Paris Fashion Week

Raf Simons – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Raf Simons - Printemps-Été 2021

Avec Hedi Slimane, Raf Simons est l’un de rares créateurs qui montre une obsession mordante pour la culture des jeunes et sa nouvelle collection PE21 n’est pas une exception.

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Mais ici, ce n’est pas la culture de jeunes actuels, celle d’une génération perdue, sujet de pessimisme et rongé par la menace de chômage et un avenir plus sombre, qui l’intéresse. La génération qu’il met en lumière dans cette collection est celle qui mangeait des pop-corns, buvaient du Coca-Cola devant Pique-nique à Hanging Rock, Barbarella, sursautaient de peur devant Scream et Alien ou jubilaient devant The Breakfast Club.

Teenage Dreams”, tel est le titre de sa collection, marque une fois encore le territoire connu du designer belge mais aussi une première pour lui puisqu’il intègre ici sa toute première collection pour femmes, bien que cet univers ne lui est pas totalement étranger – il a par exemple supervisé les collections pour femmes pendant ses années passées chez Jil Sander, Dior ou Calvin Klein.

Les silhouettes de cette saison sont particulièrement minces et il y avait beaucoup de slogans, de graphismes et de motifs abstraits et psychédélique, ainsi que des tirages photo des membres de l’équipe du studio de Raf Simons.

On y retrouve aussi nombres de silhouettes signature de Raf, tels ces cols roulés colorés, ces blazers boxy, ces gros tricots qui s’intercalent avec des looks rétro : vestes en cuir sans manches et pantalons évasés.
Il y a de la nostalgie mais aussi de l’intemporalité dans cette collection d’un brin irrévérencieux.

Maison Kitsuné – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Maison Kitsuné - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Première directrice artistique à être nommée par Maison Kitsuné, la griffe parisienne fondée en 2002 par Gildas Loaëc et Masaya Kuroki, la Sud-coréenne Yuni Ahn avait mis fin à son contrat, en janvier dernier par un commun accord avec les fondateurs, après seulement un an passé à la tête des collections de la marque au renard.

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Depuis son départ et dans l’attente d’une nouvelle nomination, Maison Kitsuné a lancé l’initiative “Guest Designers”, conviant un nouveau directeur artistique pour chaque nouvelle saison. Le premier à relever le défi fut l’anglais Marcus Clayton qui, après son passage à la fameuse Central Saint Martins, avait fait ses armes chez Alexander Wang, Givenchy période Riccardo Tisci et Rihanna pour le lancement sa marque Fenty en 2018.

Pour sa première collection en tant que directeur artistique, le Londonien a voulu rendre hommage aux deux villes d’origine de deux fondateurs de la marque : le français Gildas Loaëc et le japonais Masaya Kuroki. Il a ainsi puisé ses inspirations dans ce qui relie Paris et Tokyo : la lumière de ces villes, leur attitude, leur bon goût, leur sens de l’humour et l’amour des belles choses. Il mélange entre autres les styles qui les caractérisent : la bourgeoisie parisienne et le streetwear utilitaire japonais et vice-versa.

Le résultat est à la hauteur de l’amour porté pour ces deux pays : les basiques français revisités (marinières, chemises en popeline de coton et unisexes oversize, polos rayés de rugby, trenchs classiques) ont rejoint la vision de Clayton du streetwear japonais (vêtements de travail en sergé résistant, gabardines cirées et bandanas en soie Habotai) dans une fusion de silhouettes à la fois décontractées et élégantes.

Les tons de terre neutres (kaki, beige, camel) s’unissent aux nuances pastels de bleu ciel, de rose ou de blanc cassé sur une variété de pantalon de jogging à cordon, de chemises à rayures, de polos à rayures oversize ou à color-block. Quant aux pulls et aux tricots, ils mettent en valeur le célèbre renard au regard malicieux, tandis que les chapeaux safari et les pantalons cargo à poches surdimensionnées suggèrent l’envie d’évasion.

Photo : Arnaud Lajeunie

Maison Margiela – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Maison Margiela - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Pour la collection de Co-Ed Printemps/Été 2021 de Maison Margiela – 2nd collection sans défilé de la maison, John Galliano s’est associé une nouvelle fois au photographe Nick Knight et dévoile, dans un film de 45 minutes, un vestiaire sombre et théâtral inspiré par le tango.

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Dans ce film, le créateur britannique revient sur le processus de création de cette collection qui implique, outre Nick Knight qui réalise ici le deuxième et dernier opus du projet S.W.A.L.K. initié pour la dernière collection Artisanal, le français Olivier Rizzo, la britannique Pat McGrath (maquillage) et le mannequin allemand Leon Dame, entre autres.

Tourné en Toscane, le film met en scène, dans une magistrale réalisation tout en mouvements, entre l’ancien et le merveilleux, entre l’imaginaire foisonnant emprunté à cette danse née en Amérique latine, le concept de Replica de la Maison qui désigne le recyclage de pièces vintage authentiques, ou upcycling, devenue ReCicla depuis la collection Automne/Hiver 2021.

Au programme : transformation des trouvailles vintage en de silhouettes entièrement nouvelles, habillées de couleurs couleurs traditionnelles de Tango.

Thom Browne – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Les Jeux Olympiques d’été de Tokyo ont peut-être été reportés à l’année prochaine – sous réserve de l’évolution de la pandémie qui ne semble pas affaiblie, l’événement sportif le plus suivi de la planète reste ancré dans l’esprit de Thom Browne qu’il en a fait le thème de sa nouvelle collection.
Cependant, ses Jeux se déroulent non pas en 2021 mais en 2132, quelque part dans l’univers à des centaines de milliers de kilomètres de la terre.

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Dans la vidéo dévoilée pour l’occasion, on y voit le comédien Jordan Firstman et le mannequin Grace Mahary commenter et plaisanter en tant que commentateurs sportifs tandis que les porte-drapeaux et les sportifs alias mannequins descendent les marches du stade du Los Angeles Coliseum – le lieu a été choisi à la fois pour son architecture Art déco et pour avoir accueilli à deux reprises des Jeux olympiques de 1932 et 1984.

Je regardais Chariots of Fire et je suis resté coincé dans les années 1920. J’ai également vu une image de Suzanne Lenglen (championne de tennis française des années 20) dans ses incroyables cardigans à taille basse et jupes plissées”, a déclaré le designer. Il est à n’en pas douter que les silhouettes des années 20 et 30 ont largement influencé la collection de Thom Browne.

L’ensemble de la collection est rendu dans une palette presque entièrement blanche : ivoire, coquille d’œuf, jaune et gris pâles qui se prêtent si bien à la fantaisie du créateur. Les techniques sont toujours aussi minutieuses et témoignent une grande maîtrise tandis que les longues silhouettes sont autant l’occasion pour le créateur de brouiller les genres.

Et pour parasiter encore plus la perception de genres, Thom Browne renverse le positionnement des vêtements sur le corps : veste portée comme une jupe, jupe plissée comme un haut, mettant au défi la portabilité de ses vêtements. Mais ça, c’est une autre histoire !

Balenciaga – Pré Printemps 2021 – Paris Fashion Week

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Balenciaga - Pré-Printemps 2021 - Paris Fashion Week

La rue est un terrain de chasse pour Demna Gvasalia qui s’inspire toujours des archétypes de gens qu’on croise dans la vie de tous les jours.

Pour la pré-collection Printemps-Été 2021 de Balenciaga, le créateur se sert de nouveau de la rue, non seulement pour ses inspirations, mais aussi comme le podium – n’oublions pas que c’est dans la rue que se montreront réellement les vêtements, aussi luxueux soient-ils.

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C’est par une vidéo, signée Walter Stern, publiée sur la toile que le Géorgien a dévoilé sa collection pour la maison Balenciaga. On y voit des hommes et des femmes arpenter, après la tombée de la nuit, les rues de Paris, lunettes de soleil sur le nez, au rythme de Sunglasses at Night chanté par le Canadien Corey Hart.

Majoritairement unisexes et de taille unique, ce qui “diminue l’impact environnemental d’un modèle de production” selon le communiqué de presse, les vêtements s’inscrivent dans une logique de durabilité avec 93,5% de tissus unis certifiés durables, recyclés ou issus de l’upcycling et 100% des impressions également éco-friendly.

Les looks sont enveloppants, taillés dans des largeurs et des longueurs exagérées – un esprit qu’on retrouve dans toutes les collections du Géorgien.

Les vêtements semblent faciles à porter, avec la subversivité et l’humour ironique qu’on connaît de Gvasalia. Par exemple : un jogging porté avec un top de soirée, un pull jeté sur la tête en guise de capuche ou un peignoir de bain assorti à des baskets et jeans aux finitions effilochées ou encore un pantalon de jogging bi-matière et bi-couleurs associé à une chemise aux manches ultra-oversize.

Le sportswear se mêle ainsi à des pièces plus couture, le streetwear aux codes du businesswear. Les frontières et les codes se diluent pour devenir un langage et un style à part entière d’une maison qu’on considère volontiers comme l’une des plus avant-gardistes de notre temps.

Givenchy – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Givenchy - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Première collection pour l’Américain Matthew M. Williams pour la maison Givenchy. Un début prometteur inaugurant un nouvel ère et un tournant pour la maison de luxe parisienne fondée en 1952 pour celui qui en a pris la direction artistique depuis seulement environ un trimestre.

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Comment mixer l’élégance, héritage de la maison, et la modernité qu’il est censé d’apporter, lui, fondateur du label 1017 Alyx 9SM connu pour son esprit hype et confidentiel ? La réponse se trouve peut-être dans la netteté des lignes, le traitement des tissus – domaine de prédilection du créateur – mais aussi dans les prouesses techniques qu’il maîtrise à la perfection.

Suspendue entre le formel et le super décontracté, la collection fait la part belle aux looks presque monochromes, entre le noir – couleur fétiche de Hubert de Givenchy, le blanc et le rouge. La précision des coupes et le jeu de transparence sont traversés par des ornements métalliques et des colliers aux maillons XXL qui feront certainement fureur l’été prochain.
Une première collection, très attendue, qui prédit un avenir… en acier pour Matthew M. Williams chez Givenchy.

AMI Alexandre Mattiussi – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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AMI Alexandre Mattiussi - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Le 9, en Chine, est un chiffre de porte-bonheur. En Occident, il est synonyme de générosité, de l’altruisme et de la sensibilité. Le 9 est aussi, chez la maison AMI, un numéro de chance puisqu’elle fête cette année son 9ème anniversaire.

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Malgré une pandémie et des contextes difficiles pour tous les acteurs de la mode, la maison AMI voit son succès se confirmer avec l’ouverture d’une boutique à Shanghai l’an dernier et une visibilité accrue avec la projection de son défilé Printemps/Été 2021 sur le célèbre Time Square à New York.

Pour son premier défilé au calendrier parisien féminin, Alexandre Mattiussi a choisi de faire défiler ses mannequins le long d’un quai pavé de la Seine, sous un ciel humide et la crépuscule déjà bien entamée – il était 20 heures passée et il pleut depuis plusieurs jours à Paris.

S’éloignant du côté plus androgyne de la marque, Alexandre Mattiussi célèbre le style parisien avec des mises à jour détendues et sensuelles de looks des années 70 et 90. Il y avait des shorts amples pour les hommes, des pantalons en cuir verni; des gilets courts sans manches portés à même la peau; des ensembles ton sur ton, incluant chemises oversize, manteaux et shorts larges, dans des teintes audacieuses pour le genre masculin comme le gris de lin, quand d’autres sont plus sobres, tels le camel, le marron, le bleu denim…
Une “collection sophistiquée, mais pas prétentieuse”, selon les propres mots du créateur.

Kenzo – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Kenzo - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Deuxième collection de Felipe Oliveira Baptista pour KENZO. C’est au cœur de la roseraie de l’Institut National de Jeunes Sourds à Paris, dans le 5ème arrondissement, que la collection a été dévoilée, une collection au message écologique, à la fois romantique et sportswear.

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Le créateur portugais de la maison KENZO a choisi de jouer avec l’optimisme, comme la grande majorité de ses confrères et consœurs, avec une palette de couleurs fraîches et des imprimés floraux. Un peu de douceur dans ce monde qui navigue actuellement entre pandémie, conflits et instabilités sociaux et politiques. Douceur qu’on retrouve par ailleurs dans le petit pot de miel du Sacré Cœur posé sur chaque siège des invités – et ils sont tout de même plus d’une centaine à se déplacer, malgré une crise sanitaire accrue chaque jour davantage.

Et ces pots de miel – ce n’est pas par hasard qu’ils soient placés là – renvoient au thème de la collection. “Une ode aux abeilles” où l’imaginaire de l’apiculture est raconté avec beaucoup d’humour et d’énergie.

Dans ce contexte difficile, Felipe Oliveira Baptista a tenu à nous faire voyager dans son monde peuplé de couleurs, de fleurs et de flous (flou dans les formes avec des superpositions de couches dans le même ton; flou dans les motifs: “des coquelicots et hortensias qui pleurent”, décrit le créateur), tout en adaptant les caractéristiques utilitaires et de protection de ses silhouettes enveloppantes.

Le monde est perdu et chacun essaie de retrouver du sens, de l’ordre. Mais comment apporter des réponses dans ce contexte que personne ne comprend ?”, questionne le designer dans dans le journal de la collection de 36 pages distribué aux invités. Sa réponse pour les hommes se retrouve dans les capes et voiles de protection, dans de superbes costumes en coton souple, dans des coupe-vent style ikat, dans des gilets à poches multiples, dans des pulls transformés en tablier ou encore dans des gilets de gentlemen pêcheurs rallongés jusqu’au genou.
Une mode adaptable et pratique, idéale dans ce monde en plein chavirage où presque tous les repères ont été brouillés.

Marine Serre – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Marine Serre - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Après ses précédentes collections aux univers post-apocalyptiques, hantées par son regard visionnaire, la créatrice française Marine Serre balaie son regard sans compromis sur le monde bouleversé par la pandémie, avec une collection qui s’impose comme “le miroir de ces cinq derniers mois”.

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C’est à travers un court-métrage de 13 minutes, réalisé par les cinéastes Sacha Barbin and Ryan Doubiago, sur une musique originale de Pierre-Édouard Rousseau, que la créatrice, lauréate du prix LVMH en 2017, a dévoilé sa nouvelle collection.

Inspiré du concept d’Amor Fati (“amour du destin”) de Nietzsche qui invite à embrasser la réalité avec sa part de chaos et d’horreurs pour la dépasser, le court-métrage emprunte indéniablement son imaginaire aux films de science-fiction.

Le film nous envoie dans une boucle temporelle, divisée en trois parties représentant chacune un univers différent (un laboratoire, un paysage désertique façon Dune, un monde sous-marin). Dans chacune des trois parties du film jouent les mêmes acteurs portant des vêtements de la collection : costumes ou combinaisons seconde peau imprimés de croissants de lune, son motif fétiche, pièces utilitaires à grandes poches taillées dans un tissu moiré recyclé ou dans un nylon biodégradable, ensembles moulants, pull ou shorts motifs baroques, capes ou crinoline, visières et lunettes de soleil ou encore masques imprimés ou brodés de perles.

Je pense que nous nous sommes tous manqués pendant le verrouillage. Il y a un besoin d’appartenance aujourd’hui, et c’est cela qui a été mise en lumière dans le film”, a-t-elle déclaré.

Dries Van Noten – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Dries Van Noten - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Au lieu d’un défilé physique, l’Anversois Dries Van Noten a opté pour un simple lookbook publié sur son site ainsi qu’une vidéo de trois minutes, œuvres de la photographe néerlandaise Viviane Sassen.

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La collection, photographiée par Viviane Sassen entre une plage de Rotterdam et un studio d’Amsterdam, mélange les collections homme et femme, dans une série de pièces fluides et versatiles où abondent les vêtements extérieurs: parkas et vestes amples, chemises oversize en cotons traditionnels et où de la dentelle et de la maille filet viennent mettre leur grains de sel là où l’on n’attend pas !

Dries Van Noten s’est également intéressé aux films de l’artiste néo-zélandais Len Lye, un des premiers expérimentateurs de l’art en mouvement dans les années 20, dont les graphiques enivrants et ondulés, inspirés de son travail, se retrouvent comme projetés sur les vêtements, intensifiant l’idée de mouvement dans cette collection voulue positive et énergique.

Balmain – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Balmain - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Parmi les dix-huit défilés physiques que compte, cette saison, la Paris Fashion Week, il y a la maison Balmain qui investissait, au mercredi soir, le Jardin des Plantes riche de quatre siècles pour un show grandiose, peuplés de célébrités, de filles aux longues jambes et de garçons haltérophiles.

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Devant un front-row où l’on trouve, virtuellement sur une cinquantaine d’écran placés sur un côté de la piste, des têtes mondialement connues, parmi lesquelles : Anna Wintour, Jennifer Lopez, Cindy Crawford, Claudia Schiffer, Kris Jenner, Usher, ou encore Cara Delevingne, qui n’ont pas pu se déplacer pour cause de la pandémie mais qui ont pris la peine de se filmer sur fond blanc et de jouer le jeu comme s’ils étaient vraiment présents au défilé.

La collection emmenée par Olivier Rousteing fait la part belle au monogramme historique de la marque, dans la première partie du défilé. En forme d’hommage au fondateur de la griffe, Pierre Balmain, Olivier Rousteing assis sur un tabouret de bar accueille six mannequins françaises historiques de la maison, toutes vêtues de tenues à logo, dénichées dans les archives et remises au goût du jour.

Vient ensuite un second vestiaire rempli d’énergie qui revisite les codes esthétiques des années 70 et 80, où tailleurs aux pantalons évasés côtoient blazers étirés à revers tombants, pantalons cyclistes en maille, bermudas en jean, pulls monogrammés ou encore des hauts et vestes aux épaules pagodes.

dunhill – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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dunhill - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Cette collection ne concerne pas simplement la déconstruction, mais la construction”, a précisé Mark Weston, directeur créatif de dunhill.

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Fidèle à son esthétique raffiné et distinctif qui sied si bien à une marque typiquement britannique, Mark Weston met cette saison son talent au service d’un “nouveau romantisme” où l’intemporalité, la beauté de l’utilité et le raffinement sont au cœur de la construction.

Pour cela, Weston emploie largement des matériaux comme le lin hollandais, utilisé pour la construction des poches, le coton silésien ou encore la toile de col employés pour confectionner une série de vestes dont leur état inachevé en font des pièces les plus abouties de cette collection.

Dans une perspective proche de celle de l’architecture de Richard Roger à qui l’on doit notamment le centre Pompidou à Paris ou le Lloyd’s Building à Londres, Weston s’est engagé dans une expérimentation de la
construction/déconstruction où utilité devenant une nouvelle forme d’élégance, l’intérieur étant montré à l’extérieur. Ainsi, les coutures deviennent visibles; la toile de poitrine et la toile d’épaule, des tissus de base qui sont habituellement réservés aux renforts internes, se montrent pour dévoiler leur pureté et leur naturel tandis que des tissus de renfort se retrouvent combinés à des matériaux de luxe plus traditionnels, tels les satins roulés et les cuirs collés ultra-fins.

Ici, fluidité et construction se rencontrent avec précision pour dégager une aisance à la ligne. “Nous avons besoin de ce sentiment de confort, de fluidité, mais aussi d’un sentiment d’aisance”, a déclaré Weston.

Celine – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Celine - Printemps-Été 2021

Hedi Slimane est un créateur toujours en phase avec la jeunesse. Alors que les fashion weeks digitales avaient pris fin la semaine dernière, le designer vient de dévoiler sa collection homme Printemps/Été 2021 de Celine.

Une collection conçue comme une ode à l’esprit positif et créatif de la jeunesse même lorsqu’elle se trouvait confinée qui échappe à l’ennui en dansant sur les derniers morceaux à la mode ou en inventant des contenus créatifs sur le réseau TikTok.

Cette collection, intitulée The Dancing Kid dont la vidéo de 12mn a été révélée, le 29 dernier, sur celine.com et sur les réseaux intagram et TikTok de la marque, était née après la rencontre de Slimane avec Noen Eubanks, la star de l’application aux 10 millions de followers, en décembre dernier à Londres lorsqu’il lui tirait le portrait pour sa série photographique Portrait of a Teen Idol.

Tournée sur le circuit du Castellet dans le Var, la vidéo, rythmée par le morceau du rappeur canadien Tiagz They Call Me Tiago, montre une collection très inspirée de la culture skate et de la génération TikTok.

Pulls en grosse maille illustrés, manteaux en fourrure imprimés léopard, perfecto 80’s, sweat-shirts à capuches et à messages, kilts portés sur des jeans déchirés, chemises hawaïennes, vestes de tailleur pailletée, bombers à motifs géométriques, varsity jackets logonisés d’un C majuscule, bonnets… et j’en passe ! Ce vestiaire destiné à la génération des portables emprunte parfois des références au mouvement grunge d’autrefois pour dresser un “portrait candide d’une génération qui a su profiter du confinement pour s’émanciper créativement”.

Jacquemus – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Jacquemus - Spring-Summer 2021 - Paris Fashion Week

Alors que tous les créateurs et marques accrédités par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode et inscrits sur le calendrier privilégiaient le format 100% numérique, il y a un créateur qui va à contre-courant de la tendance: Simon Porte Jacquemus.

L’étoile montante du luxe français a ainsi embarqué 110 happy few à Us, une commune rurale du Vexin français, dans le Val-d’Oise, à environ d’une heure de Paris, pour le premier défilé physique post-Covid en France. Comme en 2019 avec son défilé dans un champ de lavande en Provence, le designer compte sur la beauté et le charme de la nature dans sa plus simple expression pour séduire et exprimer l’esprit de sa collection.

Dans un décor de carte postale champêtre, au beau milieu des champs d’orge, les modèles hommes et femmes évoluent sur une longue série de planches de bois serpentant au milieu des épis couché.

Avec 55 passages, au lieu de 70 d’ordinaire, la collection Jacquemus est plus resserrée que d’habitude. Elle se concentre sur les best-sellers de la maison, telles les chemises imprimées, mais aussi des chemises-vestes en lin, des costumes oversized brodés de couteaux et fourchettes en cuir piqué sellier, des polos de maille aux couleurs sourdes, des jeans à damier, des pantalons cargo larges…
Un vestiaire d’été bien dans son époque.

Lemaire – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Lemaire - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Le duo de designers formé par Sarah-Linh Tran et Christophe Lemaire pousse encore plus loin le mélange des genres entre l’homme et la femme avec leur nouvelle collection de Lemaire.

Leur marque fera désormais défiler ensemble les collections homme et femme pendant les Fashion Week masculines parisiennes de janvier et juin. Une partie prise unisexe destinée à durer, alors que la question du rythme des semaines de défilés se pose pour une industrie secouée ces derniers temps par les crises.

Contexte sanitaire exceptionnel oblige, Lemaire a dévoilé sa nouvelle collection sous la forme d’une vidéo de presque 4 minutes 30, tournée à l’école Duperré à Paris, qui clôture les cinq jours de la PFW.
Évoluant dans un décor blanc baignée de lumière naturelle, les modèles font ressortir un vestiaire ultra-désirable qui revisite tous les codes propres à la griffe. La plupart des looks sont unisexes, baignés dans une palette de couleurs neutres, discrètes et forcément minimaliste – signature du label, avec du beige, du vert olive, du blanc cassé et du noir profond. Les silhouettes, comme souvent chez Lemaire, sont construite pour donner de la sensualité à celui ou à celle qui les portent. Les coupes sont alors amples, tombent légèrement, alternant entre structure et fluidité tandis que les matières jouent la partition du confort, avec du coton ultra-léger, parfois mélangé à du nylon ou du lin.

Reese Cooper – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Reese Cooper - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

La vidéo de mode de Reese Cooper montrait les modèles marcher au long d’un ruisseau à Thousand Oaks, en Californie, entourés par une végétation luxuriante. Ce décor qui nous transporte au cœur de la sérénité de la nature reflète l’esprit de la collection du créateur américain, natif d’Atlanta.

La palette reprenant les couleurs de la végétation, avec ses bleus, ses verts, ses bruns et ses jaunes, ainsi que les impressions de camouflage, de galets ou de paysages foisonnent sur des vêtements fonctionnels qui se prêtent aussi bien pour la vie citadine que pour des activités outdoor.

Photos: Reese Cooper

Fumito Ganryu – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Fumito Ganryu - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

À défaut de pouvoir présenter sa collection sur piste, le japonais Fumito Ganryu avait envoyé les pièces du Japon au Wiltshire, en Angleterre, pour le besoin du lookbook. Là, ce fut le photographe Tom Guinness qui a été chargé de le réaliser dans et autour de sa maison à la campagne.

Le photographe anglais s’est pris au jeu et a réalisé ses propres clichés, vêtu un sweat surdimensionné à capuche et un short pendant qu’il rangeait son linge ou une chemise et un short large en portant son fils Reuben dans la cuisine ou encore un ensemble en denim en s’allongeant sur une banquette.

Des vêtements confortables “que les gens ont besoin en ce moment, un concept d’extérieur-intérieur”, a déclaré Fumito Ganryu.

Thom Browne – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Pas d’intégralité de collection. Juste quelques photos en noir&blanc montrant le chanteur Moses Sumney vêtu d’une longue jupe à paillettes enveloppée comme une serviette après une douche, avec casque Beats by Dre sur la tête – la collaboration inédite sera présentée ultérieurement avec plus de précision, pour un avant-goût de la collection du créateur américain Thom Browne. Un avant-goût bien sobre pour un créateur connu plus pour ses défilés et créations si théâtraux et excentriques.

Connu pour sa voix remarquable et sa musique douce aux influences hybrides entre jazz, soul et pop, l’auteur-compositeur-interprète américain apparaît torse nu debout sur un socle, montrant sa musculature saillante à la manière d’un athlète grec avant d’entonner l’hymne olympique, composé en 1896 et utilisé à ce jour dans les cérémonies d’ouverture.

Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Une composition qui ne laisse aucun doute sur le thème de sa collection PE21: les Jeux Olympiques de 1924 et 1936 qui sera dévoilée en totalité lors de la Fashion Week de Paris début octobre.

Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week
Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week
Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week
Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week
Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Dior Men – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Dior Men - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Après KAWS, alias Brian Donnelly, pour son premier défilé, puis le japonais Hajime Sorayama, Alex Foxton et plus récemment l’artiste américain Daniel Arsham, Kim Jones a choisi de collaborer avec le ghanéen Amoako Boafo, un artiste iconoclaste supplémentaire qui s’ajoute à la liste collaborative qui s’allonge de saison en saison depuis son arrivée à la direction artistique de Dior Men.

Pour ceux qui ne connaissent pas Amoako Boafo: ce Ghanéen de 36 ans, installé à Vienne et représenté par la galerie américaine Mariane Ibrahim, est l’une des valeurs montantes du marché de l’art. Il est connu pour ses portraits d’hommes et de femmes noirs, peints avec ses doigts, “subtilement fuselés et épurés” et qui ont “un sens du style”, souligne Dior dans son communiqué.

J’adore son travail, j’ai toujours voulu travailler avec un artiste africain car j’ai grandi en Afrique et l’art africain a toujours fait partie de ma vie”, explique Kim Jones dans le film.

Portée exclusivement par des mannequins noirs – on ne peut s’empêcher de faire la corrélation avec le mouvement Black Live Matters – la collection mixe des pièces sportswear chic avec d’autres aux coupes sophistiquées, couleur gris perle emblématique de Dior avec des touches flashy de rose, jaune ou vert. Ces associations sont nées de la fusion de deux mondes créatifs de deux artistes dont la vidéo montre des affinités inattendues.

Sankuanz – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Sankuanz - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Pour la collection Printemps/Été 2021 de Sankuanz, le créateur Shangguan Zhe a puisé ses inspirations dans diverses cultures ethniques et dans la pop culture, tout en atténuant les éléments du hardcore très présents dans ses précédentes collections.

Les épaules relevées des costumes ont été inspirées des costumes traditionnels mongols donnant aux allure l’esprit de héros des steppes, tandis que les chemises et le tailoring mettent en scène des robes chinoises traditionnelles Cheongsam et des cols mandarins mêlant codes ethniques et clins d’œil aux codes occidentaux et aux symboles de la pop culture.

Shangguan Zhe a aussi annoncé la prochaine collaboration de Sankuanz avec adidas Originals qui devrait débarquer en boutiques en octobre prochain.

Palomo Spain – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Palomo Spain - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

THE REHARSAL est la onzième collection de Palomo Spain du designer espagnol, de Córdoba, Alejandro Gómez Palomo qui l’a dévoilée au dernier jour de la première édition numérique de la Paris Fashion Week.

Dans son film de mode, aux accents documentaires, on voit des modèles se préparer à un défilé et devant lesquels, le designer explique sa démarche, ses inspirations, ses réflexions sur la collection ainsi que ses doutes face à cette situation sanitaire inédite que nous vivons actuellement.

Il y explique également sa prise de conscience soudaine devant la rupture inattendue de la chaîne d’approvisionnement de matières premières liée au confinement. Une rupture compensée heureusement par les surplus de matières, aboutissant à une nécessité de recyclage – démarche adoptée de plus en plus par les créateurs et bénéfique pour l’environnement.

Vous vous rendez compte que vous avez beaucoup de chutes et de stocks de tissus que vous pensez avoir perdu de la valeur, tout comme les vêtements d’une saison à l’autre”, explique-t-il dans le film. “Vous réalisez soudain que vous vous êtes trompé. Nous avons fait beaucoup de travail en regardant l’ensemble des archives de tissus que nous avions et nous y avons trouvé des merveilles. Nous avons fait du beau travail”.
L’engagement de Palomo Spain pour l’écologie se prolonge également dans son ode à la nature, à sa renaissance lorsque toutes les activités humaines se sont arrêtées pour un temps (renaissance aussi des matières dans son utilisation du surplus de tissus).

Ainsi, son rêve s’est matérialisé dans des tissus tels que la soie, le crêpe, le taffetas ou la popeline, mélangés à des paysages en PVC et en tissus fleuris. Des plumes et d’autres broderies ont été transformées en herbe bruissante, recouvrant un haut extravagant, et en tant que détails sur d’autres looks. Des décolletés impossibles et des fermetures éclair indiscrètes créent aussi des “ouvertures” sensuelles et forcément inattendues.

Ziggy Chen – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Ziggy Chen - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

C’est dans un voyage onirique que nous embarque le designer chinois Ziggy Chen, vers Varanasi (anciennement Bénarès), capitale spirituelle de l’Inde.

Il s’agit également d’un voyage visuel puisque le créateur utilise dans sa collection la technique de collage inspirée de l’artiste allemand Hannah Höch, membre du mouvement Dada, pour la mettre en scène.

Son film de mode, surnommé “CollageMory”, exalte cette direction prise avec des modèles traverser l’écran, dans des mouvements saccadés, ou voler, se promener dans la forêt, se lézarder dans une barque…, visages cachés par des collages d’animaux et de tête d’humains. Quant aux vêtements, on y sent une forte influence du workwear avec des looks aux multiples poches utilitaires qui se superposent pour créer des silhouettes décontractées. Ziggy Chen utilise aussi du patchwork pour créer des contrastes tandis que les rayures et les collage photographiques inspirées de Höch constituent les uniques imprimés de la collection.

Phipps – Printemps / Été 2021 – Paris Fashion Week

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Phipps - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Avec le confinement dû à la pandémie COVID-19 et l’annulation des fashion weeks, les designers ont dû s’improviser en scénaristes voire en réalisateurs pour mettre en scène leur collection. Tous ont pris ce changement radical avec beaucoup de délice afin de s’adapter à cette situation inédite, en particulier Spencer Phipps qui a certainement pris son pied en jouant dans son propre western.

Intitulée “Spirit of Freedom”, la parodie de western spaghetti de Spencer Phipps, tournée dans le désert de Tabernas (Espagne), célèbre pour avoir été le lieu de tournage de nombre de “westerns-spaghettis” dans les années 60 et 70, est un clin-d’œil au genre ainsi qu’aux origines californiennes du créateur.

Inspirée par la fonctionnalité du vêtement, toute la collection de PHIPPS emprunte les codes de l’Americana et son iconographie. Des chemise de cow-boy brodée, des vestes en daim à franges, des chinos, des teddy, des sweatshirts, des bottes de cowboy, des chemises et t-shirts aux imprimés d’animaux du désert, de camouflage ou de “drapeau américain”.