” est un terme de jazz qui fait référence à l’improvisation musicale, et “iroquai” fait référence à une tribu amérindienne, les Iroquois, est devenu célèbre non seulement pour sa voix et son style d’écriture puissant, mais aussi pour son sens audacieux du style qui s’est inspiré des iroquois et d’autres cultures indigènes du monde.

Junya Watanabe et Jay Kay ont ainsi travaillé ensemble sur la collection, associant habilement l’esthétique et la palette classiques du designer japonais, avec les motifs colorés et vibrants des looks extravagants des Iroquois et de Jay Kay.

Comme dans les précédentes collections, Junya Watanabe multiplie également les partenariats pour son offre d’automne, notamment avec Pendleton sur certains des textiles, mais aussi avec Levi’s, New Balance, Karrimor, Carhartt et Stepney Workers Club ainsi qu’avec Benny Andallo pour confectionner des chapeaux inspirées de ceux portés par Jay Kay dans le passé.

© Junya Watanabe MAN

UNDERCOVER – Automne/Hiver 2022-2023 – Tokyo Fashion Week

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Grand cinéphile, Jun Takahashi, le directeur de création de UNDERCOVER, aime puiser ses inspirations dans le 7e art. Après Le Château de l’araignée d’Akira Kurosawa et la franchise d’animé Evangelion, il se tourne vers le grand maître du suspense hollywoodien : Alfred Hitchcock pour sa collection Automne/Hiver 2022-2023 dévoilée à Tokyo.

S’inspirant des grands classiques de Hitchcock, la gamme d’automne de UNDERCOVER est un mélange de clins d’œil à la légende incontestée du cinéma mondial, en particulier de son oeuvre Psychose, et d’Americana réinventé.

Le premier se joue à travers des scènes de “Psychose” imprimées sur des patches cousus d’ici et là ou imprimées directement sur des pièces en denim, du contour de profil de Hitchcock et le nom du film Psycho brodés sur le devant d’un blouson universitaire. On trouve également des inscriptions, telle “I have a third eye but it is blind” (“J’ai un troisième œil mais il est aveugle”) écrite en lettres rouges de sang.

Jun Takahashi joue également avec l’esthétique collégial, montrant des chandails collégiaux portant divers slogans dont celle ci-dessus, des pantalons cargo inspirés de la chasse, des jupes plissées portées avec des bottes montantes et chaussettes rayées, ainsi que des doudounes doublées de polaire. Il complète l’offre avec une série de pulls à torsades aux couleurs fluo, donnant un nouveau look aux pièces classiques.

Comme sa collègue Rei Kawakubo de COMME des GARÇONS Homme Plus, Jun Takahashi collabore également avec Nike sur une collection de sneakers sans lacets.

© UNDERCOVER

COMME des GARÇONS Homme Plus – Automne/Hiver 2022-2023 – Tokyo Fashion Week

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Voyageuse infatigable, Rei Kawakubo souffre d’envie de voyager, surtout à Paris où elle fait plusieurs voyages par an, avant le COVID-19, pour présenter ses collections.

Se trouvant coincée dans son pays natal, le Japon, depuis plus deux ans, Rei Kawakubo reporte ce manque dans sa collection pour COMME des GARÇONS Homme Plus qui, cette saison, s’est inspirée des nomades – sa collection s’intitule justement “Nomad”.

De nos jours, si vous voulez savoir quelque chose, vous pouvez obtenir autant d’informations que vous le souhaitez sur Internet et c’est une expérience. Mais je ne peux toujours pas être satisfaite”, a-t-elle écrit dans ses notes de collection. “J’aspire à une vie nomade où vous pouvez vraiment vivre librement par vous-même, sans vous rassembler, sans appartenir à nulle part. C’est enviable.

Dans le spectacle qui a eu lieu à Tokyo, les nomades de Kawakubo sont sortis lentement se promener et déambuler sur la piste – chacun se promenant dans sa propre solitude – sur une bande sonore d’OVERWERK, producteur et collaborateur canadien de longue date de COMME des GARÇONS, plantant le décor de ce qui devait être un mélange ingénieux de couleurs, de textures et de tissus inattendus, la spécialité de Kawakubo. Les mannequins sont vêtus de vestes cintrées ou de manteaux amples portés sur des robes et des pantalons, et tous arborent un chapeau haut de forme noir en feutre. La palette de couleurs se composait de noir avec des touches de rouge vif, d’orange, de vert et de violet.

Des détails volants, des franges, et des jacquards métalliques ajoutent une touche inattendue et légèrement féminine à l’ensemble.

La collection comprend également deux collaborations de chaussures. La première est avec la marque britannique George Cox qui revisite pour COMME des GARÇONS Homme Plus des oxfords et des sandales Mary Jane avec une semelle noire épaisse, et la seconde est avec Nike pour réinventer la fameuse Air Max 97.

© COMME des GARÇONS

SARTOGRAPH Printemps/Été 2022 – Tokyo Fashion Week

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SARTOGRAPH est une marque basée à Tokyo fondée par Shinsuke Nakano en 2020. Le designer japonais est diplômé d’un premier cycle en histoire de l’art et de deux diplômes d’études supérieures en design de mode du fameux Central Saint Martins. Parmi ses expériences, on peut déjà citer un travail au sein de la Fondation Sarabande d’Alexander McQueen.

Sur le profil qu’on peut lire sur le site de sa marque, il est écrit que l’objectif principale de SARTOGRAPH est de responsabiliser les créatifs en leur offrant une garde-robe moderne qui intègre la couture, les vêtements de travail et l’esthétique minimaliste, d’où le nom SARTOGRAPH qui est une sorte d’abréviation fusionnant le mot “SARTO” de sartorial (tailoring) et “GRAPH” de graphique.

Le sartorial joue un effet un rôle clé et fédérateur dans les propositions pour la saison prochaine. La majorité des looks pour hommes s’appuie sur un style simple : un tailleur pantalon, un pantalon associé à une chemise ou à un manteau long. Les coupes sont larges et confortables, incluant des détails distinctifs comme des poches aux couleurs contrastantes cousues sur le côté droit, des cols asymétriques ainsi que des lignes de couture apparentes.

La plupart des pièces sont en noir, mais Nakano y a ajouté des touches de bleu, d’orange et de beige.

© Photos : SARTOGRAPH

DE_CAFFEINE – Automne/Hiver 2021-2022 – Paris Fashion Week

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La mode est une question de goût et d’inspirations. Quand une grande majorité de designers et maisons misent sur une mode décontractée qui convient à de longues journées passées à l’intérieur, le designer Avizmo Jo du label DE_CAFFEINE nage à contre-courant avec sa 22è collection dévoilée à la Rakuten Tokyo Fashion Week.

Dans l’ambiance froide de l’hiver, la collection a été présentée avec des costumes, des pantalons ajustés et des vêtements d’extérieur élégants aux couleurs majoritairement froides mais sombres ou neutres qui nous envoient vers des jours meilleurs où l’on pourra enfin sortir, prendre un verre, passer toute la nuit à danser ou simplement aller au bureau. Cette projection vers un avenir plus ensoleillé se traduit également dans le mix-and-match des vêtements de rue et ceux plus conventionnels qui sont agrémentés de détails pratiques, tels les cols de chemises pouvant devenir une cravate ou un cache-col.

© DE_CAFFEINE

KOZABURO – Automne/Hiver 2021-2022 – Tokyo Fashion Week

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La spiritualité fait partie de l’approche de Kozaburo Akasaka en matière de conception de vêtements depuis les débuts de sa marque KOZABURO.

Pour l’Automne/Hiver 2021-2022, le designer tokyoïte mais basé à Brooklyn (New York) plonge plus profondément encore, dans la fondation de l’école bouddhiste japonaise ésotérique Shingon, fondée au IXe siècle par le moine Kūkai, propageant les sages enseignements du moine, qui a par ailleurs reçu le titre posthume de Kōbō Daishi (弘法大師), le grand diffuseur de la Loi, à travers le regard stylistique de KOZABURO et un lookbook tourné au sommet du mont Kōya historique, l’un des lieux les plus sacrés du pèlerinage, situé au sud-est d’Osaka.

Intitulée “Monkwear”, la collection est remplie de vêtements de moine, à la coupe cool et pratique qui donne une touche contemporaine aux vêtements bouddhistes japonais traditionnels.

Visuellement attrayante et portable, la gamme inclut des manteaux rembourrés avec des coutures extérieures, des t-shirts raglan à épaules tombantes, des vestes matelassées, des pantalons à épingles, des pulls aux boutons pression sur les côtés, des vestes kimono à l’impression de montagne imprimée au laser – éblouissant clin d’œil à la montagne Kōya elle-même – ainsi que des nouveaux pantalons Gigi et Mobi de KOZABURO aux caractéristiques fonctionnelles et stylistiques fortement reconnaissables.

© KOZABURO

MISTERGENTLEMAN – Automne/Hiver 2021-2022 – Tokyo Fashion Week

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Désormais seul à la commande de MISTERGENTLEMAN – son co-fondateur Takeshi Osumi a décédé subitement en janvier dernier à l’âge de 47 ans – Yuichi Yoshii continue à porter l’héritage qui a fait de leur label un élément essentiel de la mode tokyoïte.

La clé de cette nouvelle collection – Takeshi Osumi avait travaillé sur la collection conjointement avec son partenaire de conception depuis son lit d’hôpital – est une variété de vêtements hybrides et de pièces de superposition dans une palette terreuse, influencée par le outdoor et des textures inattendues. Celles-ci vont des vestes doublées de poils aux pulls multi-mailles, en passant par des pantalons à taille double, des trenchs avec des découpes révélant des manches en cuir, des costumes croisés en velours côtelé et des manches de chemise détachées maintenues par des bretelles.

Le mix-and-match est aussi au rendez-vous. Takeshi Osumi et Yuichi Yoshii ont ainsi découpé des sweats à capuche, des manteaux courts duvetés et des jeans puis les ont rassemblés ensemble pour en faire de nouvelles silhouettes audacieuses, toujours dans l’objectif de déconstruire les basiques de la mode masculine et de combiner des éléments disparates en quelque chose de nouveau.

© MISTERGENTLEMAN

sacai – Automne/Hiver 2021-2022 – Tokyo Fashion Week

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Le mix-and-match de différents styles et matières a toujours été un point fort chez la designer Chitose Abe qui, pour son label sacai, ne cesse de puiser ses inspirations dans les cultures ou de multiplier les collaborations afin de créer des formes hybrides qui font sa signature depuis de nombreuses années.

La saison Automne/Hiver 2021-2022 ne fait pas exception. “Je mélange toujours différents articles ou produits, mais quand je pensais à un mélange de culture, je ne pensais pas que le punk et le hip-hop étaient entièrement séparés. Par exemple, j’ai pensé à la façon dont les gens pouvaient porter la mode punk tout en écoutant du hip-hop. C’est de ce genre de mélange de cultures que j’ai commencé”, a-t-elle expliqué.
Et c’est “ce genre de mélange de cultures” qui a poussé Chitose Abe à s’engager dans une collaboration avec son ami Brian Donnelly, alias KAWS.

Ainsi, Abe explore la transition du punk au hip-hop et transpose les codes de la contre-culture dans le style sacai. La créatrice trouve le langage commun entre deux mondes de la culture de rue, le graffiti et le street-art, apparemment disparates et opposés, pour en faire un “art portable”.

Les silhouettes emblématiques de sacai sont ornées d’œuvres d’art KAWS, tout en restant fidèles à leur palette et à leur forme d’origine (silhouettes surdimensionnées, vêtements hybrides contrastés) dans une explosion de couleurs passionnantes. Il y a aussi une collaboration qui unit la créatrice et le géant du sportswear Nike pour quelques paires qui seront certainement très recherchées.

© sacai

UNDERCOVER lance la collaboration « Evangelion » Automne/Hiver 2021-2022 – Tokyo Fashion Week

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Quel est le point commun entre Radiohead et Evangelion, la série d’animation japonaise star des années 90 ? Apparemment aucun mais le label Tokyoïte UNDERCOVER de Jun Takahashi a réussi à les réunir dans sa nouvelle collection Automne/Hiver 2021-2022 qu’il vient de présenter lors de la Tokyo Fashion Week.

Avec cette dernière sortie, Jun Takahashi continue de poursuivre la longue histoire de sa marque en matière de références à la culture pop et l’a utilisée pour en faire un commentaire pertinent sur notre époque pleine de turbulences.

Le cinéma et la pop culture sont constamment présents dans le travail de Jun Takahashi pour son label UNDERCOVER. On se souvient avec délice les références dans ses collections passées, de Le Château de l’araignée d’Akira Kurosawa à Orange Mécanique de Stanley Kubrick, en passant par le groupe de hip-hop américain Public Enemy, et maintenant l’excellente Evangelion de Hideaki Anno.

Takashi a intitulé sa collection Automne/Hiver 2021-2022 « Creep Very », en référence à la chanson « Creep » de Radiohead, sortie en 1993. Mais au-delà de la bande originale du show, la portée de la chanson pouvait également être ressentie dans le thème plus large de la collection qui envoie les mannequins à l’air maussade dévaler la piste peu éclairée en chaussettes et en pyjamas. « Le thème est celui d’une personne fragile et faible mais qui a un cœur vraiment pur« , a expliqué Takahashi.
« J’exprimais les inquiétudes et les angoisses que les individus portent chaque jour et l’espoir de ce qui les attend”, a-t-il poursuivi. “Cela ne semble probablement pas être directement lié à la conception de vêtements, mais je voulais mettre l’état émotionnel complexe de la société dans une forme physique. C’est ce que j’ai considéré lors de la conception de cette collection« .

Que les fans d’Evangelion se rassurent ! L’autre point fort de la collection est la collaboration du label avec la franchise japonaise dont de nombreuses références à cette série animée plébiscitée depuis les années 90 pour sa réalisation et son histoire sont clairement reconnaissables : des doudounes à panneaux, des parkas inspirés des unités géantes Evangelion et des Plugsuits portés par des pilotes comme Shinji Ikari, Asuka Shikinami Langley et Rei Ayanami ou encore des manteaux, bombers et vestes noirs aux imprimés colorés de personnages et de leurs homologues robotiques.

© UNDERCOVER

Rynshu – Printemps/Été 2021 – Tokyo Fashion Week

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Défilant habituellement à Paris, Rynshu Yamaji a, comme Rei Kawakubo de Comme des Garçons, a laissé la capitale française dernière lui en raison de la pandémie pour défiler pour la première fois à la Tokyo Fashion Week.

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Avec un jardin traditionnel japonais en toile de fond, on aurait pu penser que les influences de son pays natal allaient jouer une part importante mais le designer continue cette saison de miser sur le Rock’n’Roll qui a influencé de nombreuses années son travail.

Cachés derrière des lunettes de soleil noires, les hommes Rynshu paradent dans des costumes slims dont beaucoup coupés dans des matières très brillantes et voyantes (tissus incrustés de strass ou à imprimés d’animaux multicolores) ou dans de la dentelle. Ces matières ont également été appliquées à des shorts, blousons, vestes motards… Cependant, Rynshu Yamaji les a associés à des pièces sombres d’une part pour jouer sur les contrastes et d’autre part, pour atténuer ces effets bariolés et quelque peu tape-à-l’oeil.

meanswile – Printemps/Été 2021 – Tokyo Fashion Week

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Bien que sa marque meanswile existe depuis de nombreuses années mais c’est la première fois que Naohiro Fujisaki la fait défiler durant la Tokyo Fashion Week cette saison.

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À l’inverse de beaucoup de créateurs à la Tokyo Fashion Week qui jouent la partition de la fantaisie, la collection Printemps/Été 2021 de meanswile mise sur la portabilité et la fonctionnalité, la proportion et l’asymétrie.

Ainsi, des influences de vêtements d’extérieurs et de sport, notamment d’escalade, et des détails utilitaires ont été intégrés avec cohérence dans cette collection. On pense à des sangles, des fermetures zippées, des sur-bottes, des couches matelassées, des pantalons cargos, des ponchos courts et des couvre-bras avec cordon de serrage qui se superposent et s’accordent pour créer des silhouettes spacieuses. Le tout principalement dans des tons neutres de noir, gris, beige et kaki.