Milan Fashion Week

La Paris Fashion Week homme Printemps/Été 2021 annulée et Milan reportée

Ça devait être une fête annuelle qui réunira tous les acteurs et amoureux de la mode masculine et de la haute couture mais le COVID-19, le virus qui vient de la Chine, tel Sauron, maître incontestable du pays de Mordor envoyant ses soldats déferler aux quatre coins de la Terre du Milieu, en a décidé autrement.

Devant la propagation de la pandémie dans le monde et une sortie du tunnel incertaine, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, l’instance dirigeante de la mode française, vient d’annoncer l’annulation de la Paris Fashion Week homme et celle de la haute couture en juin prochain.

Compte tenu de la propagation de l’épidémie de Covid-19 dans le monde, des décisions fermes sont nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des maisons, de leurs employés et de tous ceux qui travaillent dans notre industrie”, a déclaré vendredi la Fédération dans son communiqué.

La nouvelle n’a surpris personne, elle est suivie ensuite par l’annulation de la Fashion Week homme de Milan (la Milano Moda Uomo) qui a décalé ses festivités à Septembre, du 22 au 28 septembre, avec les femmes.

Initialement prévue du 23 au 28 juin prochain – la haute couture du 05 au 09 juillet – la Fashion Week homme de Paris devait s’annoncer très riche en nouveautés et en surprises, notamment le retour de Balenciaga au calendrier officiel de l’homme.
Pour le moment, aucune date a été retenue pour le report de la Paris Fashion Week homme.

GCDS – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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À la gare centrale de Milan, la maison 100 % made in Italy GCDS (God Can’t Destroy Streetwear) a convié ses invités à “prendre le train et rentrer à la maison, à Naples”, le temps de quelques heures.

La marque street, fondée en 2015 par le créateur napolitain Giuliano Calza et son frère Giordano, délaisse cette saison son côté street qui a contribué à son succès pour une orientation plus haut de gamme.
Le résultat est une collection moins rue et plus douce, confectionnée par des artisans napolitains.

Exit donc les tee-shirts, sweaters et les survêts. Place à de superbes mailles en cachemire, mohair et autres belles laines, recouvert de cristaux, et associés à des jeans amples et pantalons en cuir tandis que les logos voyants ont laissé place à des graphismes plus discrets et colorés.

Dans un autre registre, Calza a également fait un clin-d’œil à Naples, à travers d’une adorable illustration extraite de “Tom et Jerry à Naples”, un court métrage sorti en 1954, imprimée sur un blouson.

© Photos : GCDS

BOSS – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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Le directeur de création de BOSS Ingo Wilts est revenu sur l’âge d’or de la marque dans les années 1970, mais aussi aux années 1920, les Années Folles – tendance majeure de cette saison – qui s’expriment à travers l’un des ses éléments emblématiques : les franges.

Dans ce défilé mixte, ses hommes ont eu droit à d’impeccables costumes de businessman, de grands manteaux en cuir brillant ou dans un imprimé zèbre déstructuré et des pantalons de jogging élégants. En un mot, des vêtements séduisants et extrêmement faciles à porter, au bureau comme en soirée. Le tout dans une palette monochrome, de marron, de noir, de gris, de beige, de bleu marine, de blanc mais aussi d’orange et de lilas, une couleur plutôt audacieuse pour les hommes.

Notre idée, c’était le croisement des générations. Des pièces de notre passé, mêlées avec des nouveautés. Notre entreprise a particulièrement marqué la tradition des années 1970 et 1980. Alors nous sommes partis des campagnes de pub de cette époque. En les mélangeant avec les années 1920 et leurs franges. Il s’agissait de ranimer le passé, mais avec de la fraîcheur”, expliquait Ingo Wilts.

© Photos : BOSS

Versace – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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Presque deux après après avoir été vendue à l’empire Michael Kors pour près de 2,12 milliards de dollars, Versace continue à opérer sa mue, avec cette saison son tout premier défilé mixte.

Composée de 91 looks, la collection de Donatella Versace focalise sur l’idée du pouvoir et de la sexualité, inaugurant une nouvelle interprétation du sexy par la créatrice. Pour ce faire, elle a puisé dans les archives de la maison et en extirpe plusieurs saisons d’un trait.

Ce que j’essaie de dire avec cette collection, c’est que la sensualité passe d’abord par le cerveau. Les vêtements ne sont qu’un moyen de parvenir à une fin. Pour moi, l’hyper-masculinité est parfaite pour les vêtements masculins, et l’hyper-féminité correspond aux vêtements féminins”, a tranché Donatella.

Ainsi, pour les hommes, il y avait des cuirs machos, des bombardiers à la coupe très large, des pulls fleuris surdimensionnés des années 90, des costumes aux imprimés baroques, des rayures zébrées et des smokings brodés de cristal. Quant au logo de la maison milanaise, il a subi de multiples transformations. “Je me suis amusée à jouer avec l’esprit baroque de Versace, à le rendre plus dynamique, à modifier ses formes”, expliquait la créatrice.

© Photos : Versace

Philipp Plein – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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Créateur du bling-bling. Philipp Plein mérite largement cette réputation et il n’en fait certainement pas économie !

Assuré par le rappeur américain Tyga qui performe sur un ring de boxe, au milieu des feux d’artifice et de la fumée, et devant plus de 3 000 invités dont de nombreuses célébrités (Cameron Dallas, Missy Elliott, Ellen von Unwerth ou Jada Pinkett Smith pour ne citer que quelques uns), son show est à l’image de l’homme.

Des imprimés léopard, de dollars, des clous punk, des cuissardes en or, du doré, et beaucoup de cristaux Swarovski et de logos “Plein” scintillants. La fin du show était un hommage à feu Kobe Bryant avec des maillots et des hoodies aux couleurs des Los Angeles Lakers, affichant le numéro 24 de Kobe Bryant, et recouvert de cristaux Swarovski. L’hommage a été l’objet d’une polémique sur les réseaux sociaux où de nombreux internautes le taxaient de mauvais goût et de récupération.

© Photos : Philipp Plein

Missoni – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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Se servir de la géométrie pour parler “une histoire de force féminine, d’autonomisation et de conscience de soi, racontée en lignes droites [et] en volumes nets et audacieux”. Voilà le programme très intéressant et certainement énergique d’Angela Missoni pour l’hiver prochain.

Cette saison, la créatrice décline la rayure, zigzags, lignes droites et obliques dans tous leurs possibles.

Les zigzags, signature de la maison italienne, se mêlent ainsi à d’autres imprimés inédits, assemblés sur des patchworks ludiques et colorés. Quant à la maille, elle est définitivement partout, ponctuée par du Lurex qui apporte brillance et vie à ces pièces hautes en couleurs.

© Photos : Missoni

Bottega Veneta – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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C’est par un homme à l’élégance acérée et épurée, au total-look noir, que s’ouvre la proposition de Daniel Lee pour Bottega Veneta.

On aurait pu penser que sa collection est un hommage à l’oeuvre au noir, mais le créateur britannique de 34 ans a su créer la surprise avec juste ce qu’il faut d’impertinence.

Il y a eu bien entendu du noir, formule gagnante du minimalisme des années 90, mais aussi d’une explosion de couleurs, des couleurs intenses et pétillantes qui nous assènent un coup de fouet, nous aveuglant dans cette mer intense de noirs.

Une démonstration esthétique, pleine de douceur et de sensualité, ponctuée par des franges (chez les femmes) et l’intrecciato – signature de tressage de la maison – qui se déploie autant sur les sacs que sur des manteaux pour hommes.

© Photos : Bottega Veneta

Y/Project – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Ce fut dans un gymnase parisien, au milieu duquel est installé une vaste piscine remplie de ballons de baudruche oranges, que le designer Glenn Martens invitait à découvrir sa nouvelle collection pour Y/Project.

Comme les précédentes saisons et fidèle à son ADN, Glenn Martens envoyait sur la piste des silhouettes où domine la déconstruction.

Des vestes à double boutonnage en trompe-l’œil en 3D, des trenchs militaires déconstruits, des ceintures et pantalons conçues pour être drapés et noués à la taille, des cabans de trappeur à carreaux à la coupe asymétrique, des écharpes en laine ornés de tigres, des sacs circulaires en forme de nœud marin, des vêtements d’extérieur (six pièces de parkas et doudounes) conçus en collaboration avec Canada Goose et beaucoup de superpositions dans une collection inspirée des petites fêtes de ville dans la Belgique natale du créateur.

© Photos : Y/Project

AMI Alexandre Mattiussi – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Alexandre Mattiussi fête les neuf ans de sa marque AMI Alexandre Mattiussi, avec une collection anniversaire tenue au Trianon, le fameux théâtre parisien au pied de la butte Montmartre.

Accompagnés tout du long du show par les notes de l’accordéon, les mannequins traversent le parterre dans des allures nonchalantes et élégantes.

Les looks oscillent entre l’esprit parisien et créations plus dramatiques, avec une petite saveur délibérément des années 60. La garde-robe se décline en blanc, noir et gris avec des flashs de rouge vif, de vert émeraude, de jaune moutarde, de bleu et de violet. Cette belle palette pigmente ainsi les pièces qui ont fait la popularité du label : costumes et manteaux amples portés à même la peau, pull-over à col montant, beaux chandails à motifs géométriques… On y retrouve aussi quelques clins-d’oeil à d’autres créateurs, tel Jean-Paul Gaultier qui va prochainement fêter les cinquante ans de sa carrière, par le biais des jupes – comme celle associée à une longue veste à double boutonnage – qui est en fait un hommage au maxi kilt de l’enfant terrible de la mode.

© Photos : AMI Alexandre Mattiussi

Phipps – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Pour son troisième défilé à Paris, l’américain Spencer Phipps a placé, cette saison, sa collection sous le signe de la nature et de la protection des forêts.

Portée par un casting hétéroclite, célébrant l’homme dans sa diversité, sa collection est dédiée aux gardes forestiers dont le clin-d’œil se retrouve dans le titre du show, intitulé “Treehugger, tales of forest”.

Dans une palette terreuse, dominée par des nuances marron et vert, les pièces évoquent les tenues de ces gardiens de Mère nature. Gros chandails à l’effigie de “Smokey the Bear” (mascotte du Service des forêts des États-Unis, ndlr), chemises à carreaux, chapeaux forestiers, gilets ou gros manteaux matelassés, pantalons cargo – certains agrémentés de patch au drapeau américain ou aux empiècements aux couleurs contrastées – carrés de bandana ou encore des pièces qui mettent en avant le “cuir d’ananas”, la nouvelle matière écolo qui colle avec la sensibilité aux questions environnementales du créateur.

En effet, ce nouveau cuir “vert” fait partie des nouveautés que Spencer Phipps introduites cette saison, en même temps que sa nouvelle ligne “Phipps Gold Label” dont le but est de retravailler les pièces de seconde main ou issues de fins de stocks.

© Photos : Phipps

Gucci – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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La maison italienne Gucci, fleuron du groupe français Kering, fait un retour fracassant sur le calendrier masculin de Milan, clôturant quatre jours intenses de collections.

Le thème de la collection est la masculinité. Mais il n’est pas question d’exclure ou rejeter la masculinité traditionnelle. Il s’agit d’exprimer la complexité des hommes. Il n’y a rien de plus fascinant et intéressant qu’un homme qui est capable de renouer avec son côté féminin”, explique Alessandro Michele à l’issue du défilé.

Le créateur italien, DA de la maison de luxe depuis maintenant cinq ans, revise de nouveau l’esthétique qui a contribué à sa renommée : la confusion des genres.

À une époque où la frontière des genres s’efface un peu plus chaque jour, Michele joue volontiers avec les codes entre le masculin et le féminin, habillant tantôt des hommes en femme et des femmes en homme.
Inspirée par les années 70, sa collection revient sur son obsession pour les vêtements pour enfants. Une nostalgie pour l’innocence de l’enfance, en somme !

Ainsi, l’homme Gucci adopte cette saison un vestiaire qui plaît aussi bien à l’homme Millennials qu’à la femme. Des gilets tricotés top-crop, des pantalons aux reflets brillants ou à carreaux aux couleurs exubérantes, des associations aux couleurs très audacieuses, des costumes en velours côtelé, des robes-chemisettes à col Claudine, des pulls tricotés par Mamie…, le tout associé à des chaussures de grande-mère et des accessoires aux éclats scintillants.

© Photos : Gucci

David Catalán – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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L’avant-dernière collection au dernier jour de la Milano Fashion Week Men’s, la collection du créateur David Catalán fait la part belle au sportswear des années 90.

Les survêtements dominent largement la collection, côtoyant sans effort autres pièces outerwear comme les blousons matelassés – certains déstructurés – les polos à color blocks ou les sweats avec ou sans capuche à l’influence sportive.

© Photos : David Catalán

Marco De Vincenzo – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Autre marque à faire ses débuts cette saison à la Milano Fashion Week Men’s, il s’agit du créateur Marco De Vincenzo, également en charge des accessoires de la maison Fendi.

Officiellement lancée en juin dernier au Pitti Uomo de Florence, la seconde collection de Marco De Vincenzo revisite les classiques du vestiaire de l’homme avec un sens délicatement romantique.

Tout en fluidité et en douceur, ses propositions dont certaines ont un look militaire reprennent les éléments de signature de l’esthétique de De Vincenzo : des effets dégradés en tout délicatesse, des détails sophistiqués, des couleurs chaudes et ensoleillées ainsi que des imprimés graphiques et séduisants.

© Photos : Marco De Vincenzo

JieDa – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Le label japonais JieDa du créateur Hiroyuki Fujita fait ses débuts à Milan. Sa collection fut inspirée des voyages de son créateur au Moyen-Orient et en Europe.

Exprimant “un style mature et une intention jeune”, la collection met l’accent sur les couleurs, les imprimés et les textures, jouant avec l’esthétique rétro-athlétique, signature de la marque, les coupes nettes et les détails inachevés.

© Photos : JieDa

A-COLD-WALL* – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Clôturant l’avant-dernier jour de la Milano Fashion Week Men’s, la griffe A-COLD-WALL* fait son début à Milan avec des propositions qui marquent une vraie rupture avec ses précédentes collections.

Connu pour sa mode streetwear, le label du créateur Samuel Ross s’en est quelque peu éloigné pour élever sa mode vers un autre niveau. Ross a fait la transition de la rue à la couture avec beaucoup de finesse, en proposant notamment des pièces sur mesure, une série de vestes chemise boxy en coton froissé, des costumes tailleur ou croisés, associés à des baskets ergonomiques en néoprène. Il y a également eu de superbes parkas et de fausses combinaisons confectionnés dans des matières techniques et qui auraient trouvé une place de choix dans n’importe quelle garde-robe d’un homme moderne et citadin.

© Photos : A-COLD-WALL*

Giorgio Armani – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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S’éloignant des “vêtements de sport cool” et de la tendance streetwear qui marque cette saison quelques essoufflements, Giorgio Armani a dévoilé une collection d’une intemporalité et d’une élégance qui forcent l’admiration et l’adhésion totale de son public.

La garde-robe imaginée par le couturier milanais pour l’hiver prochain est conçue pour affronter les grands froids, certes, mais avec douceur, et où tout a été épuré à l’essentiel. Ses silhouettes classiques, déclinées en gris ardoise, en bleu nuit, en kaki, en brun terreux, en burgundy et même en vert, s’adonnent dans la fluidité et la décontraction. Le sens du toucher est constamment stimulé, favorisant la relation direct entre le vêtement et la personne, par le biais des matières tactiles et moelleuses, tel l’astrakan, le velours, le cachemire ou encore de la laine ultra-light.
Le créateur a également dévoilé de nombreuses pièces d’extérieur futuristes, souvent des combinaisons ou des tenues aussi bien destinées aux pistes de ski qu’à la ville, déclinées dans des matières nobles.

© Photos : Giorgio Armani

Reshake – Automne / Hiver 2020-2021 – Milano Fashion Week Men’s

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Pour son tout premier défilé à Milan, le label chinois Reshake, lancé en 2013 à Shanghai, s’est inspiré de la conquête spatiale chinoise. Plus précisément du premier satellite de propagande, “Dong Fang Hong I”, lancé par l’empire du Milieu en 1970.

Jonny Fu, le DA de la marque, propose un vestiaire haut de gamme, aux allures viriles, oversize et imposantes, faisant la part belle aux graphismes et aux illustrations issues de l’iconographie chinoise traditionnelle ainsi que des images de propagande nationale des années 1970.