Henrik Vibskov

Henrik Vibskov – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Henrik Vibskov - Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Cette saison, chez Henrik Vibskov, l’inspiration vient d’un endroit plutôt inattendue. Le créateur Danois, après la cuisine et la chambre, trouve ses inspirations dans la salle de bain pour sa 38ème collection présentée à Paris.

Le cadre et les rituels au quotidien qui ont lieu dans cette petite espace intime se reflètent de différentes manières dans la collection. Ici, la texture brillante d’un biker et d’un imperméable renvoie à celle d’un rideau de douche sous l’effet de la lumière renvoyée par une ampoule; là, un tirage de fleurs photographiées à travers un miroir brumeux a été imprimé en all-over sur des chemises, des t-shirts et des pantalons quand ce n’est pas le mot “HOT” (probablement un clin-d’œil à l’eau chaude) de se retrouver sur un chandail ou une écharpe.

Et dans une démarche écologique, la collection (95% des looks) de Henrik Vibskov est, selon le créateur, confectionnée à partir des matières recyclables comme des bouteilles en PET 100% recyclées.

© Photos : Henrik Vibskov

Henrik Vibskov – Automne/Hiver 2019 – Paris Fashion Week

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Une longue installation cinétique, composée de nombreux arcs orangés, ondule légèrement au milieu de la piste, au gré de la brise et de mouvements provoqués par des jardiniers marchant à l’intérieur. Ces derniers transportent des bidons en céramique, s’occupant des radis qui y poussent, des radis cultivés dans le studio Henrik Vibskov à Copenhague.
Des radis, et par extension la nature et l’agriculture urbaine en intérieur, sont le thème de la collection, intitulée “The Radish Arm Charm”, de Henrik Vibskov pour l’hiver prochain. Ce thème de la nature se retrouve dans les imprimés floraux, dans le style des fleurs de Liberty London, qui fleurissent sur des chemises et des chaussures. Tout comme dans ces petits bouquets de fleurs séchées épinglés sur des revers de chemises, collés sur le visage des modèles, ou dans ces fleurs dessinés sur le cou et sur les pieds. Le créateur danois continue sa réflexion sur l’importance de la sensibilisation à l’environnement via un magnifique paysage de champ, incluant des moutons, des loups ou des chiens et l’astre lunaire, sur un chandail et des broderies reprenant les termes du vocabulaire du milieu naturel : “Rain”, “Moon”, “Growing”… Ces broderies courent en vertical tout au long d’un pantalon et d’une chemise, clin-d’œil probable au concept d’agriculture verticale, de plus en plus prisée en milieu urbain.

Henrik Vibskov – Printemps/Été 2019 – Paris Fashion Week

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Invisible mais facteur essentiel à toute forme de vie. Sans lui, la vie n’existerait probablement pas. Il est notre ami, mais en d’autres circonstances, peut devenir très rapidement notre ennemi. Le vent, bien loin d’être un élément menaçant, s’acoquine ici avec Henrik Vibskov qui le met en scène, dans sa collection, de différentes manières. D’abord, par les imprimés qui prennent ici des formes spirales, de parachutes, de vagues, de boomerang, d’avions en papier et de savons. Ces derniers prennent forme tantôt sous l’apparence d’une tête de personnage à l’apparence japonisante, tel un masque, tantôt sous forme de lettres qui s’impriment sur des pièces en motif all-over ou en taille XXL.
Pour accompagner ces motifs ludiques, les silhouettes se veulent décontractées, sans être oversize. L’influence du workwear est assez palpable avec des combinaisons déclinées en plusieurs coloris, de blouses de travail, de blousons multi-poches tandis que les références aux codes stylistiques japonais sont aussi visibles à travers par exemple cette blouse légère inspiré probablement d’un kimono et des sandales qui imitent celles de paille de riz de l’ère Edo.

© Henrik Vibskov

Henrik Vibskov – Automne/Hiver 2018-2019 – Paris Fashion Week

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Lors d’un voyage au Japon et de passage à Kanazawa, sur l’île japonaise centrale d’Honshū, réputée pour ses quartiers bien préservés datant de l’époque d’Edo, Henrik Vibskov est ému par l’oeuvre “The Man Who Measures the Clouds” (L’homme qui mesure les nuages) de l’artiste belge Jan Fabre, exposée au Musée d’art contemporain du XXIe siècle de cette capitale de la préfecture d’Ishikawa.
De cette statue dorée montrant un homme juché sur un escabeau de bibliothèque, droit comme un i, les bras levés au dessus de sa tête, tenant dans les mains une règle – l’oeuvre qui est aussi un double de l’artiste symbolise l’obsession de l’homme de toujours tenter l’impossible – a abouti à une collection très graphique qui questionne sur la manie de nombres de l’être humain.
Le créateur danois traduit cette obsession en jouant avec des imprimés graphiques colorés. Carreaux, losanges et rayures dans une version oversize s’alignent côte à côte avec des motifs plus abstraits ou des côtes surdimensionnées sur des tricots qui semblent provenir d’un autre système de mesure. Moins abstraits sont des chiffres figurés sur une écharpe noir et jaune ou incarnés en deux personnages brodés inversés sur un sweat.
Plus commerciale que les saisons précédentes, la collection présente des silhouettes audacieuses et fluides où domine fortement le workwear en la présence de certaines pièces en denim multi-poches, de chemises larges dans un bleu travailleur ou ces ensembles à poches surdimensionnées de couleur jaune safran et bleu de minuit.

© Photos: Henrik Vibskov

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