London Fashion Week Men’s - Page 2

Studio ALCH – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Fondée par la créatrice australienne Alexandra Hackett il y a quatre ans et basée à Londres, Studio ALCH défile pour la première fois pendant la LFWM. Cette première collection de Studio ALCH reflète l’engagement pour la durabilité environnementale de sa créatrice qui recycle à cette occasion les sacs à dos de Patta – elle en est à sa quatrième collaboration avec la marque néerlandaise – pour les transformer en de vêtements séduisants, pleins de fraîcheur.

La créatrice recourt également aux nouvelles technologies, comme le pressage à chaud, pour recycler les sacs plastiques qui, une fois transformés, deviennent des pièces porteuses de messages positifs et optimistes pour la future génération.

© Photos : Studio ALCH

C2H4 – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Fidèle à son esthétique futuriste et son approche pragmatique, la créatrice chinoise Yixi Chen dévoile sa nouvelle collection remplie de détails utilitaires et de basiques revisités pour son label C2H4 – le nom de marque vient de “Éthylène”, un homophone de “Yixi” en chinois.

Les vêtements d’extérieur ont été clairement mis en avant dans la collection : des parkas en tricot confortables, des vestes imperméables, des blousons matelassés de différentes longueurs, des pantalons à survêt en nylon indéchirable…, des pièces urbains coupées dans des matières techniques, point fort de Yixi Chen, en témoigne ce parka irisé qui passe du violet au vert sous la lumière des projecteurs.

© Photos : C2H4

Belstaff – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Un nouveau chapitre s’est écrit pour Belstaff – la marque est depuis longtemps associée aux vêtements de sport automobile – sous la direction de Sean Lehnhardt-Moore.

Pour sa deuxième sortie depuis qu’il a rejoint la marque l’été dernier en tant que directeur de la création, Lehnhardt-Moore s’attache à remettre à jour les pièces iconiques, puisées dans ses riches archives de la maison britannique. Ainsi, des Fieldmaster, des Trialmaster et des Castmaster, entre autres – des noms barbares qui ne signifient rien pour le commun des mortels mais sont équivalents à des légendes pour les fans de la marque – ont été revisités avec une touche de légèreté de la saison. Il les retravaille avec du velours côtelé, du lin, du coton, de la toile épaisse, des matériaux qui suggèrent de la douceur ou avec des matières plus techniques, tel le nylon Oxford ciré. La palette, elle, reste classique et virile, avec du chocolat, beige et du vert d’olive, dynamités de temps à autres par le ton ensoleillé de l’orange.

© Photos : Belstaff

Stefan Cooke – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Il s’agit du premier show solo de Stefan Cooke depuis qu’il fut lancé par le programme Fashion East, plateforme de lancement de nouveaux talents, créé en 2000 par Old Truman Brewery et Lulu Kennedy.

Avec son partenaire Jake Burt, Stefan Cooke se plonge dans les riches archives de théâtre et de la scène Off-Broadway à New York qui leur ont inspirés sur la façon de créer une collection avec un budget modeste.
La collection résultante a vu des numérisations de costumes antiques et de robes de cour originaux appliqués sur des tissus bon marché. Ici, une redingote provenant des archives du Royal National Theatre imprimée sur une blouse; là, une robe du 15ème siècle ressuscitée sur un pantalon ou le devant des vestes serré avec un corset à lacets croisés. Une technique visuelle trompeuse qui a fait la réputation de Cooke et grâce à laquelle, il a remporté le prix du design H&M.

Cooke et son partenaire Jake Burt développent également à cette occasion une technique artisanale de tulle liée à la main qui est magnifiquement appliquée sur un pantalon, sur les manches d’une veste en laine à trois boutons ou utilisée pour confectionner un gilet transparent.

© Photos : Stefan Cooke

Xander Zhou – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Bien loin des défilés aux musiques assourdissantes et aux pas cadencés des modèles, le show de Xander Zhou invite à la méditation et à la réflexion sur le sens de la vie et à l’avenir de l’humanité.
Invités à enfiler des jupes en nylon griffées Xander Zhou et à s’asseoir, en positions méditatives, sur des poufs, enveloppés par des effluves d’encens, les invités font face à des écrans numériques montrant un défilé virtuel.

Comme les invités, les 73 looks de la collection portent tous des jupes. Une manière pour le créateur d’établir un dialogue entre le vestiaire féminin et celui masculin, de connecter le monde humain et celui céleste.
Lors de mes recherches, j’ai constaté que, dans toutes les cultures du monde, les hommes qui exécutent certains rites ou cérémonies portent des tenues qui ont des similitudes frappantes. L’un des éléments récurrents est un vêtement qui ressemble à une jupe”, explique Zhou.

Les jupes ont été ainsi déclinés en différentes longueurs et dans de multiples formes. Les influences sont également diverses : guerrière, kimono, monastique, princesse, sikh, Chine, Japon, futuriste…, évoquant l’universalité de cette pièce qu’on considère à tort comme partie prenante de la garde-robe féminine.

© Photos : Xander Zhou

Lou Dalton – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Depuis quelques saisons, Lou Dalton s’engage dans une nouvelle direction tant créative que commerciale pour établir la pérennité de sa marque. Elle établit de ce fait des partenariats étroits avec des marques à la réputation bien enracinée et sa collection Printemps/Été 2020 s’inscrit justement dans cette stratégie.

Ainsi, le spécialiste so british de duffle-coat Gloverall a apporté ses connaissances techniques pour créer deux manteaux réversibles; John Smedley, lui, s’est attaqué aux polos et chemises à fines rayures et aux mailles en cachemire. La créatrice a également collaboré avec la marque Paraboot pour créer les chaussures, toutes de couleur noire. Dans l’ensemble, les silhouettes restent décontractées et ont une construction pragmatique. Quand aux motifs, ils sont classiques et masculins, balançant entre les rayures, les carreaux et d’élégants imprimés floraux abstraits.

© Photos : Lou Dalton

Per Götesson – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Pour Per Götesson, masculinité rime avec douceur, virilité avec romantisme. Sa collection pour la saison prochaine met en valeur les silhouettes fluides, appuyées par la déconstruction et les bords bruts, et une palette de couleurs délicates.

Parcourant la piste à pieds nus, les modèles évoluent dans des vêtements d’une aisance sensuelle, confectionnés dans des matières qui favorisent la fluidité et les mouvements comme le lin, le jersey, le coton ou le cuir souple.

Une certaine fragilité transparaît également dans la collection, comme en témoignent ces fragments et portraits d’homme épinglés sur le devant de t-shirts ou d’un manteau noir – ces portraits s’avèrent être celui du partenaire de Götesson, le créateur de bijoux Husam El Odeh. Ce dernier a d’ailleurs créé, pour la collection des bijoux néo-bohèmes et épingles qu’arborent gracieusement les modèles autour du cou, du cheville ou sur le revers d’un manteau surdimensionné.

© Photos : Per Götesson

Chalayan – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Se déroulant dans une petite rue piétonne en face de son flagship de Bourdon Street, dans le quartier de Mayfair, la collection de Hussein Chalayan est particulièrement rafraîchissante, comme le temps dont le soleil a réussi à percer la couche nuageuse pour laisser passer ses rayons qui réchauffent les invités restés debout.

Rafraîchissante comme cette profusion de rayures bleues et blanches qui se multiplient sur des pantacourts – certains se superposant – et sur des pantalons à taille haute munis de cordons. Ces rayures côtoient d’autres, cette fois, de couleurs noires/blanches ou grises/blanches ainsi que des petits carreaux qui constituent les seuls motifs de cette collection, dominée également par des teintes neutres : blanc, marron, noir et bleu nuit, créant de forts jolis contrastes.

Les silhouettes sont languissantes et décontractées, façonnées par des superpositions et des détails qui favorisent les mouvements, tels les cordons ou les boucles comme ici sur un blouson de travailleur retenant une manche surdimensionnée afin de créer une sorte de plissé.

© Photos : Chalayan

Alexander McQueen – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Cette saison, Sarah Burton a préféré de montrer sa nouvelle collection pour Alexander McQueen sous forme de présentation intime au lieu d’un traditionnel défilé.

Tenue dans l’enceinte de la Chartreuse de Londres, un sublime édifice médiéval situé à l’est de Londres, la collection est en quelque sorte un échange subtil entre la garde-robe féminine et celle de l’homme.

De multiples influences traversent la collection. Il y a tout d’abord le Japon pour évoquer la période au cours de laquelle Burton et Lee McQueen se rendaient au pays du Soleil levant pour des voyages d’inspiration. Ici, un dragon se déploie majestueusement sur les manches d’une veste de bombardier ou brodé aux fils d’argent au dos d’une autre veste; là, des cerisiers, également brodés, fleurissent tout en beauté sur une longue écharpe et sur les ourlets d’une chemise. Il y a aussi des motifs floraux abstraits inspirés des jardins zen peints à la main sur un magnifique costume de couleur crème ou sur le devant d’une chemise.

Sarah Burton rend également hommage à la tradition du tailleur de Savile Row et à la broderie anglaise, où le souci du détail poussé à l’extrême est saisissant. Exemple : ce magnifique manteau en soie noire, serti de broderies argentées et de cabochons éblouissants ou encore ce long manteau noir construit avec des couches de volants en ruban. Ces derniers ont été fabriqués à partir de tissu en surplus des saisons précédentes, un clin-d’œil aux ambitions de développement durable de la maison.

Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'
Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'
Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'
Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'
Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'
Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'
Alexander McQueen - Printemps-Été 2020 - London Fashion Week Men'

© Alexander McQueen

8ON8 – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Soutenu par le magazine GQ Chine, le label 8ON8 de Gong Li fait partie de la jeune génération de créateurs chinois qui défilent aux fashion weeks de l’Occident pour promouvoir l’industrie de la mode de l’Empire du milieu.

Inspirée par l’épisode “San Junipero” de la très populaire série “Black Mirror” de Netflix – considéré comme le plus bel épisode de cette troisième saison, “San Junipero” raconte, fait surprenant, une histoire d’amour utopique entre deux jeunes femmes qui s’aiment… jusqu’à la fin des temps – la collection de Gong Li se glisse dans un univers plein de douceurs, comme l’épisode qui a séduit nombre de spectateurs avec son ton délicat et sentimental.

Des couleurs pastels, tels le lilas, le vieux rose, le jaune pâle, dominent la collection, à côté d’autres couleurs plus appuyées comme le violet, le vert, le marron et les bleus pour créer un jeu très intéressant de contrastes. Ce goût pour la dissonance se confirme également dans la construction : ici, une longue tunique est associée à un short, là un débardeur fait d’anneaux en métal se superpose sur un autre débardeur plus long en soie.

© Photos : 8ON8

Charles Jeffrey LOVERBOY – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Le créateur d’origine écossaise Charles Jeffrey Loverboy continue de référer à la littérature pour faire parler ses créations et livrer sa réflexion sur la société. Cette fois, ce n’est une oeuvre littéraire classique mais le temple des savoirs, la British Library, qui abrite la vaste collection de livres du roi George III de devenir l’instigateur de ses inspirations.

Dans ce lieu qui est, disait-il plus tard, “un excellent correcteur d’égalité. n’importe qui peut venir ici et être armé de connaissances”, Charles Jeffrey Loverboy a fait défiler des silhouettes inspirées du punk des années 70 et de la culture pop au début des années 80. Pour l’écossais, le calme et la solennité du lieu, contrastant avec ses silhouettes excentriques, servent à canaliser la tension frénétique de la vie quotidienne et à radoucir “nos coeurs et nos esprits débordés”.

Les points forts de la collection incluent, entre autres, un imperméable noir en cuir verni au col rose contrastant, un ensemble à larges rayures bicolore orné d’oiseaux peints à la main ou en denim avec des motifs abstraits. Quand plusieurs pièces témoignent l’affection du créateur pour l’excentricité, d’autres affichent son côté pragmatique et plus commercial, tels cette chemise à l’imprimé cœurs, ce costume à larges carreaux ou encore ce chandail noir orné d’un magnifique paysage coloré.

© Loveboy

Liam Hodges – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Des motifs colorés et abstraits, des formes de couleurs géométriques ainsi que beaucoup de rayures sont les premières choses qui sautent aux yeux lorsqu’on observe la nouvelle collection de Liam Hodges pour la saison prochaine.

Le créateur, voulant explorer cette idée du “bas de gamme de la technologie”, a travaillé avec l’artiste Alfie Kungu pour créer ces motifs qui éclaboussent joyeusement les pièces aux silhouettes amples et fluides.

Il se sert également de la déconstruction pour aboutir à des interprétations très intéressantes du contraste des matières et des motifs. Tout ce jeu de dissonance donne à l’ensemble une très forte émotion visuelle qui ne laisse personne indifférente.

© Photos : Liam Hodges

Nicholas Daley – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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La mode et la musique sont deux univers intrinsèquement liés. Nicholas Daley l’a parfaitement compris, lui qui se baignait dans la musique depuis l’enfance puisque ses parents – l’un est écossais, l’autre jamaïcaine – dirigeaient un club de reggae dans les années 80. Cela va de soi que la musique est omniprésente pour devenir un élément essentiel dans ses collections.

Il a ainsi invité le groupe de jazz britannique Sons of Kemet qui se performe non seulement en live mais défile, vêtu bien entendu de ses créations pour Printemps/Été 2020.

Ses inspirations pour cette saison se trouvèrent naturellement dans la musique, notamment dans le très influent groupe de jazz américain Sun Ra Arkestra. Ainsi, les inspirations afro-futuristes de ce groupe dont le fondateur Sun Ra décéda en 1993 prennent corps sur bon nombre de pièces comme les exubérantes chemises tie-dye, les bonnets épais et les larges rayures à connotation bien africaine.

Iceberg – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Ce n’est un secret pour personne ! La mode est un terrain de jeu pour les créateurs qui s’adonnent à cœur joie pour mettre en scène leurs fantasmes et leur monde imaginaire.

La nouvelle collection de James Long pour Iceberg est justement le prolongement de son univers fantaisiste peuplé de figures ludiques, de personnages du Pop art et de la culture populaire, tels Mickey Mouse et Looney Tunes.

Hautement colorée, la collection est l’occasion pour le créateur de réunir les racines italiennes de la marque, l’excentricité londonienne et son héritage punk. Quand le logomania ne triomphe pas en all-over ici sur une chemise, là sur un blouson teddy léger, les graphismes Pop art de l’artiste Peter Blake, Mickey et Looney Tunes prennent possession bon nombre de pièces, répandant une humeur tonique et palpitante à la collection.

Alors que l’accent est mis sur une euphorie visuelle, les silhouettes, elles, restent largement dominées par le sportswear.

© Photos : Iceberg

John Lawrence Sullivan – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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L’ancien boxer, reconverti en créateur de mode, Arashi Yanagawa continue de frapper très fort avec la nouvelle collection Printemps/Été 2020 pour son label John Lawrence Sullivan.

Le créateur investit de nouveau le même lieu souterrain, situé à l’est de Londres, qui servait déjà la saison passée de décor pour sa précédente collection. Dans ce lieu underground et avec à l’arrière plan, la performance en live de Dicepeople, un groupe londonien de dark électro, John Lawrence Sullivan continue de faire l’apologie de son obsession pour la musique industrielle.

Il se sert alors des classiques de la garde-robe de l’homme moderne pour exprimer de manière très forte sa passion pour la musique underground. Il les revisite dans une déconstruction parfaitement maîtrisée : ici, un pantalon en cuir coupé en deux au niveau des genoux puis reconstruit par des lanières, là un chandail oversize porté comme un poncho ou encore ce trench surdimensionné aux épaules exagérées muni des fermetures zippées notamment au niveau des manches et sur le devant.

© Photos : John Lawrence Sullivan

HLA x AEX by JD.com – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Dans le but de promouvoir l’industrie de vêtements chinoise en Occident, notamment de la mode soi-disant haut de gamme, HLA, leader de la mode masculine en Chine, a amené sa ligne premium AEX à la London Fashion Week Men’s.

Avec le soutien de JD.com, AEX fait ses débuts à Londres avec cette collection intitulée “Made in China” qui fait la part belle aux costumes. L’ensemble de la collection reste très classique, revisitant les costumes à deux boutons, croisés et les smoking dans des tissus qui restent très standards (carreaux et rayures). La palette de couleurs, elle aussi, présente peu d’originalité, seyant parfaitement à des looks pour bureau. On note toutefois une certaine décontraction qui sauve de ces silhouettes de la rigidité, tout en y insérant quelques influences sportswear aperçues ici et là dans l’association de pantalon de jogging à cordon à une veste, des sneakers ou une coupe-vent à capuche aux costumes.

© Photos : HLA

JordanLuca – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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JordanLuca, le label derrière lequel se cache le duo de designers Jordan Bowen et Luca Marchetto, livre une réflexion avant-gardiste sur le respect de l’environnement et les menaces, liées notamment aux déchets et à l’inconscience des êtres humains, qui pèsent sur cette question.

Ainsi, des imprimés d’invasion de rats envahissent les manches ou en all-over sur des chemises; un graphique en trois dimensions d’un sac rempli de déchets orne le devant d’un t-shirt ainsi que des effets abstraits illustrant l’amoncellement des déchets humains préconisent le devenir de notre planète si l’on continue toujours sur cette trajectoire.

© JordanLuca

Kiko Kostadinov – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Connu depuis longtemps pour son approche méticuleuse de la mode, le créateur bulgare Kiko Kostadinov met à jour le vestiaire équestre avec une nouvelle vision rétro-futuriste où les couleurs jouent un rôle essentiel.

Inspiré par la célèbre course hippique Kentucky Derby qui se déroule chaque année au mois de mai sur l’hippodrome de Churchill Downs, à Louisville, dans le Kentucky aux États-Unis, mais aussi par l’épisode éponyme de la série 7 jours de Netflix qui dépeint les intenses préparations pendant plusieurs mois des jockeys, entraîneurs et chevaux pour deux minutes de gloire, Kiko Kostadinov revisite les tenues de course du jockey avec des empiècements contrastants colorés. Les coupes impeccables et des imprimés graphiques y participent pour donner à l’ensemble un regard tout à fait contemporain au vestiaire équestre.

À cette occasion, le créateur a également collaboré avec asics – la collaboration avec asics en est à sa cinquième saison – et Camper. Les deux marques ont imaginé pour Kiko Kostadinov plusieurs modèles de chaussures dont des hautes bottes d’équitation en cuir pour Camper et des sneakers à empiècements pour asics.

Edward Crutchley – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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« Nostalgie, quand tu nous tiens !« . Edward Crutchley, lauréat du Woolmark Prize 2019 en février dernier, est pris de nostalgie et nous transporte dans les années 80, début des années 90, pour « encenser » d’une certaine manière une Grande-Bretagne bourgeoise. Cependant, cette nostalgie est loin d’être méprisante, elle est teintée d’une certaine malice et légèreté. Ainsi, le créateur la revisite, en plaçant notamment le chintz sur le piédestal. Ce motif floral typiquement British se décline à l’abondance sur des pièces en soie, en jacquard, en taffetas ou encore en Lurex.

Edward Crutchley se sert de l’opulence de ce motif pour “pleurer le déclin du floral britannique”, selon la note de la collection. Le créateur invite également quelques habitants de la Nature, tels les perroquets qui sont peints à la main sur les mocassins ou les slips de bain. Il utilise aussi quelques effets de drapé afin de donner du volume à l’ensemble.

E. Tautz – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Le rétro a toujours la côte chez les créateurs et l’on se plaît à penser qu’ils aiment se ressourcer dans les décennies 70 et 80, ces années où la mode fleurait bon la liberté et l’insouciance, pour livrer un message d’optimisme dans un monde où les conflits qu’ils soient politiques ou économiques n’ont jamais cessé.

C’est dans cet esprit que Patrick Grant de E. Tautz a présenté sa collection Printemps/Été 2020. Les silhouettes sont à la fois décontractées et sophistiquées, lesquelles ressentent fortement les influences des années 70 et 80.

Inspirée par les papiers peints et les tissus d’ameublement des photos de Tish Murtha, une photographe documentaire britannique, connue pour ses photos réalistes dépeignant la dureté de la vie ouvrière de Newcastle dans les années 80, la collection fait la part belle aux tons chauds : rouille, orange, bordeaux et différentes teintes de bleu. Les silhouettes sont décontractées, soulignées par les épaules tombantes, pantalons larges plissés, chemises en popeline ouvertes, du chandail spacieux ainsi que des shorts de différentes longueurs qui sentent bon la nonchalance. Les motifs sont également d’un brin rétro, avec des figures et lignes géométriques, des carreaux et des imprimés floraux.

MÜNN – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Rencontre entre l’Orient et l’Occident, association de formelle et décontractée pour MÜNN du créateur coréen Hyun-min Han.

Le lauréat du prix BEST DESIGNER AWARD de la SEOUL FASHION WEEK l’an dernier joue ainsi avec les contraste de matières (tissus traditionnels / tulle transparent; denim / satin), de textures et de couleurs pour infuser une certaine ambiguïté de genres dans ses silhouettes. Il mise également sur les différentes proportions ainsi que sur la déconstruction (les manches d’un long blazer à rayures ont été retournées pour laisser apparaître les coutures; ou les liserés et surpiqûres blanches sur des pièces sombres) pour souligner le goût pour les détails surprenants de celui qui a notamment fait ses armes chez Wooyoungmi.

Qasimi – Printemps/Été 2020 – London Fashion Week Men’s

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Qasimi, le créateur originaire des Emirats Arabes Unis, servait de sa collection pour délivrer un message politique – et il est loin d’être seul – qui se veut être positif et optimiste face aux tensions au Moyen-Orient.
Cet esprit de positivité passe d’abord par l’odorat où une dizaine de tonnes de marc de café a été utilisée pour préparer la piste du show qui crée une atmosphère poétique et d’éveil de sens. Quant aux vêtements, ils servent de relais pour Qasimi d’exprimer son espoir de voir un jour la paix et la bonne entente entre les peuples s’installer dans cette partie du monde.

Les vêtements sont ainsi décontractées, avec des coupes plutôt amples et épurées. La fluidité règne donc en maîtresse sur ce vestiaire idéal pour résister à la chaleur, aidée en cela par une palette neutre, dominée par des couleurs de sable et quelques teintes pastels.