Milan Fashion Week - Page 2

Neil Barrett – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Intitulée “Untitled”, la collection de Neil Barrett se veut être universelle, inter-générationnelle, pouvant aussi bien portée par la jeune génération que celle plus mûre.

C’est mon état d’esprit – ces vêtements peuvent être portés par mes neveux et par moi. Ils sont universels. C’est une question de goût, pas d’âge”, a expliqué le créateur.

Ainsi, la collection fut construite autour d’un portrait imaginaire d’un artiste passant par différentes étapes de sa vie. Cette source d’inspiration lui a permis d’employer un casting diversifié mais aussi un vestiaire à la hauteur du large attrait de sa clientèle ciblée.

© Photos : Neil Barrett

Marni – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Le Masque de la mort rouge (The Masque of the Red Death), la nouvelle d’Edgar Allan Poe servit d’inspirations à Francesco Risso pour la nouvelle collection Automne/Hiver 2020-2021 de Marni.

Sur une chorégraphie toute en lenteur, mise en scène par Michele Rizzo, sa collection est un mix & match de motifs (pois, rayures, coeurs et imprimés psychédéliques), de genres et de matières (le satin côtoie le cuir, matières matelassées jouent des coudes avec la fausse fourrure ou le chandail moulant fraternise avec les tissus délavés).

Les silhouettes, elles, sont intentionnellement mal proportionnées, détruites, fragmentées, juxtaposées ou assemblées dans de magnifiques patchworks à partir de vieux morceaux tissus et des chutes – recyclage, quand tu nous tiens !

Ils sont un collectif dans une fête sans fin, portant des uniformes multiformes … des objets avec une vie propre, des objets de famille, quelque chose que nous devons protéger”, a expliqué Francesco Risso.

© Photos : Marni

Emporio Armani – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Dans la matinée du deuxième jour de la Milano Fashion Week Men’s, le doyen de la mode Giorgio Armani a dévoilé la nouvelle collection de sa ligne Emporio Armani, un vestiaire urbain à dominante rouge et noir, ponctuée de gris – la couleur phare de la maison.

Flirtant toujours avec confort, fonctionnalité et élégance, trois notions qui constituent l’ADN de la marque, la collection met l’accent sur les chevrons, l’une de ses marques de fabrique, présents ici sur bon nombre de pièces : sur des blousons aviateur en peau lainée, des parkas, des sweats zippés à capuche, des pantalons à la coupe décontractée… Ce motif côtoie d’autres signatures de la maison, tels le velours lisse, des carreaux pied-de-poule ou des matières matelassées.

Le créateur dévoilait également à l’occasion une collection capsule, intitulée R-EA pour “Recycled Emporio Armani” – tendance écologique oblige – faite de de laine, denim et cotons bio régénérés. Presque toutes les pièces de la capsule ont été estampillées de message “I am saying yes to recycling” (Je dis oui au recyclage).

© Photos : Emporio Armani

N°21 – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Pour célébrer le 10e anniversaire de sa marque N°21, Alessandro Dell’Acqua tente de redéfinir la masculinité d’aujourd’hui, en revisitant ses classiques et proposant une nouvelle idée de vêtements de cérémonie.

Avec une sensualité parfaitement maîtrisée, nuancée par de petites touches érotiques, le Napolitain adoucit les classiques de la garde-robe masculine, avec des coupes pointues mais d’une douceur presque féminine. Il emploie des matières sensuelles, comme de la dentelle et de la soie; il dépouille le dos des vêtements dans une démarche provocante ou déshabille le torse, tout en l’associant à une pièce conventionnelle du vestiaire masculin, ici un blazer noir.

© Photos : N°21

Ermenegildo Zegna – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Après Dsquared2 qui a ouvert le bal de la Milano Fashion Week Men’s, Alessandro Sartori a choisi un entrepôt à l’écart du centre de la cité lombarde pour présenter sa collection pour Ermenegildo Zegna.

Marchant à travers une installation de l’artiste américaine Anne Patterson, les hommes Ermenegildo Zegna défilent dans un vestiaire qui allie élégance et confort.

Bien que la moitié de la collection soit réalisée à partir de matériaux recyclés, des chutes de tissus et des invendus des saisons précédentes, les pièces témoignent l’excellent savoir-faire et la maîtrise de la marque en matière des coupes, autour d’un nouveau lexique du tailoring. Comprendre des silhouettes modernes, constituée de superpositions parfois inattendues, pour cette jeune génération sensible aux discours éco-responsables.

© Photos : Ermenegildo Zegna

Dsquared2 – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Dsquared2, la marque des jumeaux canadiens Dean et Dan Caten, donnait le coup d’envoi de la nouvelle saison de la Milano Fashion Week Men’s, le vendredi soir dernier, avec un show grandiose sur fond de performance live des Sister Sledge.

La collection de Dsquared2 se concentre sur l’ADN de la marque puisqu’elle célèbre cette année son 25ème anniversaire. Retour donc aux sources pour les jumeaux, autour du denim et du cuir. L’esprit Ouest américain est fortement présent, avec des silhouettes streetwear sexy incluant des chemises à carreaux, des blousons biker, de la grosse maille ainsi que des manteaux en peau de mouton retournée.

© Photos : Dsquared2

Calendrier de la Milan Fashion Week Homme Automne/Hiver 2020-2021

Seconde ville, après Londres, à dévoiler les principales tendances pour hommes pour la saison Automne/Hiver 2020-2021, la Milan Fashion Week Men’s (Milano Moda Uomo) aura lieu du vendredi 10 janvier à mardi 14 janvier 2020.

Avec une demi-journée supplémentaire, le calendrier milanais compte, cette saison, 27 défilés officiels, autant que la précédente saison. Presque tous les grands noms habituels du calendrier ont répondu présents, excepté Versace qui a opté pour le format mixte dont la collection sera dévoilée en février prochain.

Parmi les nouveautés de cette saison, on note le retour de Gucci sur le calendrier milanais – sa collection clôtura les quatre jours intenses avec un défilé à 12h30 le lundi 14 janvier. La maison florentine revient en janvier après deux ans privilégiant des collections mixtes lors des semaines de la mode féminine en février et septembre. Iceberg et Miaoran font également leur retour sur les podiums de Milan, la première après trois saisons à Londres, la seconde absente de la saison précédente.

Parallèlement à ces retours, trois nouveaux noms font leur entrée sur le calendrier de Milan. Le premier est Han Kjøbenhavn, la marque Danoise, basée à Copenhague, qui défile pour la première fois à Milan à 17h30 le dimanche 12 janvier. Le second est Marco De Vincenzo avec sa nouvelle ligne Homme, au dernier jour à 10h30; le label japonais Jieda le même jour à 9h30 tandis que la marque chinoise de streetwear Reshake fait son apparition à 16h00 le lundi 13 janvier. L’italien Fabio Quaranta, connu pour son style sobre et confortable, est le dernier nom à défiler pour la première fois cette saison à Milan.

Vendredi 10 Janvier 2020

Samedi 11 Janvier 2020

Dimanche 12 Janvier 2020

  • 10h00: Numero 00 – soutenu par CNMI
    (Via Pietrasanta, 14)
  • 11h00: Salvatore Ferragamo
    (Via E. Besana, 12)
  • 12h00: Etro
    (Via Paullo, 11 Ang. Via Spartaco)
  • 14h00: MSGM
    (Via Calabiana, 6)
  • 16h00: Prada
    (Via Lorenzini, 14)
  • 17h30: Han Kjøbenhavn
    (Via E. Cosenz, 44/4)
  • 18h30: Sunnei
  • 20h00 : Iceberg
    (Via Valtellina, 25)

Lundi 13 Janvier 2020

  • 10h00: Fendi
    (Via A. Solari, 35)
  • 11h00: Magliano – soutenu par CNMI
    (Corso Cristoforo Colombo, 13)
  • 12h00: Miaoran – soutenu par CNMI
    (Via Tertulliano, 30)
  • 14h00: Fabio Quaranta – soutenu par CNMI
    (Via Filippo Sassetti, 31)
  • 15h00: Spyder
    (Via Bugatti, 9)
  • 16h00: Reshake
    (Via San Gregorio, 29)
  • 17h00: Giorgio Armani
    (Via Bergognone, 59)
  • 18h30: A COLD WALL***
    (Via Piranesi, 14)

Mardi 14 Janvier 2020

  • 09h30 : Jieda
    (Via Piranesi, 10)
  • 10h30 : Marco de Vincenzo
    (Via Piranesi, 14)
  • 11h30 : David Catalan – soutenu par CNMI
    (Via Piranesi, 10)
  • 12h30 : Gucci
    (Piazza Vi Febbraio)

GCDS – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week

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Sous le regard menaçant d’un dinosaure géant qui trône au milieu de la piste, les hommes de GCDS (God Can’t Destroy Streetwear), un label streetwear de quatre ans d’âge de Giuliano Calza, défilent dans des propositions hautes en couleurs.

Denim délavé, maillots de surfeurs revisités, shorts et imperméables à capuche aux motifs et couleurs kaléidoscopiques, t-shirts à l’effigie de dinosaures, vedette de la fameuse saga Jurassic Park, pantalon à patchwork, motifs peau de serpent appliqué sur du cuir verni ou encore des survêts. Les propositions sont multiples, tout comme les inspirations puisées dans les décennies 80 et 90, pour une collection qui recycle, sans grande nouveauté, le vocabulaire du streetwear actuel.

© GCDS

BOSS – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week

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Après six saisons à New York, BOSS, la marque phare du groupe allemand HUGO BOSS, a jeté son dévolu sur Milan dans sa volonté de s’installer durablement sur les calendriers européens.

Témoignant un réel choix de monter en gamme et de renforcer son image sur le Vieux Continent, les débuts de BOSS à la Fashion Week de Milan sont clairement un succès.

Sous la direction de Ingo Wilts, la collection a mis l’accent sur une élégance décontractée, un chic discret et une portabilité véhiculés par des propositions modernes et urbaines.

Inspiré par le magnifique horizon de Hudson Yards, le nouveau laboratoire d’urbanisme de New York où il a vécu pendant un certain temps, Ingo Wilts ramène la lumière, le bleu du ciel et le reflet des bâtiments dans sa collection chargée de looks presque monochromes aux couleurs enivrantes : rouge feu, bleu givré, jaune beurre, gris métallique, noir d’encre et bien entendu, beaucoup de bleus.

Les costumes BOSS se portent ici avec des sneakers, tout comme les manteaux avec des hoodies.

Sophistication se conjugue avec décontraction dont les matières deviennent des ambassadeurs du renouveau de l’homme BOSS. Elles deviennent souples, très souples, même avec un cuir nappa qui a été étudié et coupé au laser pour obtenir un tombé impeccable, rendant les pièces encore plus sensuelles.

© HUGO BOSS

Salvatore Ferragamo – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week

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Profondément restructurée depuis ces dernières années, aussi bien en interne que dans les propositions, la maison florentine Salvatore Ferragamo continue à proposer sa nouvelle vision de l’homme Salvatore Ferragamo.

Après un show masculin en juin dernier au salon Pitti Uomo, l’honorable maison a présenté une dizaine de looks, en même temps que ceux de la femme, dans un défilé mixte qui a eu lieu dans le paisible jardin de la Rotonda Bassana.

Les silhouettes de l’homme Salvatore Ferragamo, imaginées par le français Guillaume Meilland, ont été placées sous le signe de la nonchalance, avec un luxe indéniable qui susurre aux oreilles de celui qui les porte.

Volumes confortables et matières souples – le français a fait un travail remarquable pour rendre par exemple le cuir aussi léger que possible – les looks masculins oscillent entre costumes au volume généreux, short et pantalon en cuir, vestes à hoodie, manteau et tunique coupés très larges. Guillaume Meilland a repris ici l’imprimé Neptune qui reprend les contours de la statue de la Fontaine de Neptune, située Piazza della Signoria à Florence, et dont la rénovation a été assurée par la maison – le motif a été déjà dévoilé en juin dernier à Pitti Uomo.

Le tout dans une palette chromatique solaire qui offre un coup de fraîcheur à l’homme Salvatore Ferragamo qui séduira aussi bien la clientèle historique de la maison que les jeunes Millenials.

© Salvatore Ferragamo

Missoni – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week

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Vendredi, un peu partout dans le monde, des millions de jeunes se sont mobilisés et défilaient dans les rues contre le réchauffement climatique.
À Milan, c’est dans une toute autre ambiance que certains acteurs du monde de la mode portent, chacun à leur manière, leur message de soutien à ce mouvement, comme chez Missoni.

Quand les jeunes scandaient des messages souvent virulents, tels “Et un, et deux, et trois degrés ! C’est un crime contre l’humanité !”, “Sauvons la planète ! Petits efforts, grands résultats !”…, Chez Missoni, où le défilé a eu dans une magnifique piscine construite après-guerre au sud de Milan, les invités ont reçu, chacun, une petite lampe portative, appelée Little Sun imaginée par Olafur Eliasson, accompagnée d’une petite note dont le message qu’on ne peut être plus claire : “Prenez le soleil par la main. Nous sommes arrivés à un point de non-retour pour notre planète, il faut passer à l’action”.

Passé ce message porteur de combats et d’espoir, les propositions de Angela Missoni pour les hommes sont plutôt classiques, remplies de costumes à rayures qu’on peut les dépareiller pour associer à d’autres pièces toutes aussi magnifiques les unes des autres. Ainsi, un pantalon à rayures se marie parfaitement à une étonnante chemise bleue à l’aspect lustré; un autre à une somptueuse chemise aux motifs floraux quand un autre à carreaux et à la coupe large est associé à un pull en maille de couleur rose saumon.

Foulards noués autour du cou, les hommes Missoni ont une silhouette tantôt dandyish, tantôt bohème où les fameux zigzags Missoni se font, cette saison, plus discrets pour laisser place aux impressions florales, parfois abstraites, prêchant le nouvel homme de la vénérable maison italienne.

© Missoni

Giorgio Armani – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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À 85 ans en juillet prochain, Giorgio Armani est plus que jamais en forme. Après le show Emporio Armani présenté le matin du samedi 15 juin, le styliste revient avec une nouvelle collection de Giorgio Armani, sa ligne principale, qu’il fait défiler non pas dans son traditionnel Teatro Armani mais dans un palais du 17e siècle situé au cœur du quartier milanais de la mode.

En effet, c’est dans le Palazzo Orsini, un palais historique du textile-habillement italien, qu’il a acheté il y a des nombreuses années que le vétéran a présenté sa collection, clôturant ainsi les quatre jours intenses de la MFW. Ce changement de lieu de présentation – un retour aux sources pour le styliste – ne constitue pas l’unique nouveauté pour la maison italienne. La subtile transformation se remarque aussi dans les silhouettes qui, bien qu’elles restent fidèles à l’ADN de la marque, comprendre : confort, souplesse et élégance, offrent encore plus de fluidité et de décontraction.

Dans une partition doucement créative et ultra-estivale, il revisite ainsi à sa manière les codes du chic masculin.

Des costumes langoureux côtoient des chemises amples et aérées – certaine se porte ouvert, dévoilant la musculature de son propriétaire quand d’autres la laissent deviner sous leur transparence; des blousons bombardier ou vestes croisées se portent à même la peau; des chandails au motif graphique se marient parfaitement avec des pantalons larges comme des pyjamas. Et l’homme Giorgio Armani troque des costumes légèrement déstructurés et froissés pour des shorts à gros ourlets et à ceinture à corde (à mi chemin entre bermuda et short de bain) quand il n’opte pas pour un gilet à double boutonnage en lin associé à un pantalon large également dans cette matière si noble.

Autre changement notable cette saison : la palette de couleurs. Le styliste délaisse un peu sa signature marine pour du marron, avant de succomber devant des teintes bien chaudes, parfaitement dans le registre estival, tels du rose, framboise, rouge, bleu céleste, bleu roi…
Ce n’était pas seulement un défilé, une belle collection, mais aussi le couronnement d’un parcours à succès”, a déclaré Mario Boselli, l’ancien président de la Chambre de la mode italienne, à l’AFP. Et il ne croit pas si bien dire !

© Photos : Giorgio Armani

David Catalan – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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David Catalan est l’un de deux créateurs portugais, l’autre est Miguel Vieira, invités par la Camera della Moda – dans sa tentative de créer une nouvelle génération de talent et de donner une nouvelle impulsion au calendrier réduit de saison en saison – et à défiler cette saison à Milan.

Appelée “Not finished”, la collection de David Catalan trouve ses inspirations dans les années 90, et plus exactement dans l’icône grunge de cette décennie : Kurt Cobain, le légendaire chanteur de Nirvana.
Mais au lieu de s’attarder dans le registre rebelle de ce mouvement, Catalán a su y injecter de la fraîcheur avec des couleurs chaudes et énergiques (bleu électrique, jaune, orange, corail, rouge, vert), bien loin de la palette grunge qu’on a l’habitude de voir.

Même les vêtements prennent le chemin de la modernité, balayant d’un revers de main les silhouettes débraillées, les jeans troués… liés à ce mouvement. Des chemises à rayures fines ou en denim, des bermudas ou jeans à ceinture en cordelette, des vêtements de sport à la coupe ample et décontractée, du denim soigneusement délavé, des vestes à carreaux ou aux manches à couleurs contrastées ou encore de très jolis ensembles en denim bicolores, autant de pièces d’une garde-robe urbaine, pragmatique et moderne pour séduire une jeunesse connectée. Les seuls éléments qui se connectent au grunge se trouvent dans le slogan “God is grunge” (Dieu est grunge) imprimé sur certaines pièces pour nous rappeler cette influence si joliment revisitée ici.

© Photos : David Catalan

Spyder – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Ces dernières années, le sportswear fait son irruption dans la mode au point de devenir une tendance quasi incontournable. Chez Spyder, la collection tourne justement autour de ce courant, utilisant parfois des imprimés graphiques audacieux pour insuffler une nouvelle impulsion aux vêtements de sport.

Ainsi, des imprimés toiles d’araignées, marbres, ondes sonores et autres graphiques abstraits, quand ce n’est pas l’araignée, logo de la marque, se multiplient sur des shorts, sweats à capuche, imperméables, leggings, coupe-vents et vêtements de jogging. Les matériaux ont été choisis pour favoriser le confort et le respirant. Ils sont appuyés par les coupes amples – certaines sont asymétriques vues par exemple sur les pantalons de jogging – montrant un autre visage atypique des vêtements de sport.

© Photos : Spyder

Edithmarcel – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Pour la première sortie à la MFW de leur label Edithmarcel (contraction de deux légendes vivantes, l’une dans la chanson française Edith Piaf et l’autre dans la boxe Marcel Cerdan – une histoire d’amour impossible qui a donné notamment à la naissance de la légendaire Hymne à l’amour interprétée par la Môme Piaf), Gianluca Ferracin et Andrea Masato se sont tournés, eux aussi, vers les années 90.

Plutôt épurée, dans la droite ligne du minimalisme de cette décennie porté à l’apogée notamment par DKNY, Margiela, Helmut Lang ou Calvin Klein, la collection mixe le sportswear et l’unisexe où chaque vêtement s’adapte à la personnalité de qui le porte.

Dans une palette délicate et monochrome de rose poudré, noir, blanc, bleu charrette, avec tout de même quelques flash d’orange et de rose, la le duo fait défiler des pièces qui rime avec le vocabulaire sportif : legging, pantalon de jogging et short de sport. Cependant, le duo s’éloigne de l’archétype de virilité, liée à ce concept de sportswear, en y apportant une touche de légèreté et de féminité, notamment avec de la matière transparente comme la tulle ou avec de petits détails, tels les sangles sur les manches, les cordons resserrant les genoux ou les empiècements aux couleurs contrastées sur les pantalons.

© Photos : Edithmarcel

Pal Zileri – Printemps/Été 2020 – Milan Fashion Week Homme

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Présentée dans un ancien bain turc dont le sol est recouvert de magnifiques mosaïques, la collection de Rocco Iannonce pour Pal Zileri fait de jolis clins-d’œil non pas à cette région s’étendant de l’Afrique du Nord au Moyen-Orient qui a donné naissance à cette forme de bain mais à l’art de la Renaissance, l’un des genres de peinture les plus influents de l’histoire de l’art dont le berceau se trouva à Venise. On peut se poser la question sur la corrélation entre le bain turc et Venise mais la connexion est plus subtile puisque cette forme de bain de vapeur humide puise justement ses origines dans les thermes romains.

Dans cette collection à l’allure décontractée, d’un brin dandyiste, les références à l’art de la Renaissance (camouflage allégoriques d’animaux fantastiques, images architecturales classiques) sont subtilement distillés sur des foulards en sergé de soie, des bermudas, des chemises spacieuses, des cravates, des gilets portés sous les blazers richement décorés.

Malgré ces imprimés figuratifs qui s’harmonisent avec le lieu, la collection s’en trouve délestée grâce à la fluidité de ses formes : des épaules tombantes, des vestes à double boutonnage à la coupe ample associées ici à des pantalons cargo ou des pantalons plissés à taille haute