Défilé

DIOR Men amène sa collection Resort 2023 sur Venice Beach, en Californie

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Dior Men Resort 2023

Venice Beach a une puissante image évocative pour Kim Jones, lui qui a grandi à Londres dans les années 80 et 90, regardant et écoutant les vidéos et musique de No Doubt, puis passé une partie de son adolescence à Los Angeles. Pour la collection Resort 2023 de DIOR Men, le Britannique a amené tout son monde dans ce lieu emblématique de l’Ouest de Los Angeles, berceau du mouvement hippie, du surf californien, du roller skate, et terre de Jim Morrison et des Doors.

Quand j’ai grandi en Angleterre, Venice Beach était un fantasme où tous les enfants étaient cool, et Eli est l’un des enfants cool”, a déclaré Jones à WWD à propos de la collection qu’il a conçue avec Eli Russell, directeur de création du label basée à Los Angeles ERL, guest-designer de cette collection Resort.

Nous avons collaboré avec différentes personnes pour nos collections DIOR, mais cette fois-ci, je voulais procéder d’une autre façon, en portant un autre regard sur la Maison. J’ai ainsi souhaité travailler avec Eli Russell Linnetz dont j’admire la créativité; et voir les choses du point de vue de jeune designer était incroyablement inspirant. C’était à la fois simple et révélateur; cela a confirmé la raison pour laquelle nous rêvions tous les deux de travailler dans la mode”, s’est-il également exprimé dans un communiqué de presse.

La collection, intitulée California Couture, a eu lieu dans une rue qui mène vers le célèbre front de mer de Venice Beach, surplombée par le panneau de signalisation historique “Venice”, très appréciée des touristes et lieu de brassage de tous les genres et d’influences culturelles.

Fusionnant l’art, la vie et la mode, la collection est un dialogue créatif entre deux créateurs talentueux où des silhouettes apparaissent et unissent le savoir-faire de la haute-couture parisienne à la pop culture californienne.

Ainsi, les codes de DIOR ont été réinventés et vivifiés par Eli Russell Linnetz, natif de Venice Beach. Ce dernier détourne les motifs de la Maison, à l’instar du cannage transformé en matelassage – de satin et de cuir – sur les baskets du skate ou sur des pantalons incrustés de cristaux.

Dialogue entre deux styles, d’un côté l’élégance parisienne et de l’autre, la décontraction de l’est de la Californie, la collection met également en avant la précision du tailoring, fruit de l’excellence des ateliers DIOR, par opposition à la sensibilité quotidienne, décontractée et nonchalante de Los Angeles. De ce fait, des pièces matelassées réalisées en polyester upcyclé à partir de débris recueillis dans l’océan font écho aux archives de Gianfranco Ferré pour DIOR, tout comme les schools blazers et le gris, couleur si chère à Christian Dior, sont autant des hommages à la première collection de Kim Jones pour la Maison.

Nous nous sommes inspirés des archives DIOR à partir de mon année de naissance, 1991. C’était la période Gianfranco Ferré, qui était alors le directeur artistique de la maison. Cette partie de l’histoire de DIOR nous semblait la plus rafraîchissante, à Kim et à moi. L’idée de “Maximalisme” vient de là et de mon univers – un mélange de chaos et de perfectionnisme. Une collision de moments croisant les époques historiques et contemporaines rythment la collection; des rencontres spatiales et intergénérationnelles”, s’est exprimé Eli Russell Linnetz dans les notes de la collection.

Des shorts aux couleurs vives inspirés du surf et du skate, des chaussettes tube logo, tous ornés de paillettes et de broderies, d’élégants chapeaux voilés, des colliers rivière de diamants ainsi que l’héritage maroquinier de la Maison revisité à travers une nouvelle version du Saddle réinterprété en une précieuse « minaudière masculine” complètent la collection et expriment justement le dialogue créatif de ces deux mondes si opposés mais qui arrivent à trouver un terrain d’entente magnifiquement exprimé.

© DIOR Men

GUCCI défile à Pouilles pour sa collection Croisière 2023

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Alessandro Michele et son équipe créative chez GUCCI ont amené, après la Promenade des Alyscamps à Arles, une ancienne nécropole, et les musées du Capitole de Rome surplombant les Forums impériaux, leurs invités à un endroit plus inattendu, au majestueux castel del Monte, dans les Pouilles, pour présenter la nouvelle collection Cruise de la maison italienne.

Perché sur une colline, le château du XIIIᵉ siècle construit par l’empereur du Saint Empire, Frédéric II de Hohenstaufen, est illuminé par une pleine lune – l’éclipse lunaire a eu un jour plus tôt, une “pure coïncidence”, selon Michele – et d’images de cartes de constellation antiques et d’étoiles filantes.

Je cherchais un lieu qui rende grâce au mythologique”, a -t-il expliqué à Vogue. “C’est un site où les mesures et les proportions se croisent comme par magie, de la même manière que les mesures des cols et des vestes peuvent être en quelque sorte magiques.

Intitulée Cosmogonie, sa collection est une ode vibrante à Walter Benjamin, le grand philosophe allemand, auteur des Thèses sur le concept d’histoire, son dernier texte rédigé à Paris, en 1940, peu avant qu’il ne mette fin à ses jours.

Benjamin, après tout, est un collectionneur de citations. Il les découvre des profondeurs de la mer et il les ramène à la surface de l’eau, comme des perles rares et précieuses. Il les réassemble, comme des lambeaux de pensées qu’il s’agit de recomposer, de reconstruire, d’actualiser. Renouer les nœuds par un remodelage passionné, dévoiler les interrelations et les articulations. Une telle capacité extraordinaire à éclairer des connexions, qui seraient autrement invisibles, fait de Benjamin la figure paradigmatique de ceux qui pensent en constellations. Un terme qu’il transforme en concept philosophique. Ce qui peut sembler, à première vue, atomisé et dispersé, comme les étoiles dans le ciel, à travers les yeux de Benjamin devient un assemblage de complicité : une structure connective qui éclaire les ténèbres à travers l’épiphanie d’une constellation”, a écrit Alessandro Michele dans les notes du show.

En référence à la pensée de la constellation de Walter Benjamin, un concept consistant à réunir le passé et le présent en un seul, la collection est constellée de références médiévales, de motifs graphiques, comme les rayures, les bandes verticales, les motifs arlequin ou pois de taille conséquente, déclinés dans différentes couleurs, de matières en lamé argenté scintillant, de la fausse fourrure noir et or ainsi que de des constellations de cristaux qui viennent orner des shorts en jean, apportant de l’éclat même aux vêtements les plus banals.

© GUCCI

Thom Browne transforme New York en « île des jouets » pour l’Automne/Hiver 2022

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Vendredi soir à New York, Thom Browne a programmé son défilé Automne/Hiver au deuxième étage du Javits Center, un centre de conférences situé à Manhattan – il a décalé sa collection pour mieux s’associer à l’exposition In America : An Anthology of Fashion de son partenaire Andrew Bolton au Costume Institute du Metropolitan Museum of Art qui devrait commencer le 07 mai.

La collection a servi de lettre d’amour à la ville de New York qui, dans les yeux du créateur, “est la ville des jouets et que tout le monde vient ici pour se retrouver ou se créer… C’est un endroit où vous pouvez être fidèle à vous-même et confortable. Cette collection, d’une manière très forte, je voulais célébrer cela”.

La collection est basée sur des jouets… Les adultes viennent au spectacle pour trouver leur jouet correspondant, et leur jouet correspondant est leur vrai moi. D’une certaine manière, parce que les jouets de la collection sont si individuels et uniques à ce qu’est l’objet, je pense que cela représente chaque individu comme un individu unique et véritable”, a-t-il ensuite expliqué.

Les 24 premiers looks sont des versions signature de la couture de Browne, avec des kilts plissés aux motifs pied-de-poule et à carreaux, des pulls en grosse maille torsadée aux rayures tricolores, et beaucoup de costumes gris avec passepoil et panneaux dans des couleurs vives et collégiales. Les 24 looks suivants étaient leurs reflets “conceptuels”, conçus avec une fantaisie et un savoir-faire exceptionnel pour exprimer l’individualité et l’authenticité de l’expression de soi.

© Thom Browne

Ralph Lauren revient sur le podium dans un défilé Automne/Hiver 2022 décontracté

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Plusieurs semaines après la fin de la New York Fashion Week, Ralph Lauren fait son retour sur le podium – une première depuis 2019 – avec une collection co-ed tenue au Museum of Modern Art.

Les collections Ralph Lauren pour femmes et Purple Label pour hommes, conçues avant l’éclatement de la guerre en Ukraine, selon les notes du show, mettent en avant nombreuses de ses signatures célèbres, les ramenant à l’intemporalité et l’élégance new-yorkaises.

© Ralph Lauren

JACQUEMUS largue ses amarres à Hawaï pour Printemps/Été 2022

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Après le champ de lavande de Provence, le champ de blé du Val d’Oise et les calanques marseillaises, Simon Porte Jacquemus, habitué à nous éblouir avec ses défilés dans des décors pittoresques et bucoliques, nous amène cette fois loin, très loin, en dehors de l’Hexagone, dans l’archipel d’Hawaï pour dévoiler sa nouvelle offre printanière 2022.

“Les îles d’Hawaï, avec leurs paysages impressionnants, leurs climats variés et leur biodiversité indicible, se sont imposées comme le complément parfait de l’exubérante collection ‘Le Splash’”, écrit Simon Porte Jacquemus à propos du défilé dans un post partagé sur Instagram.

Le long d’une plage de l’île d’Oʻahu, avec en arrière plan la majestueuse chaîne de montagnes Ko’olau, un long tapis bleu a servi de podium pour la collection de JACQUEMUS, appelée à juste titre Le Splash – le défilé a été retardé d’une heure environ, en raison de la pluie.

Inspirée par Hawaï, ses couleurs, sa culture, mais aussi sa vie marine fragilisée notamment par le tourisme et le changement climatique, la collection fait la part belle à une palette estivale par excellence, avec des vert fluo, beige safari, bleus océan, pêche sorbet, citron, orange ou encore rose flamant. Les silhouettes sont bien entendu décontractées, incluant des débardeurs en tricot, des combinaisons déconstruites, des vestes de costume avec la double fermeture éclair inspirée de l’équipement de surf, des gilets de sauvetage transformés en gilets matelassés, des shorts cargo, des robes en tricot, des salopettes ainsi que de nombreuses pièces toutes prêtes pour la piscine.

Jacquemus a également présenté une nouvelle collaboration avec l’artiste Tanya Lyons, conçue pour ressembler à des gouttelettes d’eau. Ces embellissements en verre ont ensuite été appliqués en cascade sur plusieurs pièces, notamment des costumes.

© JACQUEMUS

CELINE – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Hedi Slimane a repris sa caméra et son appareil photo pour shooter la vidéo et les photos de sa collection Automne/Hiver pour la maison CELINE – la campagne a été tournée à Paris tandis que les photos prises dans la mythique salle Olympia de Paris, le plus ancien music-hall de la ville.

Intitulée “Boy Doll”, la collection puise ses inspirations dans le glamour-punk, un hommage certain à cette salle mythique qui a vu passer sur sa scène certaines des rock stars les plus célèbres au monde, notamment Jimi Hendrix, les Beatles, les Rolling Stones, David Bowie et récemment The Strokes.

La collection fait la part belle aux sequins, aux paillettes et aux franges qui ornent des débardeurs transparents, des vestes en cuir surdimensionnées, des ponchos, des costumes, des paires de leggings et même un trench-coat. Certaines pièces présentent même des plumes sensationnelles ou des fausses fourrures étincelantes.

Les touches glam punk se sont poursuivies avec des bijoux en strass “BOY DOLL”, ainsi que les nouvelles lunettes de soleil “CELINE Moon” que portent tous les mannequins.

© CELINE

GIVENCHY – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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À quoi ressemblerait le vestiaire post-pandémique de l’homme ? Pour l’Automne/Hiver 2022-2023, la réponse de Matthew M. Williams, le directeur artistique de GIVENCHY, semble être toute trouvée. Un retour à l’élégance iconique de la maison et à une certaine nonchalance chic teintées de streetwear introduit, il y a une dizaine d’années, par Riccardo Tisci dans les codes de la marque.

Je voulais vraiment créer une synthèse d’une féminité puissante et sophistiquée, avec un jeu de multiples influences américaines et parisiennes, du sport et de l’artisanat”, a écrit Matthew Williams dans les notes du show. “À côté d’elle se tient un homme contemporain avec un instinct de nonchalance chic. Sur la piste, les deux sont fondés sur un sens de la réalité.

Pour ce faire, Matthew Williams applique la sensibilité de la haute couture aux vêtements et silhouettes de tous les jours ; c’est une élévation de l’ordinaire à l’extraordinaire, tout en garantissant que les pièces sont fonctionnelles pour un usage quotidien.

Pour les hommes, cela se traduit par des silhouettes accrocheuses, composées essentiellement de t-shirts graphiques, de sweats – certains sont crop top – de débardeurs, de pantalons cargo coupés larges ou en cuir, de blousons bombardier, de vestes et de manteaux surdimensionnés, où joue pleinement la superposition.
La palette, elle, reste plutôt sombre et terreuse avec des marrons, des verts, des gris, des beiges et des noirs.

En hommage au défunt fondateur de la maison, des éléments des archives de haute couture d’Hubert de Givenchy imprègnent la collection, réinventée pour 2022. La quincaillerie devient bijoux, ou un imprimé ocelot retravaillé de 1955 est également puisé dans les archives de la maison, appliqué de façon surteinte sur des vêtements d’extérieur masculins.

© GIVENCHY

Kenneth Ize – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Depuis son premier défilé parisien à la veille de la pandémie, lorsque la top Naomi Campbell clôturait son défilé dans une tenue en tissu rayé aso oke, le créateur autrichien d’origine nigériane Kenneth Ize voit la lumière braquer sur lui et sur ce matériau traditionnel tissé à la main au Nigéria devenu désormais célèbre.

Avec sa nouvelle collection tenue au 3537, nouveau pôle culturel et créatif au cœur du Marais, Ize célèbre de nouveau ce tissu issu de l’artisanat nigérian aux rayures colorées.

Avec ses vestes rayées, ses costumes à franges et ses silhouettes entre modernité et tradition, la collection Automne/Hiver 2022 du créateur émergent, finaliste du prix LVMH 2019, propose un vestiaire d’une sobriété élégante dans les coupes, mais largement expressif dans les matières et associations de couleurs.

© Kenneth Ize

LANVIN – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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La collection Automne/Hiver 2022 de Bruno Sialelli pour la maison LANVIN était une leçon d’harmonie des contraires. Reposant sur la beauté de la contradiction : douceur s’opposant à la férocité, nostalgie au modernisme, sombre à clair, opacité à la transparence, structure à la fluidité, la collection salue la quintessence de l’héritage de Jeanne Lanvin.

Pour les hommes LANVIN, Sialelli propose cette saison des costumes ton sur ton, des pièces outerwear aux couleurs vives – le plus souvent associées à d’autres aux teintes contrastées – des imprimés aux influences Art Déco, des vestes en fausse fourrure, ainsi que de somptueux ensembles aux motifs fleuris qui ne passent décidément pas inaperçus.

© LANVIN

Valentino – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Le rouge est certainement la couleur signature de la maison Valentino, mais il a dû reculer un pas en arrière cette saison pour laisser la place à un magenta intense, appelé “Pink PP”, une nouvelle couleur Pantone créée par Pierpaolo Piccioli lui-même.

Le rose est une couleur que j’aime beaucoup, et c’est aussi une couleur qui peut avoir différents côtés”, a expliqué Piccioli, notant à quel point elle peut être douce, sexy, puissante et rebelle.

Cette teinte, créée spécialement en collaboration avec le Pantone Color Institute, imprègne toute la première moitié de la collection (plus de 40 looks) – sur les 32 looks suivents, le noir a dominé la piste, éliminant toute distraction et attirant l’œil uniquement sur les détails.

Quant aux silhouettes, elles restent très structurées et pointues, avec des volumes doux, faisant ressortir le savoir-faire couture de Piccioli et la beauté des détails : broderie de cristal, embellissements floraux en trois dimensions, macramé floral…

© Valentino

BALENCIAGA – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Dans un hangar d’avion froid et sombre à l’aéroport du Bourget, à environ 7 km de la capitale, Demna, directeur artistique de la maison BALENCIAGA, a plongé sa poignée d’invités triés sur le volet dans une énorme tempête de neige.

La compréhension de la tempête de neige peut se faire en deux lectures : la première est le questionnement sur le réchauffement climatique – d’où le titre de la collection “360 degrés” – projetée dans une époque pas très lointaine où la neige n’existera plus, et deviendra une merveille. “Peut-être que dans 50 ans, les gens devront se rendre dans ces endroits pour avoir une expérience artificielle d’une certaine condition météorologique que nous tenons pour acquise”, a-t-il déclaré à Vogue UK.

La seconde lecture renvoie à un paysage cataclysmique d’un monde confronté à la menace d’un hiver nucléaire. Cette projection catastrophique rejoint l’actualité et nous fait immédiatement penser à la guerre actuelle en Ukraine et à la propre expérience personnelle de Demna en tant que réfugié de son pays natal, la Géorgie.

La guerre en Ukraine a déclenché la douleur d’un traumatisme passé que je porte en moi depuis 1993, lorsque la même chose s’est produite dans mon pays d’origine et que je suis devenu un réfugié pour toujours. Pour toujours, parce que c’est quelque chose qui reste en vous. La peur, le désespoir, le fait de réaliser que personne ne veut de vous. Mais j’ai aussi réalisé ce qui compte vraiment dans la vie, les choses les plus importantes, comme la vie elle-même, l’amour humain et la compassion.
C’est pourquoi travailler sur cette collection cette semaine a été si incroyablement difficile pour moi. Parce que dans une période comme celle-ci, la mode perd sa pertinence et son droit réel d’exister. La Fashion Week ressemble à une sorte d’absurdité. J’ai pensé pendant un moment à annuler le défilé sur lequel moi et mon équipe avons travaillé si dur et que nous attendions tous avec impatience. Mais j’ai ensuite réalisé que cela signifierait céder, s’abandonner au mal qui m’a déjà tant fait souffrir pendant près de 30 ans. J’ai décidé que je ne pouvais plus sacrifier des parties de moi à cette guerre d’ego insensée et sans cœur.
Ce spectacle n’a pas besoin d’explication. C’est une consécration à l’intrépidité, à la résistance et à la victoire de l’amour et de la paix,
” s’est-il exprimé dans les notes de la collection.

Une solidarité qui ne s’exprime pas seulement dans les mots, mais aussi dans les faits puisqu’il a placé sur chaque siège des invités un t-shirt surdimensionné aux couleurs du drapeau ukrainien.

Et qu’en est-il de la collection ? La palette de l’automne 2022 est principalement sobre, s’ouvrant principalement sur du noir, du gris et du marron avant d’introduire une touche de blanc, quelques touches de couleurs vives et d’autres imprimés accrocheurs. Les silhouettes sont plutôt amples, une signature de Demna, quand d’autres, légèrement plus ajustées. La gamme comprend une variété réinventée de vestes en cuir, de bombardiers, de denim et de vestes de survêtement dont la plupart s’enfilent par la tête. Certains modèles portant juste un t-shirt et un sous-vêtement, enveloppés d’une grande serviette, nous renvoient indubitablement à l’image des réfugiés sur la route de migration forcée, avant que le défilé se termine par deux looks poignants, l’un en survêtement jaune, l’autre en robe bleue avec une longue, longue traîne en forme de drapeau : les deux couleurs incontournables de la nation démocratique et indépendante de l’Ukraine.

© BALENCIAGA

Ann Demeulemeester – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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La maison de couture anversoise Ann Demeulemeester entame sa troisième saison sous la propriété du détaillant italien Antonioli, avec une collection sombre mais très élégante, misant sur une pièce maîtresse : le manteau qui est ici décliné dans de multiples volumes, formes et matières.

Tenue au Couvent des Cordeliers, très prisé pour son architecture gothique, la collection, designée par une équipe interne, la collection met en valeur des lignes épurées et intemporelles, tout en jouant sur le tailoring masculin. En feutre, drap de laine épais, cuir froissé ou en laine peignée, le manteau couvre et protège le corps, souvent effleurant le sol. Il se décline en manteau droit ou croisé, parfois ceinturé à la taille et agrémenté de cols amovibles blancs et des rubans qui virevoltent au gré des pas des mannequins.

L’autre point fort de la collection est le costume revisité dans un esprit décontracté, toujours muni de col blanc détachable qui ajoute aux pièces une touche racée, d’un brin romantique.

© Ann Demeulemeester

Andreas Kronthaler for Vivienne Westwood – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Organisée au cabaret La Nouvelle Eve, construit en 1898, situé au pied de la butte Montmartre, la collection d’Andreas Kronthaler pour Vivienne Westwood a voulu rendre un hommage élégant au monde du théâtre.

Kronthaler a livré une collection captivante qui regorge de références artistiques et de clins d’oeil d’archives, mélangeant les genres et les époques.

Dans un esprit genderless, Andreas Kronthaler joue avec de l’opulence aussi bien dans les matériaux que dans les volumes qui se reflète dans des robes froncées en taffetas ou en satin, des franges scintillantes et fourrures bordant les pièces, des pantalons de survêt décoré d’un motif de losanges Arlequin ou dans des survêts volumineux d’inspiration athlétique avec des cordons de serrage.

L’art est une imitation de la vie; il se tient hors du temps. Il s’agit plus de faire des vêtements que de la mode. Je voulais faire quelque chose de noble et de formel, faire un tableau mouvant, un tableau qui prend vie pour séduire l’esprit à travers les yeux. Vous découvrez la vérité en travaillant et en apprenant quelque chose”, s’est exprimé Kronthaler à propos de sa collection, avant d’ajouter : “Les vêtements sont capables de refléter votre être intérieur, que ce soit le bonheur, l’harmonie, la peur, la gentillesse, la colère et le respect. Mais plus que toute autre qualité, je recherche la légèreté”.

© Vivienne Westwood

Marine Serre – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Pour son premier défilé depuis le début de la pandémie, Marine Serre a choisi la fondation d’art contemporain Lafayette Anticipations, en plein cœur du Marais, pour présenter sa collection Automne/Hiver 2022 “Hard Drive”, organisée conjointement avec une exposition éphémère qui explique comment elle fabrique ses vêtements “régénérés”.

Le premier étage de l’exposition présente les processus de recyclage et la restauration des vêtements en fin de vie de la maison, tandis qu’au second étage, Serre y expose des environnements visionnaires qui ont été inspirés de sa dernière collection. Le troisième étage s’improvise en “musée”, présentant des reproductions piratées de peintures de maîtres anciens. Chacune d’elles a été diversement détournée, remplaçant l’iconographie originale pour faire le lien avec la création de Serre.

Pour sa collection mixte, Marine Serre se penche vers des inspirations punk/rock, avec des articles comme des manteaux assemblés à partir d’écharpes tartan et de laine pied-de-poule qui font un clin d’œil à l’héritage écossais. L’attitude punk s’exprime à travers des colliers et bracelets transformés à partir des boucles de ceinture, tandis que le motif croissant de lune signature de la maison est omniprésent sur diverses pièces. Il y a également une riche gamme de vêtements d’extérieur en jacquard de laine recyclée, en toile de Jouy matelassée ainsi que des imprimés camouflage transformés en vêtements attrayants aux finitions soignées.

© Marine Serre

Ludovic de Saint Sernin – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Tenue à l’Espace Champerret dans le 17e arrondissement de Paris, la nouvelle collection de Ludovic de Saint Sernin a toujours le même mot d’ordre : sexy.

Taille basse, débardeurs transparents, sous vêtements apparents (aussi bien pour homme que pour femme), jeans tatoués du logo de la maison en cristaux, shorts satinés, pantalons en cuir agrémentés du détail œillets signature du créateur, et t-shirt porté à moitié, avec une manche remontée sur l’épaule, la collection reste fidèle à son esthétique audacieuse des années 2000 – on parle alors de l’esthétique Y2K, expression très populaire sur les réseaux sociaux pour parler de la tendance des jeunes, ou des nostalgiques de l’époque, qui s’approprient les genres vestimentaires de la période.

L’idée de départ c’est que cette saison je suis ma propre muse”, indique Ludovic de Saint Sernin.
Entre les vêtements en maille transparente et les sous-vêtements, il y a des silhouettes longues et fluides qui s’apparentent davantage aux “vêtements de jour” traditionnels, mais toujours avec une approche sensuelle et genderless si chère au créateur.

© Ludovic de Saint Sernin

BALMAIN – Automne/Hiver 2022-2023 – Paris Fashion Week

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Le designer Olivier Rousteing a placé sa collection pour la maison BALMAIN sous les signes de protection et de vulnérabilité. Un thème personnel qui lui tient particulièrement à cœur, découlant des jugements méprisants sur les réseaux sociaux dont il était victime suite aux défigurations de son corps après avoir été brûlé par une explosion dans sa maison en octobre 2020.

Rousteign a déclaré dans ses notes du show que sa collection était un “rejet contre les mensonges, la haine et l’agression”, une déclaration qui a malheureusement trouvé un écho dans les récents événements en Ukraine.

Nous sommes bien conscients qu’il se passe des choses plus importantes dans le monde aujourd’hui. Il est difficile de se sentir bien en se concentrant sur les défilés et les vêtements, alors que nous écoutons avec le cœur lourd les dernières nouvelles. Nos pensées et nos prières accompagnent les Ukrainiens. Nous sommes inspirés par leur dignité, leur résilience et leur dévouement à la liberté” a-t-il publié sur les réseaux sociaux peu avant son show. Une déclaration qui rejoint celle développée également dans les notes de la collection : “ces silhouettes n’ont pas été conçues comme une réponse directe à la récente invasion horrible de nos voisins et je n’oserais même pas penser à comparer la souffrance qu’ils traversent en ce moment avec les problèmes que j’ai eus sur les réseaux sociaux. Pourtant, alors que nous regardons les actualités, mon équipe et moi gardons à l’esprit le message de cette collection : unis dans la solidarité, nous pouvons compter sur le pouvoir de l’espoir et de la vérité pour repousser la haine, le mensonge et l’agression.

Et qu’en est-il des propositions sur la piste ? La plupart des vêtements sont conçus comme des armures rembourrées. Des vêtements extérieurs designés comme des gilets pare-balles, des boucliers ou des équipements de motocross sont ici associés à d’autres plus fragiles, coupés dans de la dentelle ou des matières précieuses. Ce contraste saisissant se retrouve dans la palette, opposant des teintes délicates, telles que les blancs, les crèmes et les couleurs pastels, à celles plus sombres comme le noir par excellence.