Personne n’aurait imaginé il y a quelques années que la mode masculine puisse s’emparer autant de fleurs pour en faire une apologie, à part probablement la créatrice Agnès b. ou l’anglais Paul Smith qui depuis de nombreuses années s’amusent à faire fleurir leurs hommes.
Pourtant, certains de nos designers ont succombé à cette tentation, sous prétexte que leur boulimie de fleurs est un hommage à la belle saison et il est bien dommage de ne pas célébrer cette beauté que la nature nous a si bien comblée.
Au point de choquer certains esprits puritains qui verraient dans cette tendance une vision assez « femmelette » indigne de vrais hommes, nos créateurs ne se privent apparemment pas de ce plaisir.
Cependant, faute de pouvoir transposer la magnificence des fleurs telle quelle, les designers les ont sublimé de manière numérique.
Chez Jil Sander, c’est le romantisme qui prévaut. Les chemises imprimées de roses, de pétunias volumineuses et autres lierres aux couleurs fluorescentes confèrent à la silhouette une délicatesse poétique.
Plus chaotique et plus fantaisiste, la luxuriance d’une autre pièce ressemble à une kaléidoscope florale qui fait certes tourner la tête des spectateurs et plaira certainement aux fans de la mode gipsy.
L’exubérance florale se retrouve chez Frankie Morello qui n’hésite pas à oser le ton sur ton et sur la combinaison de surf. Cette abondance est enchanteresse sur le podium mais elle aura du mal à franchir les étapes de la commercialisation, à moins de jouer le fractionnement des pièces.
Pour Roberto Cavalli, les fleurs se font un peu plus abstraites et sur certaines pièces, elles se montrent comme des coups de pinceaux impressionnistes qui laissent cependant deviner les contours des fleurs.
Le créateur italien marie également volontiers les fleurs au noir, créant ainsi une nouvelle identité de la silhouette, un peu ostentatoire, un peu classique qui séduira ceux qui se situent à mi-chemin de l’excentricité.