Automne/Hiver 2020 - Page 3

Dries Van Noten – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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L’élégance chez l’homme de Dries Van Noten est une attitude tout à fait naturelle. Cependant, très loin d’une élégance classique et conventionnelle, celle de l’homme de Dries Van Noten emprunte souvent le chemin de la poésie et de la délicatesse pour affirmer sa singularité.

Cette saison, comme celles précédentes, son vestiaire aime s’approprier des éléments de langage de celui féminin. De grandes fausses fourrures de renard jetées négligemment sur les épaules, des bijoux accrochés aux revers des vestes costumes, des imprimés léopard dans des couleurs tapageuses, des matières satinées ou encore tailles sanglées avec panache. L’homme de Dries Van Noten s’affiche tantôt rebelle en Kurt Cobain, tantôt dandy tel David Bowie. L’un ou l’autre, il ose se démarquer et assume complètement son côté féminin ou plutôt sa sensibilité de l’homme moderne.

© Photos : Dries Van Noten

Yohji Yamamoto – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Au défilé de Yohji Yamamoto, le temps est à la contemplation et à la douceur.

La collection du créateur japonais est, comme à l’accoutumée, très riche en propositions. Dominés par des teintes sombres et neutres, tels le noir, le gris, relevées cependant par des touches de rouge et de jaune moutarde, les looks s’affichent décontractés, avec une touche de grunge des années 90, par le biais par exemple des finitions effilochées des pulls ou l’association dépareillée des tissus.

La nonchalance stylistique chez Yohji Yamamoto passe également par la superposition des pièces, révélant des coupes asymétriques mais aussi la diversité des matières et des motifs mis ici en complémentarité.

© Photos : Yohji Yamamoto

Rochas Homme – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Après deux saisons de présentations, Rochas a choisi cette année le format de défilé au sein du calendrier officiel de Paris.

C’est à l’Hôtel de Béhague, dans le très chic 7e arrondissement de Paris, et qui abrite aujourd’hui l’ambassade de Roumanie, que Federico Curradi, le créateur en charge des collections masculines de la maison Rochas, a choisi de présenter sa collection pour l’Automne/Hiver 2020-21. Ce magnifique écrin aux accents rococo sert de cadre pour le créateur italien pour évoquer l’élégance classique du vestiaire de l’homme Rochas.

Dans des tonalités sourdes, les silhouettes évoluent dans la fluidité, fortement mise en avant dans d’élégants costumes en velours, en tweed ou en flanelle grise et dans des chemises portées de façon nonchalante.

De petits charmes d’or, des broches dorées, de détails métalliques et de pins se posant délicatement sur le vêtement, tout comme une pléthore de foulards à franges ou texturés et des ceintures en cuir ou en tissu enserrant la taille, ont réussi à ajouter cette touche de modernité et de sophistication à l’ensemble, donnant à l’homme Rochas une sacrée allure, sophistiquée et sensuelle à la fois.

© Photos : Rochas

Angus Chiang – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Derrière les silhouettes loufoques et colorées du Taïwanais Angus Chiang, il y avait une réflexion sur la rapidité de l’innovation technologique de nos jours, ramenant la question de l’obsolescence programmée et la surconsommation – écologiquement insoutenable – au coeur même du questionnement du jeune créateur.

Cette réflexion se retrouve dans nombre de clins-d’oeil aux composants informatiques, tels des poches de vestes en forme de cartes de mémoire, des imprimés de piles, de cartes SD, de motifs de prises péritel, de prises AV ou encore dans le vert, couleur des composants des ordinateurs.
Angus Chiang se sert des combinaisons monochromes colorées en lycra pour mettre en valeur ses pièces solides comme ces magnifiques chandails et sweats, ce large gilet sans manches matelassé, cet ensemble en denim patchwork ou encore ces polos ou t-shirts oversize à motifs divers et variés.

© Photos : Angus Chiang

Louis Vuitton – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Chez Louis Vuitton, c’est véritablement une ode au costume qui confirme la prédiction de Virgil Abloh de la mort du streetwear en 2020.

Ainsi, sur fond d’hommage à Magritte, par conséquence au surréalisme, que le créateur américain livre sa propre réflexion sur l’allure traditionnelle et formelle du vestiaire masculin.

Maintenant que j’ai en quelque sorte fait ma déclaration sur la façon dont je voulais moderniser la marque, cela correspond davantage à la tradition”, a expliqué Abloh.

L’homme Louis Vuitton affronte l’hiver prochain en costumes fittés, associés à des chemises ajustées, aux pantalons feu de plancher qui flattent la bottine pointue quand ils ne laissent pas de place aux manteaux de fourrure, aux gros chandails et autres blousons floqués du monogramme maison.

Si l’allure classique domine certe la collection, la fantaisie et cette petite touche d’élégante excentricité infusent sur les pièces la créativité de Abloh. Ici, une salve de grands volants retrouvée sur les cols, les manches et les poches; là, de très belles scènes de nuages s’impriment sur une série de pièces faisant de jolis clins-d’oeil à l’univers du peintre surréaliste belge.

© Photos : Louis Vuitton

Sean Suen – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Pour l’automne 2020, le créateur chinois Sean Suen livre une réflexion sur la manière dont la stimulation externe du son, de la vue, du toucher ou de l’odorat peut façonner et infléchir sur la perception et la création individuelle.

Ainsi, s’appuyant sur une matière noble, ici de la laine, le créateur montre qu’elle peut offrir de multiples visages. Tantôt tout en douceur, tantôt comme une protection solide en association avec le cuir, le daim ou encore avec le Lurex pour une touche futuriste.

© Photos : Sean Suen

Rick Owens – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Quatre ans après le décès de David Bowie, Rick Owens lui a rendu un vibrant hommage au Palais de Tokyo, lieu de prédilection pour le créateur américain qui affectionne particulièrement ce musée d’art moderne pour ses collections.

Au programme : des silhouettes qui restent fidèle à l’ADN de la marque. Des looks très structurés aux lignes ultra-géométriques.
Le créateur joue également volontiers avec l’asymétrie et les matières, en particulier les cuirs, pour transformer ses pièces en luxueux cocons ou d’armures couvertes de zips et de protège-genoux.

Passé maître dans l’art de modeler les formes, Rick Owens amplifie les volumes pour exagérer à l’excès les structures de certaines de ses pièces ou les réduits, comme par exemple des épaules pointues de proportions épiques sur des vestes courtes, afin de rallonger les silhouettes.
Je rationalise, simplifie, exagère”, aime répéter le créateur américain.

© Photos : Rick Owens

Homme Plissé Issey Miyake – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Longtemps réservée uniquement pour le marché japonais, la ligne Homme Plissé Issey Miyake semble, de saison en saison, être priviligié par le créateur japonais, au détriment de sa ligne principale Issey Miyake Men.

Présentée au Centre Georges Pompidou, la collection fait l’objet d’une performance signée du chorégraphe américain Daniel Ezralow.
Des hommes issus de divers horizons et de disciplines différentes s’improvisent en mannequins vêtus de vêtements colorés, faciles à porter au quotidien.

Les couleurs, justement, font ici l’objet d’une attention particulière. Jouissive et joyeuse, la palette, composée de vert, bordeaux, bleu, jaune, rose fluo, rouge saumon, noir, gris, blanc et violet, se décline en total look, en blocs contrastés ou avec des imprimés graphiques et bariolés.
Les pièces dont beaucoup de pantalons plissés sont extra confortables par leur légèreté, leur fluidité tandis que les coupes sont volumineuses comme souvent chez le couturier japonais.

© Photos : Homme Plissé Issey Miyake

Givenchy – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Après son premier opus entièrement dédié à l’homme, en janvier 2019 à Paris, et une seconde collection à Pitti Uomo 96 en juin dernier, Clare Waight Keller revient aux racines parisiennes de la maison et a choisi les salons couture de l’historique 3 avenue George V pour présenter le dernier vestiaire de l’homme Givenchy.

Inspirée de l’exposition “Moderne Maharajah : un prince indien des années 1930” au Musée des Arts Décoratifs, en 2019, sur la vie du Maharaja Yeshwant Rao Holkar II, devenu Maharaja d’Indore en 1930 et souverain d’un des plus riches États de l’Inde, la collection, en 37 silhouettes, mixe tailoring, références couture et partition urbaine parfois underground.

© Photos : Givenchy

Raf Simons – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Pour le dernier défilé de la seconde journée de la Paris Fashion Week Hommes, les invités ont dû se rendre loin du centre de la capitale française, à Ivry-sur-Seine, une ville du département Val de Marne limitrophe de Paris, pour assister à la dernière collection de Raf Simons.

Baptisée “Solar Youth” et présentée dans un hangar désaffecté, la collection est émaillée de slogans tels que “The futur has begun ARRIVAL”, “University Life on Mars”, “NO LAND” ou encore “With open eyes, but still nervous” qui reflètent un certain état d’esprit de la jeunesse actuelle – un des thèmes favoris du créateur belge.

Ces messages accompagnent un vestiaire aux coupes impeccables et aux proportions très variées. La frénésie créative chère au créateur se traduit également dans de subtils détails : des grands pans de tissus encerclent les épaules de certaines silhouettes, du plastique transparent s’invite sur les cols des manteaux dont une partie est recouverte de fourrure, des pulls dépourvus de manches ont été agrémentés de zips latéraux argentés ou encore des chandails au col extra-large jouent de la fluidité quand ils se sont associés à une large veste croisée en velours ou à un manteau à la tombée irréprochable.

© Photos : Raf Simons

Undercover – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Au Cirque d’Hiver plongé dans une brume magmatique, la collection de Undercover par Jun Takahashi explore la multitude de possibilités offertes au vestiaire masculin.

On y retrouve une sorte d’explorateurs du temps moderne, coiffés de chapeaux tartan et habillés de gros chandails à rayures et de pantalons amples à la zouave resserrés sous les genoux; de pèlerins en sweats croisés à capuche portant de sacs à dos hybrides munis de cordes qui se nouent devant sur la poitrine à la manière japonaise; de randonneurs alpinistes emmitouflés sous plusieurs strates de vêtements à la proportion inégale; ou encore d’hommes à l’apparence moniale, en bonnet et tenue bicolore associant marron et gris, deux couleurs caractéristiques de moines bouddhistes.

L’homme Undercover est caméléon, n’hésitant pas de passer d’un style à l’autre qu’il soit austère, confortable, sportif ou plein de fantaisiste.

© Photos : Undercover

OAMC – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Inspirée cette saison par les tribulations du changement climatique actuel, la collection de Luke Meier, pour son label OAMC, livre une réflexion sur la question de comment survivre en milieux hostiles et sur l’idée de protection – une interrogation bien en phase avec la société actuelle.

Traduit en vêtements, il signifiait de grandes bottes en caoutchouc développées avec l’équipementier adidas, de pantalons souples dotés de rubans aux chevilles, de parkas au cols remonté, de longs ponchos s’enfilant par-dessus des chemises, mais aussi de couches fluides et flottant se superposant pour mieux affronter les caprices de la météo.
Le tout dans une palette résolument sobre et élégante, composée de vert menthe, vert kaki, de gris, de beige, de marron, de noir et de camel.

© Photos : OAMC

Walter Van Beirendonck – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Parmi les temps forts de la deuxième journée de la semaine de la mode masculine à Paris, le défilé du créateur belge Walter Van Beirendonck qui a présenté une collection au kaléidoscope de motifs, de couleurs tourbillonnant et de messages engagés.

Racontée comme une histoire en trois chapitres, reflétant l’état du monde entre guerre et paix, heures sombres et espoir coloré, la collection du créateur très engagé est émaillée de messages politiques “Stop Racism” et “Stop Violation of Privacy Now”, à l’instar de l’intitulé du show : “w.a.r”, se traduisant par “walter : about rights”.

© Photos : Walter Van Beirendonck

Y/Project – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Ce fut dans un gymnase parisien, au milieu duquel est installé une vaste piscine remplie de ballons de baudruche oranges, que le designer Glenn Martens invitait à découvrir sa nouvelle collection pour Y/Project.

Comme les précédentes saisons et fidèle à son ADN, Glenn Martens envoyait sur la piste des silhouettes où domine la déconstruction.

Des vestes à double boutonnage en trompe-l’œil en 3D, des trenchs militaires déconstruits, des ceintures et pantalons conçues pour être drapés et noués à la taille, des cabans de trappeur à carreaux à la coupe asymétrique, des écharpes en laine ornés de tigres, des sacs circulaires en forme de nœud marin, des vêtements d’extérieur (six pièces de parkas et doudounes) conçus en collaboration avec Canada Goose et beaucoup de superpositions dans une collection inspirée des petites fêtes de ville dans la Belgique natale du créateur.