Trente cinq ans après son ouverture, la boutique historique de Marithé + François Girbaud au 38 rue Etienne Marcel fait peau neuve selon le nouveau concept de la marque. Imaginé par Patrick Norguet, le « Montmarcel », tel est son nouveau nom, marque une rupture avec la verticalité de l’ancienne boutique et dévoile aujourd’hui une nouvelle approche marquée par la notion du dégradé de matières.
Conçue à l’origine par Antonia Astori et Michel Hamon, les 400 m² de la boutique de Marithé + François Girbaud se voient aujourd’hui doublés de surface avec l’acquisition en 2008 de l’ancien magasin-atelier Vespa situé au 35 de la rue Montmartre.
Cloisons abattues, la nouvelle boutique réunit les deux adresses et donne vie à un espace de 836 m2 dont 425 m2 dédiés à la vente. Ainsi, la rue MONTMARCEL est née de la connection de ces deux espaces formant un passage reliant la rue Étienne Marcel et la rue Montmartre.
Pour concevoir le renouveau de son flagship parisien, la marque a fait appel à Patrick Norgueil, designer attitré du couple Girbaud et qui a participé à de nombreuses reprises aux mises en scène des magasins Marithé+François Girbaud.
Partant d’une idée de François Girbaud, le designer s’est inspiré du concept du consumé très présent dans le travail de Marithé + François Girbaud qui, petit rappel, ont été les premiers à expérimenter un processus de délavage spécial sur les jeans pour créer un aspect vécu. Le stonewash né au début des années 70 fut extrêmement brisé par les mordus de la mode pendant la décennie 80.
Cette idée de dégradation de matières est mise alors en scène par une scénographie inédite du plafond et des murs créant une distinction entre deux espaces.
Du sol au plafond en passant par les murs de la partie rue Étienne Marcel, les strates de bois naturel s’amoncellent et créent une densité visuelle dans l’espace. La matière s’assombrit au fur et à mesure qu’on avance vers le côté de la rue Montmartre jusqu'à tendre au brûlé pour finalement dévoiler la structure métallique sur laquelle les strates reposent. Ce dégradé de la matière se trouve également dans les teintes en respectant la notion de brûlé.
Sur quatre niveaux de 836 m², le flagship consacre 425 m² à la vente divisé en deux niveaux, le rez-de-chaussée et le sous-sol, dont la réunion se fait soit par ascenceur côté Etienne Marcel, soit par un majestueux escalier côté Montmartre. De l’extérieur, cet escalier permet de créer une accroche visuelle et de souligner la proportion généreuse et vaste de la boutique tout en appuyant la profondeur de l’espace mise en valeur par les strates de bois.
Plus techno mais sans tomber dans le minimalisme, l'aspect brut du béton ciré, vernis ou poli du sol ainsi que les matières du mobilier (métal, polymiroir, époxy, bois sycomore, aluminium et le verre transparent) contrastent fortement avec la chaleur des lattes de bois présentes sur les murs. Patrick Norgueil a ainsi voulu rendre hommage à l’avant-gardisme des Girbaud qui s’exprime également dans des totems de verre. Placés au milieu du passage, ces éléments centraux de l’aspect léger, presque flottant, abritent une accumulation de jeans qui retrouvent alors leur véritable place au coeur de la marque.
Cet intérieur chargé de modernité et de nouvelles technologies se reflète aussi dès l’entrée avec un mur vidéo constitué de 9 écrans de 46 pouces qui sont dissimulés derrière une glace sans teint. Monolithe noir transparent, il diffuse uniquement des images, pas de vidéo ni de photos, ce qui accentue la particularité de la marque voulue par ses créateurs.