Automne/Hiver 2020 - Page 2

Todd Snyder – Automne / Hiver 2020-2021 – New York Fashion Week Men’s

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Cette saison, Todd Snyder a décidé de se joindre à L.L.Bean, une marque américaine spécialisée dans les vêtements et les équipements de loisirs de plein air fondée en 1912 à Freeport, dans le Maine, un État de l’extrême nord-est des États-Unis, pour présenter sa collection qui fait la part belle à l’outerwear.

Inspiré des pièces les plus emblématiques de L.L.Bean, la collection de Todd Snyder cherche à allier cet esprit de plein air, décontracté et exempt de contraintes, à son esthétique sur mesure.

© Photos : Todd Snyder

Palm Angels – Automne / Hiver 2020-2021 – New York Fashion Week Men’s

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Palm Angels fait son retour sur le calendrier officiel de New York avec une collection qui met de nouveau en scène l’interprétation de son créateur, Francesco Ragazzi, de la culture américaine, notamment l’héritage culture amérindien.

Ainsi, entre couture et streetwear, Ragazzi multiplie les clins-d’oeil aux des indiens d’Amérique, tels les détails à franges, les bijoux turquois, le cuir, les imprimés cactus ou de photographies de chaînes montagneuses pittoresques, des bottes de cowboy ainsi que l’inévitable motif Navajo.
Entre l’Ouest américain et le cool californien, il y a le nom Palm Angels.

© Photos : Palm Angels

Zadig & Voltaire – Automne / Hiver 2020-2021 – New York Fashion Week Men’s

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Après une collection Printemps/Été 2020, présentée à Paris, inspirée par l’iconique Kate Moss, Zadig & Voltaire retour à New York pour la nouvelle saison, cette fois inspirée du Rock’n’Roll des années 70.

Au-delà du clin-d’œil à cette culture rock des Seventies, Cecilia Bönström multiplie les références à son pays natal, la Suède, à la sophistication bourgeoise parisienne, à ses souvenirs d’enfance mais aussi aux codes vestimentaires des années 90.

Le résultat est résolument contemporain, avec des silhouettes qui oscillent entre la touche rock, avec des pièces en cuir, et des costumes décontractés, en velours côtelé par exemple, associés à des chandails aux motifs très Seventies. Le tout dans une palette à la fois sourde et éclectique.

© Photos : Zadig & Voltaire

Isabel Marrant – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Confort et rafraîchissant, ces deux mots viennent immédiatement à l’esprit à l’observation de la nouvelle Automne/Hiver 2020-2021 de la créatrice Isabel Marrant.

Pour l’hiver prochain, la créatrice a misé sur une collection jeune et élégante, remplie de propositions qui respirent du confort, de la douceur et de la bonne humeur, meilleur remède contre la grisaille hivernale.

Dans une palette plutôt de couleurs neutres (gris, noir, blanc cassé), illuminée par des touches de bleus, orange et framboise, les propositions varient de chandail moelleux aux ponchos au goût péruvien, en passant par des trenchs à motif abstrait et coloré, manteaux en laine, chemises en denim, blousons matelassés, sur-chemises à carreaux ainsi que des pantalons fuselés à l’entrejambe bas.

Photographe : Gregory Harris
Modèles : Alton Mason, George Culafic

1017 Alyx 9SM – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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C’est dans l’atrium tout en verres du sublime le Centorial, ancien siège central du Crédit lyonnais dans le quartier de l’Opéra, que Matthew M. Williams a donné rendez-vous pour la dernière collection de sa marque 1017 Alyx 9SM (ndlr, le “1017” est un clin-d’œil à sa date de naissance tandis que le “9SM” renvoie à son adresse).

Cette saison, le créateur joue avec les textures et les combinaisons de matières, tout en proposant une garde-robe à la fois cool, urbaine et luxueuse.

La collection est également l’occasion pour Matthew M. Williams de dévoiler plusieurs collaborations dont la maison Bang & Olufsen sur un nouveau format d’écouteurs “Beoplay E8 Motion”, Nike sur une nouvelle déclinaison de la Nike Air Force 1, Vibram ainsi que Mackintosh.

Photos : 1017 Alyx 9SM

Acne Studios – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Utiliser l’Intelligence Artificielle (IA) pour créer. De nos jours, la technique n’étonne personne, mais dans la mode, cela reste une exception. Mais peut-être plus pour longtemps !

Chez Acne Studios, Jonny Johansson, co-fondateur de la griffe née à Stockholm et directeur artistique, s’est en effet associé à l’artiste Robbie Barrat, connu pour son talent de manipuler des réseaux de neurones artificiels, pour imaginer la mode du futur d’Acne Studios.

Ils ont ainsi nourri les algorithmes de Robbie de milliers de looks tirés des archives de la marque, avant que l’ordinateur ne génère, s’appuyant sur les données de chaque pièce, les futures silhouettes de la collection.

Résultat : la collection est pleine d’imprévus et d’accidents issus de toutes ces données qu’avait avalées l’ordinateur. Des manteaux et vestes ont le devant coupé en demi-cercle, un autre dont l’intérieur est doublé de fourrure est confectionné à partir d’un tissu à la structure en nid-d’abeille, les pantalons ont une coupe évasée et zippée du côté intérieur de la jambe…

Tous ces éléments, résultat d’une conversation avec de la technologie du XXIème siècle, montrent l’étendue du talent du label suédois pour projeter la mode dans son époque.

© Photos : Acne Studios

Paul Smith – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Quand Jean-Paul Gaultier tirait sa révérence avec une collection haute-couture émouvante d’anniversaire, revisitant ses 50 ans de carrière, Paul Smith est l’autre figure de la mode mondiale à célébrer un demi-siècle de création, une longévité exceptionnelle qui poursuit avec une croissance de 8,9% l’an dernier.

Réputé pour son tailoring typiquement british à la fois irrévérencieux, joyeux, plein d’humour et de couleurs, Paul Smith a profité de son défilé anniversaire, tenu à l’Elysée Montmartre, pour les mettre à nouveau dans la lumière, imaginant un nouveau vocabulaire.

Déclinés dans des couleurs sobres : terracotta, bleu nuit, gris soutenu – ponctuées par des notes plus expressives, tels le corail ou le bleu minéral – des imprimés classiques ou dans du velours côtelé gros grain, les costumes de Sir Paul Smith se sont adaptés à un monde de plus en plus décontracté. Des pièces outerwear plus techniques (hoodie et long manteau façon polaire, longues doudounes…), des chemises et pulls à col roulé rehaussés d’un logo maison retravaillé projetent avec modernité et élégance le label anglais dans le nouveau décade.

© Photos : Paul Smith

Ludovic de Saint Sernin – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Comme pour sa première collection, présentée l’an passé au café Georges du Centre Georges Pompidou, Ludovic de Saint Sernin puise de nouveau dans le vocabulaire du désir et de la sexualité pour sa collection Automne/Hiver 2020-2021.

Intitulée “Heartbreak” (cœur brisé), la collection de l’ancien assistant d’Olivier Rousteing, chez Balmain, met en avant la dualité entre la fragilité et la force, comprenons d’abord un caractère de la nature humaine, puis la vulnérabilité et la puissance exprimées à travers ses vêtements.

À travers ses ensembles minimalistes, le jeune créateur exprime la vulnérabilité par le biais des matières ultra-fluides, de la transparence et de la sensualité exacerbée de ses silhouettes. En opposition à ces looks pleins de délicatesse qui formulent la déchirure amoureuse, sont proposées des pièces en cuir. Ici, Ludovic de Saint Sernin utilise le cuir, l’une de ses matières phares, pour des pantalons, des trenchs et un long manteau doublé de fourrure, mais aussi pour des slips, des tops asymétriques dévoilant les épaules et des gants glamours.

Ainsi, le designer joue sur les contrastes – la dualité donc – entre blanc et noir, vêtu et dévêtu, matières fortes et délicates, ou encore masculin-féminin, proposant notamment le soutien-gorge perlé pour homme.

© Photos : Ludovic de Saint Sernin

dunhill – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Mark Weston, ex Burberry, a dévoilé sa cinquième collection pour la vénérable maison dunhill, une collection aux accents très british.

Inspirée des Sex Pistols et du Blitz Club, ce mouvement anglais underground de 1979-80 autour des nouveaux romantiques dont les membres incluaient, entre-autres, John Galliano, Boy George, Stephen Jones ou Darla Jane Gilroy, la collection est construite autour d’une gamme sophistiquée de looks aux saveurs des années 80 qui mettaient l’accent sur la superposition, les volumes ainsi que sur les matières richement texturées.

© Photos : dunhill

Palomo Spain – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Le créateur originaire de Cordoue Alejandro Gómez Palomo a délaissé l’opulent décor rococo de l’Ambassade d’Espagne pour investir, cette saison, un entrepôt vide du quartier populaire de Belleville afin de présenter sa nouvelle collection, baptisée “ecstasy”, pour son label Palomo Spain.

Dernière ce mot “ecstasy”, il y a une juxtaposition du spirituel et du profane. D’un côté, l’idée d’extase au sens religieux du terme qui s’exprime à travers l’influence des œuvres de Le Greco sur les créations opulents et baroques si chères à Alejandro Gómez Palomo; et de l’autre, “ecstasy” voulait signifier la drogue récréative très répandue dans le milieu de la nuit et les rave parties d’où les motifs psychédéliques aux couleurs fluo trouvés sur plusieurs pièces.

© Photos : Palomo Spain

Craig Green – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Craig Green, l’un des créateurs les plus doués de la mode britannique, élu à trois reprises designer de l’année de la mode masculine par le British Fashion Council, a déserté Londres pour rejoindre Paris qui ne cesse de s’agrandir avec de jeunes talents venus des quatre coins du monde.

Pour son premier défilé au calendrier officiel de Paris, le Britannique fait de nouveau dans le conceptuel, une sorte de lyrisme créatif qui n’oublie pas pour autant son approche ultra-technique des vêtements.

L’idée de départ, c’était celle de “personnes emballées”, la manière dont on parle d’une personne comme d’un paquet”, a expliqué Craig Green.
Inspirées des uniformes de travail, les silhouettes de Craig Green ont de construction ingénieuse faite de cordons, de sangles, de suspensions, de rembourrages ainsi que d’accumulations de couches.

Ne se contentant pas de proposer de nouvelles proportions qui aboutissent souvent à un nouveau langage de la mode masculine, Craig Green aime construire ses modèles à partir de matériaux innovants, tel ici le Tyvek. Aperçu sur quelques ensembles, ce matériau synthétique non-tissé fabriqué à partir de fibres de polyéthylène est remarquable pour son extrême légèreté.

Toutes ces silhouettes hybrides se déclinent dans des tons monochromes de gris, de blanc et de noir avant de s’épanouir dans une palette colorée automnale de pervenche, d’orange brûlé, de bordeaux, de vert et de jaune safran.

© Photos : Craig Green

Lanvin – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Cette saison, chez Lanvin, Bruno Sialelli a voulu rendre hommage à une figure emblématique de la bande dessinée, Corto Maltese.

Sa collection, présentée au Centre Nationale de la Danse à Pantin, aux teintes douces et naturelles, est remplie de silhouettes qui font référence à l’allure marine.

L’âme mystérieuse, charismatique, séducteur et excentrique de cet aventurier marin créé par le dessinateur italien Hugo Pratt se ressent à travers les silhouettes hybrides, d’un brin romantique – parfois surréaliste – de la collection, baptisée “Beach Birds”.

On retrouve ainsi un magnifique chandail muni d’une troisième manche, des chemises avec cravate intégrées trompe l’oeil, des chemises aux manches gaufrées d’une fluidité indéniable aux imprimés d’aventures de Corto Maltese, des pulls brodés d’oiseaux marins comme les mouettes et les albatros ou encore un super sweat et écharpes en sequins qui brillent sous la lumière comme un éclat de vaguelette à la surface de l’océan.

Malgré ces influences clairement nautiques, l’univers de la skate culture des années 90 est présent tout au long de la collection et s’exprime à travers pantalons baggy et de grosses sneakers munies de lacets en cordes.

© Photos : Lanvin

Hermès – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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La maison française de luxe Hermès a choisi de nouveau le Mobilier National dans la 13ème arrondissement de Paris, symbole du fameux savoir-faire à la française, pour présenter sa nouvelle collection créée par Véronique Nichanian.

Clôturant l’avant-dernière journée de la Paris Fashion Week Homme, Hermès joue, cette saison, la carte de l’épure et de la sobriété, une partition retrouvée très souvent chez Véronique Nichanian. La garde-robe de l’homme Hermès fait la part belle aux étoffes luxueuses (cachemire, alpaga, drill de coton et bien entendu le cuir, matière phare qui fait la réputation de la maison) qui viennent caresser la peau de ceux qui les portent.

Et pour souligner le confort qui oriente le choix de l’homme Hermès, sa créatrice opte pour de grands volumes enveloppants : de gros chandails graphiques au col montant portés avec de magnifiques manteaux en cuir quand ils ne se portent pas seuls, des costumes matelassés aux rayures ou à doubles revers bi-colores…
Les pantalons prennent aussi du volume, certains ont été resserrés à la cheville à l’aide d’une patte horizontale.

Quand à la palette, elle reste également très sobre, qualifiée par sa créatrice de “champ chromatique en clair-obscur”, avec des tons de gris, beige, camel, écrus, minéraux, terreux, verts et sépia.

© Photos : Hermès

White Mountaineering – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Chez White Moutaineering, le thème de la nature a largement inspiré son créateur Yosuke Aizawa.

Dès le premier look, un imprimé feuilles mortes entassées couvre en all-over le manteau matelassé puis charge par la suite de nombreuses pièces dont des parkas, des blousons teddy, des pantalons de survêt mais également d’immenses sacs week-end. L’imprimé laissa ensuite à d’autres du même thème, tels des imprimés nuages déclinés dans plusieurs coloris et traités comme du camouflage. La palette n’est pas en reste puisqu’on retrouve le vert kaki, le marron, le jaune moutarde, le gris et autres teintes terreuses quand d’autres plus lumineuses (rouge, bleu Klein, rouge bordeaux, rouge carmin…) illuminèrent plusieurs pièces comme si les magnifiques couleurs du coucher de soleil avaient laissé leurs empreintes sur le vestiaire de l’homme White Mountaineering.

À l’instar de ses précédentes saisons, Yosuke Aizawa continua cette saison de collaborer avec de nombreuses marques premium, telles Levi’s, Colmar, Ugg, Saucony, Danner Gore-Tex et Millet Mountain Bags, parmi tant d’autres.

© Photos : White Mountaineering

TAKAHIROMIYASHITA TheSoloist – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Une certaine mélancolie s’empara de la collection de TAKAHIROMIYASHITA TheSoloist du créateur Takahiro Miyashita.

Ponctué uniquement par quelques touches de marron, la collection fut dominée largement par le bi-monochrome (noir et blanc) comme si le créateur voulait souligner les deux facettes de chacun de nous : celle qu’on montre à la société et celle plus intime réservée pour nous-même !

Le maquillage clown des mannequins exprima ce même dualisme, rejoint par plusieurs citations attribuées à Charlie Chaplin, imprimées sur nombre de pièces, qui fit deviner l’amertume de son auteur : “My life is comedy”, “You don’t listen, do you ?”, “I always like walking in the rain, so no one can see me cry” ou encore “ Life is a tragedy when see in close-up, but a comedy in long-shot”.

La plupart des silhouettes révéla une partie du corps laissée dénudée : les uns des bras, les autres des jambes comme si la vulnérabilité épargna personne.

Photos : TAKAHIROMIYASHITA TheSoloist

Jacquemus – Automne / Hiver 2020-2021 – Paris Fashion Week

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Après Bottega Veneta, J.W. Anderson, AMI, Versace, Dsquared2 et Lanvin, pour ne citer que quelques unes, c’est au tour de Jacquemus de rejoindre les rangs des marques aux défilés mixtes.

Le champ de lavande en Provence, pour son défilé de 10 ans d’anniversaire de l’année dernière, a laissé place cette saison à l’immense salle d’Arena Paris La Défense qui sert de cadre pour son show spectaculaire.

Baptisée L’année 1997, la collection oscille entre fraîcheur, sensualité et légèreté, avec le lin qui tient le rôle de vedette.

Les looks masculins, basés sur une forme de costume boxy, s’inscrivent dans la même démarche, avec des chemises blanches largement déboutonnées sur la poitrine, des jeans à moitié dézippés, dévoilant un élégant caleçon de grand-père, des costumes fluides à la nonchalance indéniable ou des pantalons cargo et bermudas à la coupe ample où le confort est primordial.

Autre stars du défilé : les accessoires. Au cœur de l’urgence environnementale, la gourde s’affiche autour de la taille ou en bandoulière tandis que le mini sac Chiquito, l’un des accessoires les plus vendus de la marque, a été décliné en une version pour hommes avec une sangle de sport.

© Photos : Jacquemus