Paris Fashion Week

Berluti – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Grand amateur de céramiques, Kris Van Assche a tout naturellement trouvé ses inspirations pour sa collection PE21 de la maison Berluti dans cette passion.

Et pour la première fois depuis qu’il est arrivé à la direction artistique de la marque de LVMH, le designer belge s’est entouré d’un collaborateur pour sa collection de PAP: l’artiste céramiste californien Brian Rochefort, connu pour ses œuvres à la croisée des chemins entre sculpture et céramique, dont il possède l’une de ses vases en argile à gouttes texturées.

C’est via une vidéo de 10 minutes, sous forme d’une conversation croisée depuis leurs ateliers à Paris et à Los Angeles, que la maison dévoile une partie de sa collection. Le lookbook de la collection sera publié en décembre, juste avant sa mise en vente dans les magasins en janvier.

Ainsi, les détails des œuvres de Brian Rochefort ont été réinterprétés de façon « photographique » et deviennent ici les motifs de chemises en soie ou appliqués à la maille de façon plus artisanale, grâce à la combinaison de fils de soie, de coton, de laine et de nylon pour créer un effet 3D.
Il en va de même avec les accessoires et les souliers dont ces motifs recréés sont reproduits dans la technique de la patine, “avec du pinceau”.

Walter Van Beirendonck – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Walter Van Beirendonck a dû chercher, comme tous les autres créateurs, une alternative, pandémie et distanciation sociale obligent, pour présenter sa collection Printemps/Été 2021.

Et à l’instar de Maria Grazia Chiuri chez Dior, le créateur belge s’est inspiré du “Théâtre de la Mode” – il s’agit d’un spectacle itinérant parcourant le monde en 1945, à l’initiative de la Chambre syndicale de la couture parisienne, à base de poupées présentant le savoir-faire français en matière de mode pour récolter des fonds pour les victimes de guerre – pour sa collection intitulée “Mirror” (Miroir, en français). Ce titre fait référence aux miroirs utilisés dans les rituels des chamanes. Il s’agit, pour le créateur, d’une “sorte d’entrée dans un nouveau monde”.

Matériaux n’étant pas disponibles, Walter Van Beirendonck a choisi de concevoir sa collection en miniatures, présentée sur des mannequins en modèles réduits créés par Eli Effenberger – une ancienne étudiante qui vit et travaille au Japon – et en collaboration avec le Studio Trois Quarts à Anvers.

On retrouve ici toute l’excentricité et l’audace que le créateur belge nous a habituées depuis de nombreuses années. Il fait ainsi apparaître des miroirs de différentes formes et tailles mais aussi des imprimés “fantômes” sur les pièces tandis que la palette de couleurs, d’une grande diversité d’ailleurs, a été inspirée des figures fantomatiques de l’artiste suisse Miriam Cahn.

Boramy Viguier – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Quand le confinement dû à la pandémie COVID-19 était un calvaire et un cataclysme pour les uns mais pour d’autres, cette période si particulière semblait être bénéfique comme pour le jeune créateur Boramy Viguier – sur le plan créatif en tous cas – qui a entièrement conçu sa collection Printemps/Été 2021 pendant l’isolement.

Inspirée par la science-fiction et la religion, la collection fut dévoilée en support numérique qui semble parfaitement taillée pour ses créations qui, a précisé le créateur français, ont toutes été fabriquées à partir de tout ce qui était à sa portée de main.

Il y avait de longues tuniques et vestes immaculées semblables à des soutanes, des capes sportives irisées, des manteaux en cuir, des vestes de costume surdimensionnées sans manches, des gilets de protection fabriqués à partir d’un stock de vinyle, des imprimés floraux romantiques ou des gilets de costume trois pièces portés sur des k-ways colorés. Toutes ces pièces, qui seront proposées aux acheteurs en pièces uniques, mêlent avec forte créativité l’influence de la science fiction avec des références mystiques.

Ce vestiaire aux accents ésotériques – qui semble destiné à une “congrégation païenne d’êtres spirituels suprêmes, de prophètes en quête d’un meilleur état d’esprit” – a été magnifiquement mis en scène dans une vidéo réalisée par Pierre Petit. Les pièces y sont décrites à la fois en visuel, par écrit et en langage de signes, chacune présentée sur une carte qui fait penser à des cartes de tarot, l’une de ses références récurrentes.

Louis Gabriel Nouchi – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Réalisée par Keffer, la vidéo de la collection de Louis Gabriel Nouchi met en scène des comédiens de la Comédie Française et des acteurs prometteurs du cinéma et du théâtre français faire de la lecture de l’oeuvre monumental L’étranger d’Albert Camus.

La présence de ce monument de la littérature française, voire mondiale – il est le troisième livre francophone, après Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne, le plus lu dans le monde – n’est pas un choix choisi au hasard. En effet, ce roman sur l’absurdité de Camus a servi de point de départ pour la collection de Louis Gabriel Nouchi. Le créateur s’est inspiré à la fois cette histoire et les préférences vestimentaires de l’auteur pour proposer un vestiaire classique et sensuel.

Ainsi, Nouchi a revisité des vêtements fétiches du romancier, comme le trench-coat militaire, les blousons battle dress et les fines rayures, dans des formes amples, des matières fluides et légères – par exemple, le viscose et le lin, ce dernier est un régulateur de chaleur et sa production consomme moins d’eau que le traditionnel coton.

La maille, une signature de la marque, est ici déclinée dans des coupes ajustées et est inspirée des sous-vêtements militaires utilisés pour protéger les soldats des piqûres d’insectes dans les environnements chauds.

De nombreux clins-d’œil au livre de Camus se multiplient également dans la collection: tels la broderie “impact de balles”, les bords côtes déchirés et des bords francs suggérant les stigmates sublimés du meurtre qui clôt la première partie du roman paru en 1942, tandis que les imprimés créés en collaboration avec l’artiste plasticien français Edouard Taufenbach son autant d’aller-retours à Alger, la ville qui a vu naître Meursault, le personnage-narrateur de L’étranger.

BLUEMARBLE – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Enfant du monde, Anthony Alvarez, le fondateur du label BLUEMARBLE, a puisé dans ses deux racines franco-américaines pour nous proposer une escapade estivale, entre le bouillonnement urbain et culturel de New York et du New Jersey et le chic languissant de la French Riviera.

Le créateur a ainsi multiplié des imprimés tie-dye, psychédéliques et des couleurs acides – un héritage de la contre-culture hippie – sur les pièces aux accents sportswear mais également streetwear. Les matières utilisées dans la collection reflètent ces parties prises, tel le néoprène emprunté aux combinaisons de surf, côtoyant des matériaux plus classiques et nobles (lin, coton, soie).

On trouve aussi sur plusieurs pièces des slogans qui véhiculent des messages d’optimisme et d’insouciance portés par la jeunesse : “The future is bright”, “Fiesta like there is no mañana” ou “Excuse-me when I kiss the sky”.

OTEYZA – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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OTEYZA, la marque espagnole basée à Madrid et fondée en 2012 par Paul García de Oteyza et Caterina Pañeda, revient pour la seconde fois à Paris Fashion Week avec une collection à l’équation parfaite entre la tradition et l’avant-gardisme.

La tradition de couture espagnole et le design avant-gardiste, la formule clé du succès de la marque depuis sa création, ont été de nouveau mises en lumière dans cette collection baptisée “Zagal”.

La collection propose une nouvelle masculinité qui combine les codes du vestiaire masculin ou ceux du celui féminin dont certains ont été puisés dans le folklore espagnol, aboutissant à des vêtements aussi modernes que des jupes évasées majestueuses, des vestes déstructurées aux lignes géométriques, des jupes pantalons, des redingotes multicouches, des chapeaux, des trenchs plissés et des chemises à col haut.

Fidèle à la tradition artisanal de la maison, le duo créatif de OTEYZA continue à chérir des matériaux nobles, tels la laine froide, le mérinos, le mohair, les draps irlandais, les cotons égyptiens ou encore des tissus extra-fins et déstructurés.

Quant aux couleurs, la marque opte pour une palette où les noirs et blancs abondent comme sources de rigueur et de contraste, ainsi que les jaunes grillés, les bleus verdâtres, le cuivre et les gris clairs qui rythment et rompent la collection.

Wooyoungmi – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Après le départ, en mars dernier, de sa fille Katie Chung qui assurait la fonction de direction artistique de Wooyoungmi depuis 2014, la créatrice et fondatrice Woo Youngmi a repris les rênes, tout en conservant son poste de PDG de la marque.

Pour Printemps/Été 2021, la créatrice poursuit une présentation mixte, introduite il y a plusieurs saisons par sa fille Katie Chung, dévoilée ici dans une vidéo tournée au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.
Inspirée de la danse ou plus exactement par la danseuse et chorégraphe allemande Pina Bausch, la collection de Woo Youngmi prend des allures d’un brin androgyne et d’une grand poésie. Les silhouettes restent épurées mais généreuses, déclinées dans des teintes que la créatrice qualifiait volontiers de “romantiques” : bleu pâle, lilas, menthe, lavande, pistache, beige, sable mais aussi du magenta – ce dernier coloris est un probable clin-d’œil à Nelken (les Œillets), la pièce fondatrice de Pina Bausch créée en 1982.

EGONlab – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Dans un contexte de pandémie qui continue à mener sa course aux quatre coins du monde, la collection Printemps/Été 2021 de EGONlab, “RENOUVELLEMENT”, envoie un message d’espoir et de renouveau, sous la forme d’une ode à la vie.

Le duo Florentin Glémarec et Kévin Nompeix, à la tête de la direction artistique du label, place leur collection dans un univers dystopique post-pandémique. Ils se sont ainsi inspirés du documentaire culte prophétique et contemplatif Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio, produit en 1982 qui questionne sur notre relation à la technologie, en faisant une description enthousiaste mais aussi une vive critique de celle-ci.

Les cinquante pièces proposées dans la collection dont une vingtaine créées en collaboration avec Sergio Tacchini livrent plusieurs points de vue du duo pour la prochaine saison. D’une part, des looks blancs monochromes qui soulignent les silhouettes effilées, dégagées de toute touche de couleur, comme exemptes de tout préjugé ou stéréotype; d’autre part, des silhouettes déconstruites associées à des chemises patchwork, des vestes à double boutonnage, des bermudas dans une palette largement noire, blanche et rouge – cette dernière couleur semble signifier la passion retrouvée; et enfin, des trenchs, des blousons teddy et des chemises légèrement matelassées et agrémentées de bretelles passent en bleu marine, reflétant la pureté des océans.

Et à l’instar d’autres marques cette saison, les matières utilisées ici sont toutes biologiques ou recyclées.

Études – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Comme la grande majorité de créateurs confrontés à l’arrêt de leurs activités dû à la pandémie COVID-19 et à l’avenir incertain de leur marque, le trio de créateurs du label Études: Jérémie Egry, Aurélien Arbet et José Lamali a dû se remettre en question et bouleverser la manière de concevoir leur collection pour la prochaine saison.

La Paris Fashion Week étant annulée et dans l’impossibilité de produire leur défilé habituel, le trio a choisi les formats digitaux pour présenter leur collection. Le photographe américain Roe Ethridge, dont certaines de ses natures mortes ont été transposées sur plusieurs chemises de la collection, a réalisé le lookbook tourné dans un studio parisien depuis son domicile new yorkais tandis que la vidéo de la collection fut tournée dans les rues du 20e arrondissement de Paris par Grégoire Dyer.

Le choix du photographe Roe Ethridge dont certaines de ses œuvres se trouvent sur des chemises n’est pas un hasard quand on sait que le land art américain fut le point de départ de cette collection, intitulée par ailleurs “Yes Future”.

Dans l’ensemble, la collection PE21 de Études semble s’en tenir à des silhouettes à la conception plutôt simple mais qui, cependant, se sont embellies des imprimés audacieux et originaux. Ici, la photo d’une jeune femme en bikini devant un coucher de soleil sur le devant d’une chemise à rayures; là, l’oeuvre “Apple Trees” datée de 2009 de Ethridge au dos d’un sweat, un trench en matière 100% recyclée a des manches zippées ou encore une chemise boutonnée combinant deux imprimés Liberty différents. Et protection de l’environnement oblige, toutes les matières utilisées pour cette collection sont recyclées ou organiques.

Deux autres collaborations font également partie de cette collection: la première est avec le label parisien Adieu sur deux modèles de chaussures – l’un est des bottines Chelsea et l’autre est un derby à lacets en daim – tandis que la troisième collab avec la Fondation Keith Haring reproduit certaines oeuvres de l’artiste américain en all-over sur une capsule de jersey et de denim.

Y/Project – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Confinés à la maison, dû à la pandémie COVID-19, les créateurs avaient tout le temps à réfléchir sur l’avenir et le devenir de leur marque et Glenn Martens de Y/Project fut l’un de ceux là.

Succombé à la sirène de l’écologie et de la mode éthique, le créateur a pris un virage à 180° et propose, pour Printemps/Été 2021 et pour la première fois, une toute première collection 100% durable.

Nous avons le luxe de penser, ce qui nous donne une responsabilité. Y/Project veut participer au changement, construire un avenir meilleur”, a-t-il écrit dans son communiqué adressé à la presse.

Le résultat est une collection 100% durable et écologique baptisée “Evergreen”. Composée de douze modèles emblématiques des saisons précédentes, repensés et améliorés avec matériaux organiques et recyclés, la collection va encore plus loin en proposant l’expédition, l’emballage et la production – entièrement au sein de l’UE – responsables.
Autres nouveautés : la collection ne sera jamais démarquée et elle reviendra à chaque saison ainsi qu’un pourcentage des recettes ira à une association de bienfaisance écologique.

Montrés dans une vidéo show-and-tell, les looks restent fidèles à la signature de la marque, avec ses formes asymétriques et dramatiques qui ont contribué au succès de la maison. De plus, leur conception permet une grande flexibilité, se laissant porter de diverses manières. “Il n’y a jamais de bonne réponse sur la façon de porter Y / Project: nous vous donnons une option, et ensuite vous devez la posséder”, a déclaré Martens.

Hermès – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Comment repenser, réagir et créer dans ce nouveau contexte?”, la question que se posait le metteur en scène français Cyril Teste avec qui Véronique Nichanian a collaboré pour mettre en scène sa collection Hermès Printemps/Été 2020 est la même que celle de beaucoup de gens du milieu de création et d’artistique dans ce contexte difficile.

En amont de la semaine des défilés homme qui aura lieu officiellement du 09 au 13 juillet, la maison Hermès a dévoilé, sur sa plateforme d’internet, un film d’un peu plus de sept minutes montrant l’action et l’excitation croissante qui précèdent un défilé de mode.

Baptisée “Hors-Champs”, la performance réalisée par Cyril Teste et tournée en direct dans les ateliers de Pantin qui regroupent les savoir-faire des artisans montre dix-huit looks à la sensibilité désinvolte et nonchalante.

La collection exprime légèreté, simplicité et désinvolture où les silhouettes nettes dessinent une décontraction intemporelle.
Les propositions sont élégantes, avec des vestes de costume ultra-légères proposées dans des tons bleus pâles ou des chemises de couleurs gris clairs, très souvent délicatement rayées – un emprunt à la chemise. Il y a également une bonne dose de fraîcheur nonchalante exprimée dans des pantalons amples à plis occasionnels ou serrés à la taille avec des cordons, des chemises zippées, des hauts en tricot et des blousons aviateurs et coupe-vents ultra légers. L’ultra-légèreté s’exprime aussi dans les matières où les cuirs, signature de la maison, se réinventent avec beaucoup de finesse.

La Paris Fashion Week homme Printemps/Été 2021 annulée et Milan reportée

Ça devait être une fête annuelle qui réunira tous les acteurs et amoureux de la mode masculine et de la haute couture mais le COVID-19, le virus qui vient de la Chine, tel Sauron, maître incontestable du pays de Mordor envoyant ses soldats déferler aux quatre coins de la Terre du Milieu, en a décidé autrement.

Devant la propagation de la pandémie dans le monde et une sortie du tunnel incertaine, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, l’instance dirigeante de la mode française, vient d’annoncer l’annulation de la Paris Fashion Week homme et celle de la haute couture en juin prochain.

Compte tenu de la propagation de l’épidémie de Covid-19 dans le monde, des décisions fermes sont nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des maisons, de leurs employés et de tous ceux qui travaillent dans notre industrie”, a déclaré vendredi la Fédération dans son communiqué.

La nouvelle n’a surpris personne, elle est suivie ensuite par l’annulation de la Fashion Week homme de Milan (la Milano Moda Uomo) qui a décalé ses festivités à Septembre, du 22 au 28 septembre, avec les femmes.

Initialement prévue du 23 au 28 juin prochain – la haute couture du 05 au 09 juillet – la Fashion Week homme de Paris devait s’annoncer très riche en nouveautés et en surprises, notamment le retour de Balenciaga au calendrier officiel de l’homme.
Pour le moment, aucune date a été retenue pour le report de la Paris Fashion Week homme.

Lacoste – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Lacoste a choisi de présenter sa dernière collection, imaginée par la créatrice britannique Louise Trotter, aux manettes du style de la marque au crocodile depuis deux ans, au Tennis Club de Paris comme un hommage à l’héritage de René Lacoste, son fondateur.

Cette saison, la collection de la maison parisienne tournait toute entière autour de Simone Lacoste ou Simone Thion de La Chaume, épouse du fondateur et championne de golf en son temps. Pour les hommes, Louise Trotter avait imaginé un vestiaire très coloré qui revisite bien entendu les classiques de la marque. Ainsi, les fondamentaux se retrouvent dans des tonalités chaudes et ensoleillées dont certaines rappellent la terre battue : vert d’eau, jaune, orange, bleu, vert sapin, bordeaux, émeraude mais aussi des couleurs plus neutres, tels le blanc, le noir, le beige, le gris…

À côté des références au tennis et au golf faisant de clins-d’œil incessants au couple, chacun champion dans sa discipline, l’influence du sportswear est fortement palpable en la présence des ensembles de survêt qui se portent comme des combinaisons de travail. La créatrice britannique n’a pas oublié non plus de revisiter le célèbre crocodile Lacoste qui se retrouve agrandi, dans une proportion inhabituelle.

© Photos : Lacoste

Balenciaga – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Des spectateurs plongés dans le noir, un sol inondé, un ciel orageux alimenté d’une bande-son industrielle… Demna Gvasalia, créateur Géorgien de Balenciaga, fait régner une ambiance de fin du monde à la cité du cinéma de Saint-Denis.

Dans cette ambiance apocalyptique à souhait, Demna Gvasalia, aux commandes de la marque depuis 2015, envoie ses soldats, hommes et femmes, aux allures ecclésiastiques et néo-gothiques marcher sur une piste remplie d’eau – aux deux premiers rangs restés alors vides.

Cent neuf silhouettes à l’épure imparable et émouvante qui revisitent les codes de la maison, auxquels se mêlent ceux du Géorgien. Ainsi, le noir, l’austérité, les volumes parfaitement contrôlés, le glamour s’acoquinent avec force magistrale aux coupes exagérées, aux épaules carrées et au sportswear qui caractérisent l’ADN de Gvasalia.

Cette conjugaison du patrimonial et du futuriste a permis d’aboutir, dans un premier temps, à des tenues impeccables, d’un brin austères, dans un registre noir qui non sans rappeler une certaine iconographie espagnole des siècles passés, pays dont est originaire le fondateur de la maison Cristobal Balenciaga, avant de s’orienter vers un registre plus sportif et streetswear.

© Photos : Balenciaga

Thom Browne – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Juché sur des chaussures à plateformes vertigineux, le premier modèle de Thom Browne émerge d’un paysage hivernal de bouleaux et de sapins, saupoudré de fausse neige, tête couverte d’un masque de girafe. Suivirent alors d’autres silhouettes à tête d’éléphant, de cerf, de lion, de cochon, d’hippopotame… qui annoncent clairement le thème de la collection : l’arche de Noé.

Pour sa toute première collection mixte, le créateur américain joue des références bibliques. Cependant, ceux de ses vêtements sont ailleurs, unis dans un effacement de frontières de genres et de codes conventionnels.

© Photos : Thom Browne

Lemaire – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Chez Lemaire, on oublie les décors grandioses et tape-à-l’œil d’autres mastodontes du luxe mondial pour se concentrer sur les détails car chez Sarah Linh Tran et Christophe Lemaire, chaque détail compte et compte pour beaucoup.

Le duo de créateurs, et partenaires dans la vie, poursuit leur propos qui sublime l’élégance naturelle et une sobriété toute bourgeoise. Sur fond d’une palette de couleurs sobres et presque monochrome où toute décoration est absente, la collection de Lemaire jouent le confort des coupes et la liberté de mouvement, remplie de pièces désirables aux allures allongées pour lesquelles la marque est connue.

© Photos : Lemaire

Haider Ackermann – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Applaudie à tout rompre par un Timothée Chalamet tout excité, la collection de Haider Ackermann, commerciale et accessible, est remplie d’idées exécutées avec une confiance calme et stable.

Je voulais quelque chose de plus absent. Je voulais que les vêtements disparaissent en arrière-plan”, déclarait-il en coulisses. “Ça ne rend pas justice à mes vêtements, je sais, mais… J’ai senti que tout était si fort que je voulais cette tranquillité”.

Mais derrière cette tranquillité apparente, il y a une force puissante d’énergie créative et de couleurs qui passe par des inspirations venues de l’Est et de l’Ouest, des plis Madame Grès, des kimonos, des vêtements de pyjama, des vêtements utilitaires et plus encore.

Pour ses hommes, Ackermann leur a dédié des pantalons doublés de cuir, d’impeccables manteaux, de costumes ou d’ensembles en velours côtelé – une première chez lui – aux couleurs chatoyantes et lumineuses. Tout est calibré avec soin et précision à travers des coupes magistralement exécutées et sobres.

© Photos : Haider Ackermann

Celine – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Sous le chapiteau monumental installé derrière le tombeau de Napoléon, Hedi Slimane fait défiler sa dernière vision de l’homme et de la femme Celine dans une collection entièrement unisexe.

Le créateur français poursuit ce qu’il a commencé depuis deux saisons, c’est-à-dire l’évocation de la bourgeoisie parisienne des années 1970 et un idéal de la jeunesse rock des années 2000, celle qui puisait les inspirations dans le vestiaire de leurs parents pour s’habiller.
Ainsi, quand un jeune dandy rockeur rencontre une belle étudiante parisienne, bourgeoise sophistiquée ou vice-versa, leur garde-robe devient interchangeable, gommant les frontières du masculin et du féminin, du genre, du style.

Les pièces ultra-désirables, ayant pour point commun une silhouette élancée “Slimanesque” au premier coup d’oeil, se confirment, s’affinent, se colorent, se jouent d’imprimés, sans fioriture, mais avec le souci de l’accessoire, en premier lieu le sac Sulky, un modèle de 1966 réintroduit cette saison par Hedi Slimane et porté aussi bien par les hommes que les femmes.

Cette idée d’unisexe se retrouve également dans sa nouvelle ligne de bijoux, les cristaux Celine, et celle en édition limitée composée de bijoux compressés en argent et vermeil, créée en collaboration avec la Fondation César.

© Photos : Celine

Maison Margiela – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Dans la droite ligne de sa collection Maison Margiela Artisanal qu’il a montrée en janvier dernier, John Galliano a, cette saison, poursuivi la quête éco-responsable – leitmotiv, entre autre, fondateur de la maison éponyme.

On trouve ici, sous l’étiquette officielle de la maison Recicla mentionnant la date de fabrication et la provenance du vêtement, de véritables pièces vintage qui sont intégrées dans la collection, parfois en un seul article, et parfois incorporées à d’autres articles. Galliano a abordé ce concept de “restauration” dans son podcast publié au lendemain du show en ces termes : “l’idée de donner une nouvelle vie à quelque chose … Lancer une nouvelle conscience”.

Il y a également chez Galliano cette forte volonté de faire voler en éclat les codes de la bourgeoisie des plus respectables – un travail qu’il s’acharne depuis plusieurs saisons.

Ainsi, les silhouettes bourgeoises ont été ici déstructurées, découpées, superposées et croisées avec des uniformes pour aboutir à une bourgeoisie d’un nouveau genre. L’atmosphère, pleine d’énergie mais aussi raffinée, était soutenue par une excellente palette de couleurs – des roses poudrés, des oranges, absinthe, vert loden, turquoise, sarcelle, jaune primaire, lilas et saumons. Une immersion émouvante dans son sens unique et inégalé de couleurs.

© Photos : Maison Margiela

Lanvin – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Bruno Sialelli a choisi la Manufacture des Gobelins pour présenter sa nouvelle collection inspirée pour la maison Lanvin – la plus ancienne marque de luxe française est depuis 2018 dans le giron du conglomérat chinois Fosun qui possède entre autres Club Med, Tom Tailor, Wolford.

Entourée par de magnifiques tapisseries qui sont “un pont entre le passé et le présent. Entre Jeanne Lanvin et moi-même”, a expliqué le créateur qui arrivait chez Lanvin il y a un an à peine, sa collection est une replongée dans l’historique de la maison, des silhouettes classieuses aux logos et calligraphies qu’il a retrouvées dans un livre imaginé par la fondatrice Jeanne Lanvin, “L’Opéra de l’Odorat”, écrit en collaboration avec l’une de ses collaboratrices, l’écrivaine et intellectuelle Louise de Vilmorin.

Sialelli s’est ainsi approprié l’histoire de Lanvin en y ajoutant sa touche personnelle. On retrouvera de la fluidité dans les matières, des coupes qui respirent, des jeux de découpes, des tricots confortables, des détails naïfs, et beaucoup de couleurs qui interpellent. Une façon de rendre petit à petit l’identité de la Maison, tout en maintenant un dialogue entre son héritage et le monde qui l’entoure.