Défilé

Thom Browne – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Thom Browne - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Les Jeux Olympiques d’été de Tokyo ont peut-être été reportés à l’année prochaine – sous réserve de l’évolution de la pandémie qui ne semble pas affaiblie, l’événement sportif le plus suivi de la planète reste ancré dans l’esprit de Thom Browne qu’il en a fait le thème de sa nouvelle collection.
Cependant, ses Jeux se déroulent non pas en 2021 mais en 2132, quelque part dans l’univers à des centaines de milliers de kilomètres de la terre.

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Dans la vidéo dévoilée pour l’occasion, on y voit le comédien Jordan Firstman et le mannequin Grace Mahary commenter et plaisanter en tant que commentateurs sportifs tandis que les porte-drapeaux et les sportifs alias mannequins descendent les marches du stade du Los Angeles Coliseum – le lieu a été choisi à la fois pour son architecture Art déco et pour avoir accueilli à deux reprises des Jeux olympiques de 1932 et 1984.

Je regardais Chariots of Fire et je suis resté coincé dans les années 1920. J’ai également vu une image de Suzanne Lenglen (championne de tennis française des années 20) dans ses incroyables cardigans à taille basse et jupes plissées”, a déclaré le designer. Il est à n’en pas douter que les silhouettes des années 20 et 30 ont largement influencé la collection de Thom Browne.

L’ensemble de la collection est rendu dans une palette presque entièrement blanche : ivoire, coquille d’œuf, jaune et gris pâles qui se prêtent si bien à la fantaisie du créateur. Les techniques sont toujours aussi minutieuses et témoignent une grande maîtrise tandis que les longues silhouettes sont autant l’occasion pour le créateur de brouiller les genres.

Et pour parasiter encore plus la perception de genres, Thom Browne renverse le positionnement des vêtements sur le corps : veste portée comme une jupe, jupe plissée comme un haut, mettant au défi la portabilité de ses vêtements. Mais ça, c’est une autre histoire !

AMI Alexandre Mattiussi – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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AMI Alexandre Mattiussi - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Le 9, en Chine, est un chiffre de porte-bonheur. En Occident, il est synonyme de générosité, de l’altruisme et de la sensibilité. Le 9 est aussi, chez la maison AMI, un numéro de chance puisqu’elle fête cette année son 9ème anniversaire.

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Malgré une pandémie et des contextes difficiles pour tous les acteurs de la mode, la maison AMI voit son succès se confirmer avec l’ouverture d’une boutique à Shanghai l’an dernier et une visibilité accrue avec la projection de son défilé Printemps/Été 2021 sur le célèbre Time Square à New York.

Pour son premier défilé au calendrier parisien féminin, Alexandre Mattiussi a choisi de faire défiler ses mannequins le long d’un quai pavé de la Seine, sous un ciel humide et la crépuscule déjà bien entamée – il était 20 heures passée et il pleut depuis plusieurs jours à Paris.

S’éloignant du côté plus androgyne de la marque, Alexandre Mattiussi célèbre le style parisien avec des mises à jour détendues et sensuelles de looks des années 70 et 90. Il y avait des shorts amples pour les hommes, des pantalons en cuir verni; des gilets courts sans manches portés à même la peau; des ensembles ton sur ton, incluant chemises oversize, manteaux et shorts larges, dans des teintes audacieuses pour le genre masculin comme le gris de lin, quand d’autres sont plus sobres, tels le camel, le marron, le bleu denim…
Une “collection sophistiquée, mais pas prétentieuse”, selon les propres mots du créateur.

Kenzo – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Kenzo - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Deuxième collection de Felipe Oliveira Baptista pour KENZO. C’est au cœur de la roseraie de l’Institut National de Jeunes Sourds à Paris, dans le 5ème arrondissement, que la collection a été dévoilée, une collection au message écologique, à la fois romantique et sportswear.

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Le créateur portugais de la maison KENZO a choisi de jouer avec l’optimisme, comme la grande majorité de ses confrères et consœurs, avec une palette de couleurs fraîches et des imprimés floraux. Un peu de douceur dans ce monde qui navigue actuellement entre pandémie, conflits et instabilités sociaux et politiques. Douceur qu’on retrouve par ailleurs dans le petit pot de miel du Sacré Cœur posé sur chaque siège des invités – et ils sont tout de même plus d’une centaine à se déplacer, malgré une crise sanitaire accrue chaque jour davantage.

Et ces pots de miel – ce n’est pas par hasard qu’ils soient placés là – renvoient au thème de la collection. “Une ode aux abeilles” où l’imaginaire de l’apiculture est raconté avec beaucoup d’humour et d’énergie.

Dans ce contexte difficile, Felipe Oliveira Baptista a tenu à nous faire voyager dans son monde peuplé de couleurs, de fleurs et de flous (flou dans les formes avec des superpositions de couches dans le même ton; flou dans les motifs: “des coquelicots et hortensias qui pleurent”, décrit le créateur), tout en adaptant les caractéristiques utilitaires et de protection de ses silhouettes enveloppantes.

Le monde est perdu et chacun essaie de retrouver du sens, de l’ordre. Mais comment apporter des réponses dans ce contexte que personne ne comprend ?”, questionne le designer dans dans le journal de la collection de 36 pages distribué aux invités. Sa réponse pour les hommes se retrouve dans les capes et voiles de protection, dans de superbes costumes en coton souple, dans des coupe-vent style ikat, dans des gilets à poches multiples, dans des pulls transformés en tablier ou encore dans des gilets de gentlemen pêcheurs rallongés jusqu’au genou.
Une mode adaptable et pratique, idéale dans ce monde en plein chavirage où presque tous les repères ont été brouillés.

Balmain – Printemps/Été 2021 – Paris Fashion Week

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Balmain - Printemps-Été 2021 - Paris Fashion Week

Parmi les dix-huit défilés physiques que compte, cette saison, la Paris Fashion Week, il y a la maison Balmain qui investissait, au mercredi soir, le Jardin des Plantes riche de quatre siècles pour un show grandiose, peuplés de célébrités, de filles aux longues jambes et de garçons haltérophiles.

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Devant un front-row où l’on trouve, virtuellement sur une cinquantaine d’écran placés sur un côté de la piste, des têtes mondialement connues, parmi lesquelles : Anna Wintour, Jennifer Lopez, Cindy Crawford, Claudia Schiffer, Kris Jenner, Usher, ou encore Cara Delevingne, qui n’ont pas pu se déplacer pour cause de la pandémie mais qui ont pris la peine de se filmer sur fond blanc et de jouer le jeu comme s’ils étaient vraiment présents au défilé.

La collection emmenée par Olivier Rousteing fait la part belle au monogramme historique de la marque, dans la première partie du défilé. En forme d’hommage au fondateur de la griffe, Pierre Balmain, Olivier Rousteing assis sur un tabouret de bar accueille six mannequins françaises historiques de la maison, toutes vêtues de tenues à logo, dénichées dans les archives et remises au goût du jour.

Vient ensuite un second vestiaire rempli d’énergie qui revisite les codes esthétiques des années 70 et 80, où tailleurs aux pantalons évasés côtoient blazers étirés à revers tombants, pantalons cyclistes en maille, bermudas en jean, pulls monogrammés ou encore des hauts et vestes aux épaules pagodes.

Giorgio Armani – Printemps/Été 2021 – Milan Fashion Week

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Giorgio Armani - Printemps-Été 2021 - Milan Fashion Week

Giorgio Armani a choisi de faire l’impasse sur une présentation physique de ses collections pendant la Fashion Week de Milan.

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Cependant, une version numérique du défilé de sa dernière collection a été transmise en direct en ligne. Elle est précédée d’un documentaire de 20 minutes, intitulée Timeless Thoughts et diffusée pour la toute première fois à la télévision, qui revient sur la carrière du créateur italien à travers un montage émouvant d’images, de souvenirs et d’interview d’archive.

C’est l’acteur italien Pierfrancesco Favino qui a prêté sa voix pour narrer le langage de Giorgio Armani depuis ses débuts de tailleur jusqu’à sa philosophie créative et comment il a libéré les hommes et les femmes par la modernité et la fluidité de ses costumes à la ligne douce, devenue signature de sa maison, ainsi que ses relations avec Hollywood.

Revenons maintenant sur sa collection ! C’était une remise à zéro et une réitération des silhouettes d’Armani, celles qui ont contribué à sa renommée, mais avec un esprit plus décontracté que d’habitude.

Pour l’homme, la ligne est plus souple que jamais. Des vestes croisées élégantes, des tuniques de dandy et des gilets en soie croisés impeccables, le tout coupé dans de magnifiques tissus légers mais structurés. La palette de couleurs ne change pas, elle reste sur des tons neutres : gris perle, beige, noir et bleu profond qui s’illuminent à la rencontre des motifs géométriques et parfois floraux, légers ou plus baroques, qui rythment la collection.

BOSS – Printemps/Été 2021 – Milan Fashion Week

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BOSS - Printemps-Été 2021 - Milan Fashion Week

Deux décennies après avoir vu la femme BOSS faire sa première apparition dans cette même cour entourée de colonnes majestueuses, le Palais du Sénat (Palazzo del Senato) de Milan accueille de nouveau la marque allemande qui fête cette année les 20 ans de sa ligne femme, montrée conjointement avec celle de l’homme.

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Montrée devant une poignée de spectateurs – pandémie oblige, la collection a été par contre diffusée en simultané en Chine, sur les principaux réseaux sociaux et plateformes chinois (WeChat, T-Mall et Tencent), attirant des milliers de spectateurs de l’autre côté du globe.

Plus décontractée que les saisons précédentes, la collection dont le directeur artistique de la maison Ingo Wilts se penchait initialement du côté habillé avant de se tourner vers une offre plus légère – crise sanitaire mondiale est passée par là – a donné lieu à une garde-robe aux coupes nettes et minimalistes et aux presque total-looks monochromes. À côté d’une palette neutre, Wilts y injecte des couleurs audacieuses pour un vestiaire masculin comme le vert menthe, le bleu poudré ou le fuchsia qui rivalisent de lumière avec des imprimés floraux abstraits, fruit d’une collaboration avec l’artiste britannique William Farr.

Le costume rigide et le tailleur austère ont laissé place à un vestiaire à l’esprit plus relax et sportif – toujours impeccablement bien coupé bien entendu – souligné par l’utilisation récurrente tissus techniques, de cordon à coulisse qui rappellent d’ailleurs l’univers de l’escalade, du nylon et d’œillets métalliques.

© Photos : BOSS

Valentino – Printemps/Été 2021 – Milan Fashion Week

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Valentino - Printemps-Été 2021 - Milan Fashion Week

De retour dans la capitale lombarde après avoir défilé treize ans à Paris, la maison Valentino met l’accent, cette saison, sur la simplicité des formes, aux accents tout de même romantiques, plus en phase avec son temps et plus inclusif, tout en conservant les codes de la marque.

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Le directeur artistique Pierpaolo Piccioli de la maison romaine a choisi l’immense espace de l’ancien hangar de la fonderie Macchi, distanciation sociale oblige, pour faire défiler un casting de rue mixte, issus de tous les horizons.

Entouré par des grappes de végétation, création de l’artiste japonais Satoshi Kawamoto, qui donnaient un peu de verdure à ce lieu froid et au sol poussiéreux, et au rythme d’une mélodie soul émouvante du musicien britannique Labrinth, lauréat du Primetime Emmy Award, l’hommes Valentino adopte une attitude cool mais néanmoins élégante. Il porte des costumes amples, des chemisettes et shorts confortables, souvent ornés de broderies de dentelle et de macramé et d’imprimés floraux colorés, où les maxi-longueurs ou les ultra-courts jouent une partition majestueuse de contrastes.

Versace – Printemps/Été 2021 – Milan Fashion Week

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Versace - Printemps-Été 2021 - Milan Fashion Week

Dans le monde de Versace, les eaux profondes des océans ne pouvaient être régnées par un silence et un noir abyssal et des créatures menaçants.

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Dans le monde de Versace, le froid glacial et l’obscurité ont été réchauffés par des créatures vivantes d’un autre monde, ou plutôt du monde de Versace, qui peuplent une ville fictive engloutie, une Versaceopolis, prête à lâcher ses hommes et ses femmes aux cheveux, à la chair huilée et aux seins généreux à la conquête d’un monde meilleur post-COVID 19.

Donatella Versace a opté, cette saison, pour un thème sous-marin par soif de nature, d’évasion et de fantaisie.

Le monde a changé et nous avons changé. Nous répétons cela presque comme un mantra depuis des mois, mais en fin de compte, pour un designer, cela signifie tout recommencer,” a-t-elle déclaré. “Je voulais créer quelque chose de disruptif, quelque chose qui pourrait être en phase avec ce qui a changé en chacun de nous. Pour moi, cela signifiait rêver d’un nouveau monde. Un monde fait de couleurs éclatantes et de créatures fantastiques et un monde dans lequel, nous pouvons tous coexister pacifiquement. Cette collection a une âme enjouée et est optimiste, rêveuse, positive… Ce sont des vêtements qui vous apportent de la joie.” Une explication qu’on ne peut être plus claire !

La collection était solide et fidèle à l’esprit de la marque dans son utilisation de couleurs vives de Miami, d’imprimés audacieux et de sensualité indéniable.

Loin des teintes sombres des profondeurs marines, les vêtements pour hommes sont à l’image de cette optimisme qu’a voulu répandre Donatella Versace. Ils portent des costumes et tenues décontractées aux couleurs fortement audacieuses qui rivalisent avec la plus riche des palettes de couleurs primaires et aux imprimés au vocabulaire marin.
Pour l’occasion, a été réédité le motif « Trésor de la mer » créé dans les années 1990 par son frère, Gianni Versace.

Salvatore Ferragamo – Printemps/Été 2021 – Milan Fashion Week

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Salvatore Ferragamo - Printemps-Été 2021 - Milan Fashion Week

Salvatore Ferragamo est de retour avec les collections homme et femme Printemps/Été 2021 de Paul Andrew. Les collections ont été dévoilées à Milan avec un défilé et une projection d’un court-métrage captivé tourné en Technicolor que Luca Guadagnino a filmé dans un Milan vide en août dernier.

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Pendant son confinement, Paul Andrew s’est inspiré des classiques d’Hitchcock que le créateur a partagé ses sentiments en ces termes : “Ce printemps, coincé à la maison, j’ai revu le classique Hitchcock, en particulier Marnie, The Birds et Vertigo. Dans le passé, regarder ces films donnait toujours l’impression d’habiter un monde surréaliste et étrange. Mais les regarder pendant le confinement était différent: ils étaient comme dans la “vraie vie” parce que la “vraie vie” elle-même était soudainement devenue si étrange, surréaliste et étrangement belle. Il y a plusieurs hommages directs à des moments clés d’Hitchcock dans la collection, et la collection fait écho à ce niveau de saturation des couleurs magnifique et hyper-réel qui est si évident dans le chef-d’œuvre de Technicolor qu’est Vertigo”.

Pour les hommes, la collection nonchalante, designée non pas par Paul Andrew mais par Guillaume Meilland, s’articule autour de costumes à la construction douce, de vestes en cuir lisse et d’imperméables, parfois enrichis de détails en cuir.

© Photos : Salvatore Ferragamo

Burberry – Printemps/Été 2021 – London Fashion Week

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Burberry - Printemps-Été 2021 - London Fashion Week

Comme d’autres marques aux quatre coins du monde, Burberry a dû, cette saison, également se réinventer pour s’adapter au contexte sanitaire.

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La Fashion Week de Londres, à l’instar de celle de Paris en juillet dernier, déroule ses tapis sur… internet ou dans un cadre plus intime.
Burberry a ainsi donné le coup d’envoi de la semaine londonienne avec un show – l’événement a pour la première fois pour une marque de luxe été diffusé en direct sur la plateforme de jeux vidéos Twitch, attirant plus de 40 000 spectateurs – aux allures de performance, filmé en pleine forêt et réalisé en collaboration avec l’artiste contemporaine allemande Anne Imhof.

Baptisée “In Bloom” (“En floraison”), sa collection Printemps/Été 2021 du créateur italien Riccardo Tisci nous envoie vers un avenir, probablement post-COVID, plus radieux se déroulant dans une forêt ensoleillée et luxuriante de bouleaux imposants.

Lumineuse et audacieuse, sa collection tient à rendre un hommage à la simplicité, à la pureté et à l’immobilité du plein air. Inspiré par l’été et la mer, le résumé de sa collection est énoncé comme un conte pour enfants : “Une histoire d’amour entre une sirène et un requin, née dans l’océan puis ramenée à terre” !

Les 14 looks pour hommes, sur 56 looks de la collection, montrent la partie prise du designer dans sa tentative de plaire à un plus large éventail de clients, toujours plus jeunes, de la vénérable maison Londonienne. Il mêle les couleurs audacieuses au trench emblématique de la marque britannique fondée en 1856 revisité bien entendu. Il y a également des pièces inspirées du streetwear, des motifs en référence à la mer, tels les sirènes, les poissons, les étoiles, les requins et les sirènes aux airs menaçants, imprimés sur nombre de pièces tandis que des gilets en filet renvoient au vocabulaire des marins pêcheurs.

Lacoste – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Lacoste - Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Lacoste a choisi de présenter sa dernière collection, imaginée par la créatrice britannique Louise Trotter, aux manettes du style de la marque au crocodile depuis deux ans, au Tennis Club de Paris comme un hommage à l’héritage de René Lacoste, son fondateur.

Cette saison, la collection de la maison parisienne tournait toute entière autour de Simone Lacoste ou Simone Thion de La Chaume, épouse du fondateur et championne de golf en son temps. Pour les hommes, Louise Trotter avait imaginé un vestiaire très coloré qui revisite bien entendu les classiques de la marque. Ainsi, les fondamentaux se retrouvent dans des tonalités chaudes et ensoleillées dont certaines rappellent la terre battue : vert d’eau, jaune, orange, bleu, vert sapin, bordeaux, émeraude mais aussi des couleurs plus neutres, tels le blanc, le noir, le beige, le gris…

À côté des références au tennis et au golf faisant de clins-d’œil incessants au couple, chacun champion dans sa discipline, l’influence du sportswear est fortement palpable en la présence des ensembles de survêt qui se portent comme des combinaisons de travail. La créatrice britannique n’a pas oublié non plus de revisiter le célèbre crocodile Lacoste qui se retrouve agrandi, dans une proportion inhabituelle.

© Photos : Lacoste

Balenciaga – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Balenciaga Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Des spectateurs plongés dans le noir, un sol inondé, un ciel orageux alimenté d’une bande-son industrielle… Demna Gvasalia, créateur Géorgien de Balenciaga, fait régner une ambiance de fin du monde à la cité du cinéma de Saint-Denis.

Dans cette ambiance apocalyptique à souhait, Demna Gvasalia, aux commandes de la marque depuis 2015, envoie ses soldats, hommes et femmes, aux allures ecclésiastiques et néo-gothiques marcher sur une piste remplie d’eau – aux deux premiers rangs restés alors vides.

Cent neuf silhouettes à l’épure imparable et émouvante qui revisitent les codes de la maison, auxquels se mêlent ceux du Géorgien. Ainsi, le noir, l’austérité, les volumes parfaitement contrôlés, le glamour s’acoquinent avec force magistrale aux coupes exagérées, aux épaules carrées et au sportswear qui caractérisent l’ADN de Gvasalia.

Cette conjugaison du patrimonial et du futuriste a permis d’aboutir, dans un premier temps, à des tenues impeccables, d’un brin austères, dans un registre noir qui non sans rappeler une certaine iconographie espagnole des siècles passés, pays dont est originaire le fondateur de la maison Cristobal Balenciaga, avant de s’orienter vers un registre plus sportif et streetswear.

© Photos : Balenciaga

Thom Browne – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Thom Browne - Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Juché sur des chaussures à plateformes vertigineux, le premier modèle de Thom Browne émerge d’un paysage hivernal de bouleaux et de sapins, saupoudré de fausse neige, tête couverte d’un masque de girafe. Suivirent alors d’autres silhouettes à tête d’éléphant, de cerf, de lion, de cochon, d’hippopotame… qui annoncent clairement le thème de la collection : l’arche de Noé.

Pour sa toute première collection mixte, le créateur américain joue des références bibliques. Cependant, ceux de ses vêtements sont ailleurs, unis dans un effacement de frontières de genres et de codes conventionnels.

© Photos : Thom Browne

Lemaire – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Lemaire - Autome-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Chez Lemaire, on oublie les décors grandioses et tape-à-l’œil d’autres mastodontes du luxe mondial pour se concentrer sur les détails car chez Sarah Linh Tran et Christophe Lemaire, chaque détail compte et compte pour beaucoup.

Le duo de créateurs, et partenaires dans la vie, poursuit leur propos qui sublime l’élégance naturelle et une sobriété toute bourgeoise. Sur fond d’une palette de couleurs sobres et presque monochrome où toute décoration est absente, la collection de Lemaire jouent le confort des coupes et la liberté de mouvement, remplie de pièces désirables aux allures allongées pour lesquelles la marque est connue.

© Photos : Lemaire

Haider Ackermann – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Haider Ackermann - Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Applaudie à tout rompre par un Timothée Chalamet tout excité, la collection de Haider Ackermann, commerciale et accessible, est remplie d’idées exécutées avec une confiance calme et stable.

Je voulais quelque chose de plus absent. Je voulais que les vêtements disparaissent en arrière-plan”, déclarait-il en coulisses. “Ça ne rend pas justice à mes vêtements, je sais, mais… J’ai senti que tout était si fort que je voulais cette tranquillité”.

Mais derrière cette tranquillité apparente, il y a une force puissante d’énergie créative et de couleurs qui passe par des inspirations venues de l’Est et de l’Ouest, des plis Madame Grès, des kimonos, des vêtements de pyjama, des vêtements utilitaires et plus encore.

Pour ses hommes, Ackermann leur a dédié des pantalons doublés de cuir, d’impeccables manteaux, de costumes ou d’ensembles en velours côtelé – une première chez lui – aux couleurs chatoyantes et lumineuses. Tout est calibré avec soin et précision à travers des coupes magistralement exécutées et sobres.

© Photos : Haider Ackermann

Celine – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Celine - Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Sous le chapiteau monumental installé derrière le tombeau de Napoléon, Hedi Slimane fait défiler sa dernière vision de l’homme et de la femme Celine dans une collection entièrement unisexe.

Le créateur français poursuit ce qu’il a commencé depuis deux saisons, c’est-à-dire l’évocation de la bourgeoisie parisienne des années 1970 et un idéal de la jeunesse rock des années 2000, celle qui puisait les inspirations dans le vestiaire de leurs parents pour s’habiller.
Ainsi, quand un jeune dandy rockeur rencontre une belle étudiante parisienne, bourgeoise sophistiquée ou vice-versa, leur garde-robe devient interchangeable, gommant les frontières du masculin et du féminin, du genre, du style.

Les pièces ultra-désirables, ayant pour point commun une silhouette élancée “Slimanesque” au premier coup d’oeil, se confirment, s’affinent, se colorent, se jouent d’imprimés, sans fioriture, mais avec le souci de l’accessoire, en premier lieu le sac Sulky, un modèle de 1966 réintroduit cette saison par Hedi Slimane et porté aussi bien par les hommes que les femmes.

Cette idée d’unisexe se retrouve également dans sa nouvelle ligne de bijoux, les cristaux Celine, et celle en édition limitée composée de bijoux compressés en argent et vermeil, créée en collaboration avec la Fondation César.

© Photos : Celine

Maison Margiela – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Maison Margiela - Automne-Hiver 2020-2021 -Paris Fashion Week

Dans la droite ligne de sa collection Maison Margiela Artisanal qu’il a montrée en janvier dernier, John Galliano a, cette saison, poursuivi la quête éco-responsable – leitmotiv, entre autre, fondateur de la maison éponyme.

On trouve ici, sous l’étiquette officielle de la maison Recicla mentionnant la date de fabrication et la provenance du vêtement, de véritables pièces vintage qui sont intégrées dans la collection, parfois en un seul article, et parfois incorporées à d’autres articles. Galliano a abordé ce concept de “restauration” dans son podcast publié au lendemain du show en ces termes : “l’idée de donner une nouvelle vie à quelque chose … Lancer une nouvelle conscience”.

Il y a également chez Galliano cette forte volonté de faire voler en éclat les codes de la bourgeoisie des plus respectables – un travail qu’il s’acharne depuis plusieurs saisons.

Ainsi, les silhouettes bourgeoises ont été ici déstructurées, découpées, superposées et croisées avec des uniformes pour aboutir à une bourgeoisie d’un nouveau genre. L’atmosphère, pleine d’énergie mais aussi raffinée, était soutenue par une excellente palette de couleurs – des roses poudrés, des oranges, absinthe, vert loden, turquoise, sarcelle, jaune primaire, lilas et saumons. Une immersion émouvante dans son sens unique et inégalé de couleurs.

© Photos : Maison Margiela

Lanvin – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Lanvin - Automne-Hiver 2020-2021 - Paris Fashion Week

Bruno Sialelli a choisi la Manufacture des Gobelins pour présenter sa nouvelle collection inspirée pour la maison Lanvin – la plus ancienne marque de luxe française est depuis 2018 dans le giron du conglomérat chinois Fosun qui possède entre autres Club Med, Tom Tailor, Wolford.

Entourée par de magnifiques tapisseries qui sont “un pont entre le passé et le présent. Entre Jeanne Lanvin et moi-même”, a expliqué le créateur qui arrivait chez Lanvin il y a un an à peine, sa collection est une replongée dans l’historique de la maison, des silhouettes classieuses aux logos et calligraphies qu’il a retrouvées dans un livre imaginé par la fondatrice Jeanne Lanvin, “L’Opéra de l’Odorat”, écrit en collaboration avec l’une de ses collaboratrices, l’écrivaine et intellectuelle Louise de Vilmorin.

Sialelli s’est ainsi approprié l’histoire de Lanvin en y ajoutant sa touche personnelle. On retrouvera de la fluidité dans les matières, des coupes qui respirent, des jeux de découpes, des tricots confortables, des détails naïfs, et beaucoup de couleurs qui interpellent. Une façon de rendre petit à petit l’identité de la Maison, tout en maintenant un dialogue entre son héritage et le monde qui l’entoure.

© Photos : Lanvin

Kenzo – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Kenzo - Automne-Hiver 2020-2021 -Paris Fashion Week

Bienvenu dans le monde onirique, initiatique et de voyage de Kenzo Takada, version Felipe Oliveira Baptista – portugais de naissance et devenu français depuis peu – qui partage avec le fondateur de la Maison Kenzo – né au Japon mais français de cœur – un point commun : le multiculturalisme.

Après avoir officié avec succès chez Lacoste, le créateur franco-portugais a dévoilé, il y a quelques jours, sa toute première collection pour la marque fondée en 1970 par Kenzo Takada.

Pour son baptême du feu, Oliveira Baptista a choisi les jardins de l’Institut National des jeunes sourds, dans le 5è arrondissement de Paris, pour implanter le décor de son show : une structure tubulaire transparente, conçue comme un objet nomade modulaire qui fait un clin-d’œil à l’esprit nomade de la collection.

On a intitulé cette première collection “Going Places”, avec en tête l’idée du voyage, d’un esprit nomade. Le travail de Kenzo Takada était très facile à comprendre, de l’ordre de l’évidence, une simplicité assumée. Il faut qu’on reste facile à lire, et confortable. D’où des vêtements fonctionnels…”, a expliqué Felipe Oliveira Baptista.

Évoquant la traversé des mers et océans du fondateur Kenzo Takada à bord d’un bateau de croisière, depuis Tokyo jusqu’en France – alors qu’il était un jeune homme, avec pleins de rêves en tête, venu chercher gloire et Haute Couture à Paris, les silhouettes étaient emmitouflées dans un vestiaire de protection, composé de parkas et de manteaux réversibles, comme pour affronter le temps peu clément à bord de ce paquebot.

Puis, il y a eu des souvenirs de jeunesse de Oliveira Baptista dans les Açores et ceux de ses parents, jeunes mariés, au Mozambique quand ils s’apprêtaient à sauter en parachute. Ces référentiels émotionnels se rejoignent dans ces tuniques et djellabas allongées bariolés d’imprimés colorés et de têtes de tigre – le motif évoque à la fois la signature de la maison mais aussi aux oeuvres de l’artiste et peintre lisboète Julio Pomar qui, fasciné par ce félin, a réalisé dans les années 80 une grande série sur ces animaux majestueux.

© Photos : Kenzo

GCDS – Automne / Hiver 2020-2021 – Milan Fashion Week

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GCDS Automne-Hiver 2020-2021 - Milan Fashion Week

À la gare centrale de Milan, la maison 100 % made in Italy GCDS (God Can’t Destroy Streetwear) a convié ses invités à “prendre le train et rentrer à la maison, à Naples”, le temps de quelques heures.

La marque street, fondée en 2015 par le créateur napolitain Giuliano Calza et son frère Giordano, délaisse cette saison son côté street qui a contribué à son succès pour une orientation plus haut de gamme.
Le résultat est une collection moins rue et plus douce, confectionnée par des artisans napolitains.

Exit donc les tee-shirts, sweaters et les survêts. Place à de superbes mailles en cachemire, mohair et autres belles laines, recouvert de cristaux, et associés à des jeans amples et pantalons en cuir tandis que les logos voyants ont laissé place à des graphismes plus discrets et colorés.

Dans un autre registre, Calza a également fait un clin-d’œil à Naples, à travers d’une adorable illustration extraite de “Tom et Jerry à Naples”, un court métrage sorti en 1954, imprimée sur un blouson.