Printemps/Été 2020 - Page 5

Sunnei – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Le duo Loris Messina et Simone Rizzo de Sunnei a choisi d’investir un lieu inhabituel et inattendu bien loin des monuments historiques du centre de Milan pour leur défilé PE2020.

La collection, présentée sous les piliers géants d’autoroute de la Tangenziale (le périphérique milanais) situé à la limite nord-est de la ville, célèbre le 5e anniversaire du label. La peinture blanche toute fraîche du pont – condition de la municipalité pour accorder la permission à la marque de défiler sous l’infrastructure. Cet espace de 4 000 mètres carrés, totalement ouverte au public, accueillera par la suite des installations et performances dont le show de Sunnei constitue le premier événement – renvoie au titre de la collection “Bianco Sunnei”.

Partant d’une palette blanche qui évolue vers des teintes plus intenses, tels le bleu denim, le vert fluo, le noir ou le camel, la collection est construite autour des superpositions et des volumes amples.
Les bermudas et les anoraks sont agrémentés de grandes poches, bien pratique pour fourrer pleines de choses, de magnifiques tricots 3D sont associés à des pantalons ultra confortables et les trench sont exagérément longs tandis que des ensemble en denim ont une coupe oversize qu’on aime porter pendant toute la saison chaude.

© Photos : Sunnei

Etro – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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L’approche interculturelle, encouragée par le voyage et l’ouverture au monde, est toujours le point fort de l’homme Etro.

Dans l’ambiance industrielle du Garage Paullo, l’homme Etro défile au pas cadencé, effaçant à chaque pas effectué une partie d’un mappemonde dessiné à la craie sur le sol – clin-d’oeil à la volonté du créateur d’effacer toutes frontières entre les peuples. Cette manière d’appropriation culturelle et d’ouverture se reflète dans les vêtements via des références empruntés aux éléments vestimentaires d’autres peuples.

Ainsi, l’homme Etro aime se parer de bijoux indiens, de jeter nonchalamment sur ses épaules de grands châles et ponchos aux motifs navajos ou venus d’ailleurs. Il aime se vêtir de chemises et pulls à l’imprimé Paisley, de gilets richement brodés de perles, de vestes en brocart fleuri, le tout associé à de sandales en cuir pour une touche à la fois effortless et folklorique.

À cette occasion, Kean Etro dévoile aussi une capsule de dix pièces, en collaboration avec les studios Walt Disney et Lucasfilm. La capsule sortie le 1er juillet, à l’occasion de la sortie prochaine de l’épisode 9 de Star Wars, L’Ascension de Skywalker. Une manière de fêter en avant-première cette sortie tant attendue par les fans qui trouveront dans cette collection nombre de références à cette saga qui a tant influencé de nombreuses générations dont celle de Kean Etro.

© Photos : Etro

Les Hommes – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Cette saison, la décennie 90 a décidément le vent en poupe. Chez Les Hommes, Tom Notte et Bart Vandebosch n’ont pas été épargnés par ce virus Nineties qui les ont ramenés vers leur ville natale, Anvers, en Belgique.

Dans cette collection qui s’est révélée très personnelle, le duo mixe le sport et l’esprit sartorial, avec de nombreux détails inspirés du monde du cyclisme, mais aussi de la scène musicale techno de cette décennie.

Les coupes sont amples et décontractées, sublimées par des belles textures irisées et techniques comme ces matières argentées qui ressemblaient à du papier aluminium, associées à des teintes sombres, donnant à de silhouettes au fort contraste très intéressant. D’autres teintes acidulées (vert d’eau, rose, bleu Klein, orange…), aperçues notamment sur certaines pièces en organza légèrement transparent, ajoutent de la fraîcheur et une certaine sensualité tandis que certaines pièces hybrides, tel ce coupe-vent à capuche à doublure argentée et à l’imprimé de rayures utilisé habituellement pour les costumes – et à la coupe déstructurée montrent l’audace de l’homme Les Hommes en pleine mutation.

© Photos : Les Hommes

Bed J.W. Ford – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Délicatesse et douceur, voilà deux attitudes que l’homme Bed J.W. Ford veut donner à sa garde-robe la saison PE2020 prochaine.

Malgré une palette de tons neutres – la première partie de la collection est dominées par des teintes sombres tandis que l’autre moitié par des couleurs plutôt pastels et chaudes (vert menthe, chair, parme, marron, beige, vénitien), la collection de Shinpei Yamagishi évolue vers le côté exquis, plein de féminité. De longs manteaux/peignoirs légers et fluides et un costume décontracté à l’imprimé pied-de-poule, une tunique en crêpe de soie, de délicats gilets brodés aux motifs indiens, une veste croisée à rayures hyper cintrée portée aussi bien par les hommes que les femmes et de chemises à motifs d’encre obtenus suivant une technique de fabrication de kimono par les artisans de Kyoto…, autant de pièces qui collent à l’idée que Yamagishi se fait de ses hommes : celui qui n’a pas peur d’afficher son côté sensible et d’assumer pleinement son romantisme.

© Photos : Bed J.W. Ford

Philipp Plein – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Dans un décor apocalyptique teinté de couleurs fluo et sur fond de musique survoltée assurée par le groupe de rock The Entire Universe, basé à Los Angeles, le plus grand showman de la mode Philipp Plein a réussi de nouveau son pari d’en mettre plein la vue au public venu assister LE défilé/spectacle le plus attendu de la MFW.

Cette saison, le créateur/businessman travaille étroitement avec le groupe de rock Kiss dont les références multiplient sur les vêtements.
Ainsi, l’homme Philipp Plein aime le rock (hard rock, métal…) et affiche ouvertement sa passion. Son vestiaire est rempli d’éléments qui se réfèrent à ces courants musicaux : vestes motard et chaussures cloûtées, denim aux imprimés graffitis, jeans déchirés et bandanas ainsi que de multiples clin-d’oeils à Kiss dont le maquillage, le motif flamme ou le logo décliné en all-over sur un costume.

© Photos : Philipp Plein

Marcelo Burlon County of Milan – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Des teintes chaudes et acides de bleus intenses, de jaune fluo et d’orange pétant. Des matières vinyle et brillantes. Des vêtements de sport qui mettent en valeur la musculature de celui qui les porte. Des anoraks, coupe-vents et imperméables. Des imprimés psychédéliques et le slogan “Techno Folk”. Autant d’éléments qui nous projettent dans la décennie de Nineties et sa culture acide de techno.

Chez Marcelo Burlon County of Milan, son créateur est, comme tant d’autres de ses collègues cette saison, pris de nostalgie. Cependant, d’autres influences viennent également réclamer leur part, comme le road-movie “Easy Rider” de Dennis Hopper, sorti en 1969, qui laisse ses empreintes sur plusieurs pièces ou comme les graphismes de Mirko Borsche basés sur les armoiries argentines, rappelant les racines de Burlon.

© Photos : Marcelo Burlon

Versace – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Rachetée l’an dernier par le groupe américain Michael Kors (devenu par la suite Capri Holdings), Versace continue à opérer sa mue. Une mue perceptible dans des silhouettes du nouvel homme Versace devenues légèrement plus douces, tout en restant dans le glamour excentrique qui fait partie de l’ADN de la marque.

Défilée au 12 de la Via Gesù, le siège historique de la maison, la collection est dédiée à Keith Flint, le chanteur de Prodigy et ami de Donatella Versace, décédé en mars dernier.

Dans un décor flamboyant dominé par la couleur rose, de gigantesques bouquets de fleurs à la piste en plexiglass, l’homme Versace affirme sa différence avec un vestiaire qui reprend tout le langage visuel et stylistique de la maison.

Cheveux gommés ou aux couleurs excentriques, l’homme Versace ressuscite le portrait fantasque du feu chanteur de Prodigy. Il flirte tantôt avec la notion du mauvais goût, en associant l’imprimé léopard au cuir verni, ce même imprimé animalier au motif carreaux aux couleurs pétantes ou un pantalon léopard en vinyl brillant à un blazer parfaitement coupé; tantôt il ajoute une touche farfelue au rétro de Nineties, comme par exemple avec ce costume noir décontracté, épaules tombantes et pantalon évasé, à l’imprimé Lamborghini.

La touche d’excentricité va encore plus loin, avec des ensembles au motif baroque coloré – l’imprimé phare de la maison Versace – en all-over ou ces matières moirés qui captent la lumière, projetant l’homme Versace complètement sous les projecteurs.

Cet homme semble parfois se ressaisir et joue la carte de glamour viril, avec des pantalons plus près du corps, des perfectos en cuir frangés ou avec des costumes noirs ou croisés bicolores contrastés à la coupe nette.
L’homme Versace est décidément multiple et s’assume pleinement toutes ses contradictions.

© Photos : Versace

Neil Barrett – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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La mode est connue pour sa capacité à recycler les décennies passées. Les silhouettes des Nineties reviennent en force cette saison, à Londres la semaine dernière ainsi que, jusqu’à maintenant, chez plusieurs des créateurs à Milan.

Neil Barrett est lui aussi pris de nostalgie, revisitant cette décennie, en compagnie de l’artiste sud-africaine Jody Paulsen. Cette dernière créé, à la demande de Barrett, tout un univers pop coloré qui recouvre le sol du lieu du défilé. Elle imagine aussi des éléments visuels graphiques qui peuplent les pièces de la collection, dominée dans l’ensemble par l’influence de basket-ball et de sports de rue pratiqués par les jeunes collégiens et étudiants.

Ainsi, Neil Barrett joue sur le registre de contraste et d’hybride qu’il affectionne tant pour donner naissance à des silhouettes inventives. Il remplace les manches d’un trench par celles d’un blouson bombardier; il substitue la moitié supérieure d’une veste safari en coton par du cuir noir, misant sur le fort contraste de matières et de couleurs; il applique des emblèmes fictifs sur des t-shirts et associe vestes aux bermudas ou t-shirt de basket-ball à un costume décontracté.

Même les chaussures ont reçu un traitement hybride, avec de nouvelles sneakers fusionnant les styles de skateboard et de basket-ball et des couleurs dépareillées.

© Photos : Neil Barrett

Marni – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Le contraste et la dissonance stylistique font les points forts de cette saison. Nombre de créateurs ont succombé à cette tendance pour montrer l’audace de leurs hommes qui n’ont pas peur de faire coexister des univers diamétralement opposés pour montrer leur différence.

Chez Marni, Francesco Risso joue également sur ce registre, mettant dans un dialogue impertinent deux figures historiques antagonistes : Che Guevara et Truman Capote.

Ce concept se traduit par la mixité des éléments inattendus : comprendre une explosion de couleurs et motifs hérités d’un jungle tropical qui fuse sur des basiques du vestiaire masculin, remettant en question certitudes et valeurs. Ici, ce sont des couleurs et motifs qui définissent les formes. Ici, des rayures bicolores s’invitent sur un ensemble quand ce ne sont pas des fleurs en all-over de pousser sur un autre, tel un imprimé de camouflage. Ce motif utilisé habituellement dans l’armée prend ici une autre dimension, revisité en contrastes, en ajouré simulant le feuillage du treillis ou en version art abstrait dans une éruption de couleurs.

© Photos : Marni

Magliano – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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L’homme Magliano aime surprendre ! Surprendre d’abord par son habilité aiguë d’association d’élégance et de dépareillé et puis, par l’audace de son esthétique.

Un gilet porté à l’envers, dévoilant la doublure; du denim extra large, aux bords effilochés et qui se boutonne de manière dépareillé; une veste à rayures amputée de moitié, aux bords bruts et nouée à la taille; une ceinture en cuir laissée volontairement défaite sur un pantalon à la coupe asymétrique ou une cordelette traversant la poitrine, en guise d’accessoire. Autant d’éléments qui surprennent et qui prouvent la dextérité du créateur à jouer avec les styles, tout en maîtrisant parfaitement les coupes.

L’homme Magliano est aussi impertinent, affichant sur sa veste les scènes d’orgie gay vues habituellement sur la poterie érotique grecque quand il ne se pavane pas en peignoir éponge qui remplace une veste sur une chemise blanche et cravate à rayures.

© Photos : Magliano

Emporio Armani – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Donner à chacun la possibilité de s’exprimer à travers ses vêtements, tel est le leitmotiv que Giorgio Armani offre aux hommes de Emporio Armani, sa ligne de PAP haut de gamme, à destination d’une clientèle jeune et moderne.

Avec plus d’une centaine de looks, le maestro montre une fois de plus de la constance, aussi bien dans la variété de ses propositions que dans l’élégance et les matières précieuses utilisées (lin, soie, viscose ou toile de jute). Brillantes et lumineuses, telles des miroirs, les matières regorgent d’énergie, s’ajoutant à d’autres plus inhabituelles, à l’instar de la toile de parachute ou plus techniques comme du nylon effet irisé voire moiré ou du vinyle.

Ces matières ont été sublimées par des tons denses de bleu intense et sourd, de noir et de gris sombre – les teintes de prédilection du créateur – qui laissent par la suite progressivement leur place à d’autres plus colorées. Ainsi, le bronze, le tabac intense, le beige, le fushia, l’acajou, le vert et le marron viennent illuminer des silhouettes, constituant une nouveauté chromatique pour la maison.

Parlant maintenant des silhouettes. Elles s’expriment en toute décontraction, entre les mailles qui jouent une partition plus loose ou les vestes déstructurées et souples portées à même la peau ou associées à de larges pantalons palazzo parachute ou en organza, accentuant leur légèreté absolue.

Les liens qui unissent Giorgio Armani à l’univers du sport ne datent pas d’hier. On peut difficilement considérer le travail du maître sans parler l’influence du sportswear dans ses collections. Ainsi, des cordons ornent les chemises comme des sweatshirts et le jogging en suède léger et fluide ponctue les looks. L’apothéose de son hommage au sport termine à la fin du show avec l’arrivée d’une trentaine de sportifs italiens olympiques et paralympiques dont le pilote automobile devenu coureur cycliste handisport Alessandro Zanardi, habillés de tenues officielles, aux couleurs de l’Italie imaginées par Giorgio Armani.

© Photos : Emporio Armani

M1992 – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Tenue dans l’église San Paolo Converso, une ancienne église du culte catholique romain, datant du XVIè siècle et située dans le centre historique de Milan, la collection de Dorian Tarantini pour M1992 tourne en dérision le culte et la recherche de la célébrité.

Dominée globalement par l’influence de streetwear, des rockers rebelles, aux allures preppy, se disputent la piste avec des play-boys à la silhouette impeccable. Les premiers arborent des blousons perfecto agrémentés de chaînes et des pantalons en cuir légèrement évasés, associés à des shorts à rayures et des t-shirts à l’imprimé de tapis rouge, de paysage Hollywood, de pin-ups du temps moderne, de paparazzis ou au slogan “Limousine”, “Meilleur acteur”, en accord avec le thème.

Les play-boys de M1192, en revanche, s’affichent dans des silhouettes oscillant entre chic et rebelle. Quand les uns associent des pantalons taille basse dévoilant le haut de leur boxer aux chemises et cravates, d’autres choisissent des tenues plus classiques comme un ensemble de couleur crème, assorti à une chemise à l’imprimé graphique et un magnifique chandail jaune ocre jeté nonchalamment sur les épaules.

Dernière touche d’excentricité, certains modèles portent sur le devant un étui d’ordinateur portable à l’imprimé paparazzis, tel un gilet pare-balles, qui nous renvoie certainement, avec un certain humour, au thème de la collection.

© Photos : M1992

Ermenegildo Zegna – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Le lieu du défilé est d’une certaine manière le porteur de sens d’une collection et n’est jamais choisi au hasard. On le répète jamais assez !
Alessandro Sartori, en jetant son dévolu sur la structure gigantesque de l’Area Ex Falck, une ancienne aciérie située bien au nord de Milan, voulait faire passer un message sur la renaissance ou le non-gaspillage de sa collection pour Ermenegildo Zegna.

Cette ancienne aciérie de sa fondation en 1903 à sa fermeture en 1995 fut la plus grande usine sidérurgique d’Europe et fournissait l’essentiel des matières premières pour les industries d’automobile italienne dont Olivetti et Alfa Romeo. Nettoyé des produits chimiques qui empoisonnaient son sol, l’immense structure est en passe de connaître une seconde naissance qui n’aura rien à voir avec son évocation d’origine. En effet, l’immense site sera réaménagé pour se transformer en quartiers résidentiels et en centres de santé, notamment dans de traitement du cancer et des maladies neurologiques. Une nouvelle renaissance qui correspond au leitmotiv de la collection qui utilise les matériaux mis au rebut pour donner naissance à une garde-robe magistralement orchestrée.

Bien dans l’air du temps et en phase avec la démarche écologique de la maison, Sartori réapproprie les chutes textiles, soit pour créer des pièces entièrement nouvelles, soit pour être mélangées à d’autres “nouveaux” matériaux.

Maître en matière de textiles et de coupes, Sartori les transforme en splendides matières – selon le créateur, un cinquième de la collection est réalisée avec ces tissu, utilisées pour créer une garde-robe pleine de noblesse. Les propositions de la saison oscillent entre les pantalons à plis ondoyants, associés à des vestes à un bouton, une chemise à rayures portée avec une veste taupe en laine et un pantalon ample, de grands manteaux dans un patchwork kaléidoscopique, un pantalon long et volumineux jumelé avec une veste étroite ou encore des blousons rose poudré ou des vestes en nylon bleu canard (on reconnaît là le sens de couleurs du créateur).

Les costumes froissés sont l’autre point fort de la collection. L’effet est obtenu par des techniques de plissage et de pliage au cours de leur confection afin de créer des plis et des lignes irréguliers. Cette irrégularité se reflète non seulement dans les imprimés géométriques, mais aussi dans la ferronnerie rouillée se trouvant au-dessus des invités et dans les empreintes de pas laissés sur la piste de sable qui jalonne tout le parcours.

© Photos : Ermenegildo Zegna

Givenchy – Printemps/Été 2020 – Pitti Uomo 96

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Invitée d’honneur du Pitti Uomo, Givenchy a saisi l’occasion pour dévoiler la première collection masculine de la directrice artistique Clare Waight Keller qui règne désormais sans partage sur la griffe parisienne.

Et c’est dans le cadre majestueux des jardins labyrinthes de la Villa Palmieri, édifice du XIVe siècle surplombant Florence, que la créatrice anglaise a mis l’homme de Givenchy en avant, dans un vestiaire aux croisements de styles et d’époques, promouvant une sorte de multiculturalisme, à l’heure où de nombreuses nations succombent à la tentation du nationalisme.

L’homme Givenchy, chaussés de sneakers dont certaines aux allures de chaussons de plongée – ici, la créatrice dévoile deux modèles de Nippon Made Mexico 66 en édition limitée créées en collaboration avec Onitsuka Tiger – et de boots de rangers, se faufile entre les arbres magnifiquement entretenues, dans la lueur du crépuscule, vêtus de costumes décontractés aux couleurs monochromes. Proposés dans différents volumes, les costumes signent le retour à la silhouette à trois boutons – clin-d’oeil aux années 90 qui obsèdent tant la créatrice – avec une épaule légèrement plus douce. Certains ont une taille plus ajustée, faisant ressortir une silhouette boxy, portée à même la peau ou associée à des hauts ultra moulants.

Il y a aussi pas mal de pièces outwear comme les parkas en nylon velours, des manteaux en brocart argenté, de magnifiques manteaux en brocart aux motifs floraux, des coupe-vents aux effets luisants et de longs imperméables hyper léger au style parachute virevoltant au vent.
À l’heure où le streetwear et le logomania règnent encore – pour combien de temps encore ? – dans la mode, cette collection fera date et signe un nouvel ère du vestiaire masculin.

© Photos : Givenchy

S.R.Studio.LA.CA – Printemps/Été 2020 – Pitti Uomo 96

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Artiste contemporain millionnaire de renommée internationale passé dans le monde du design de mode, avec ici une toute première collection défilée au Pitti Uomo, le passage est pour le moins audacieux et surprenant.

Invité spécial du salon florentin, l’artiste américain Sterling Ruby joue déjà dans la cour des grands – il n’est cependant pas un débutant dans la mode puisqu’il a collaboré de nombreuses fois avec Raf Simons dont il est un grand ami.

À tendance streetwear, la collection de S.R.Studio.LA.CA est composée de silhouettes essentiellement surdimensionnées, pimentées d’éclaboussures colorées, un thème qui se retrouve très souvent dans le travail de Sterling Ruby .
On retrouve aussi dans cette collection le denim délavé, une matière affectionnée par l’artiste, utilisé ici sous plusieurs aspects : orné de franges beige, éclaboussé de peintures et aux bords bruts sur un immense manteau à la manière de poncho – la silhouette nous fait fortement penser au travail de Rick Owens – ou tout simplement laissé à l’état brut trouvé sur un magnifique ensemble en bleu indigo.

Calendrier Paris Fashion Week Homme Printemps/Été 2020

S’étalant lors des éditions précédentes sur cinq jours, la Paris Fashion Week homme, saison Printemps/Été 2020, se voit allongée d’un jour supplémentaire, du 18 au 23 juin.

Cet allongement de six jours confirme le dynamisme et l’attraction que Paris exerce sur les acteurs de la mode puisque quatre marques se sont ajoutées sur le calendrier officiel, portant les défilés à 60.

Parmi les nouveaux venus, on peut citer la marque new-yorkaise Sies Marjan de Sander Lak, ancien responsable du design chez Dries Van Noten qui a fait également ses armes chez Balmain à Paris et Phillip Lim à New York. Originaire des Pays-Bas, Sander Lak avait lancé sa marque à New York en 2016, s’adressant à la femme, avant de lancer sa première collection pour hommes deux ans plus tard. Le créateur va profiter de la PFW PE2020 pour lancer sa première collection masculine à part entière.

Bode de la créatrice new-yorkaise Emily Adams Bode et Phipps du Californien Spencer Phipps sont deux autres griffes à intégrer le calendrier parisien. Les deux marques font partie des premières à ouvrir le bal, à midi pour la première et 13h pour la seconde, après le show de Paloma Spain de 11h. A noter que Bode et Phipps font parties des huit finalistes du Prix LVMH de cette année, dont le vainqueur sera désigné prochainement. Un autre finaliste du prix LVMH, mais de 2018, à figurer sur le calendrier officiel est Ludovic de Saint Sernin qui défilera également pour la première fois à Paris le dimanche 23 juin à 15h. Diplômé l’École Duperré, il a affûté ses armes chez Saint Laurent et chez Balmain, avant de lancer sa propre ligne de menswear en 2017.
Cette saison, le calendrier parisien voit le retour de plusieurs griffes qui l’ont déserté pour un temps, telles Lanvin et Y/PROJECT. La première présentera, le dimanche 23 à 11h, sa première collection de vêtements pour hommes depuis la nomination de Bruno Sialelli au poste de directeur de la création en janvier dernier tandis que la seconde fait son retour après avoir été, la saison passée, l’invité d’honneur du salon Pitti Uomo de Florence.

Mardi 18 juin 2019

Mercredi 19 juin 2019

Jeudi 20 juin 2019

Vendredi 21 juin 2019

Samedi 22 juin 2019

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