Autrefois associée indissociablement aux hommes en uniformes, la casquette était très en vogue au XIXè siècle et se servait comme moyen de reconnaissance sociale, d’appartenance géographique ou professionnelle.
Chaque catégorie de profession pouvait être reconnaissable à son couvre-chef qui possède chacun des caractéristiques particulières. Le bachi pour les marins, la barrette pour les mineurs ou borsalino réservé aux fortunés et plus tard signe distinctif des gansters dans la première moitié du XXè siècle.
Les milieux sportif et estudiantin en possède également leurs propres casquettes dont les plus fameux de nos jours sont celles des joueurs du basket-ball et du cyclisme
De nos jours, les casquettes ne sont plus aussi catégoriques dans leur définition socioprofessionnelle, bien que de nombreux métiers en conservent encore ces distinctions spécifiques comme les avocats, les militaires et les magistrats entre autres.
Il n’empêche que les casquettes s’adaptent aujourd’hui à l’évolution de la société et à ses milieux culturels tout en restant fidèle à son rôle de marqueur identitaire. De fait, avec son appropriation par la mode, elles sont devenues de véritables accessoires de mode. Leur rôle est destiné à traduire l’appartenance ou la non-appartenance à un groupe pour se différencier de ceux qui lui sont étrangers. Leur visibilité ainsi que la façon de les porter soulignent également une identité propre à chaque individu, à son groupe tout comme sa volonté de faire passer un message.
Le port d’une casquette à l’envers par exemple est sign significatif du milieu rappeur issu des banlieues. La secrétaire d’État Nadine Morano n’avait-elle pas déclaré, une déclaration par ailleurs assez maladroite, « Moi ce que je veux d’un jeune, quand il est français, c’est (…) qu’il ne parle pas verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers. »
Au-delà de la revendication socio-politique, nos créateurs ont réussi un tour de force qui font de ces couvre-chefs de véritables attributs de tendance qui, à y regarder de près, conservent encore l’image qui leur est associée.
Ainsi, la casquette portée à l’envers de Frankie Morello n’est pas aussi « banlieusard » qu’on aurait pu le croire. Sportive, rebelle et créative à ses étoiles cloûtées en métal, la casquette est plus assimilable à la tendance streetwear, le style vestimentaire du courant musical hip-hop, également issu des ghettos noirs américains. Ses autres casquettes de couleurs vives s’inscrivent dans la même veine, d’une pointe écologique lorsqu’elles célèbrent la beauté de la nature.
Plus discrètes et certainement plus sages, les capucins de la créatrice Agnès b. ont des allures écolières; celles de John Galliano sont cependant plus amples, couvrant parfois presque le visage, et se donnent un côté turbulent et « mauvais garçon » qui sied si bien à son image.
En feutre et légèrement inclinées, les casquettes capucins de John Varvatos sont plus enclines à quitter son côté discipliné pour adopter une attitude espiègle des garçons qui aiment jouer des mauvais tours à leur entourage.
Auparavant portées avec visière tournée vers l’arrière pour protéger la nuque du soleil, les casquettes cyclistes se portent cet été à l’endroit chez Moncler Gamme Bleu dont la collection met un point d’honneur à célébrer ce sport à bicyclette.
Quant à Emporio Armani, les casquettes prennent un tour plus sadomasochiste tout en cuir aux points cloués. Il n’hésite pas non plus à dépouiller la forme de la casquette jusqu’à n’en garder qu’une silhouette squelettique dont on se pose bien des questions sur son utilité.
- Corneliani
- Dolce&Gabbana
- Emporio Armani
- Emporio Armani
- Frankie Morello
- Frankie Morello
- Frankie Morello
- Frankie Morello
- Frankie Morello
- Issey Miyake
- Issey Miyake
- John Galliano
- John Galliano
- John Galliano
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